Devant le Tribunal/Affaire acquisition d'une pièce de véhicule à la Présidence du Faso: Madi de Eddie Ouédraogo comparaît pour diffamation sur le directeur de cabinet, Seydou Zagré

Soumis par Redaction le ven 21/01/2022 - 00:00
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Mahamadi Ouédraogo, plus connu sous le nom de Madi de Eddie Ouédraogo, comparaissait devant le TGI de Ouaga I, le 20 janvier 2022, pour répondre des faits de diffamation sur le directeur de cabinet de la présidence du Faso, Seydou Zagré. Maddi de Eddie Ouédraogo est accusé d'avoir publié des propos mensongers sur le directeur de cabinet de la présidence du Faso en rapport avec l'affaire de soupape de véhicule acquis par la présidence à hauteur de plus d'un million, notamment sur sa page Facebook personnel et sur la page Flash Burkina qu'il administre. Les faits remontent au mois de juin 2021.

A la barre, ce jeudi 20 janvier, Mahamadi Ouédraogo n'a pas reconnu les faits à lui reprochés. Il s'est défendu avoir simplement relayé une information rapportée par le journal Courrier Confidentiel dans une de ses parutions. Le prévenu a soutenu, avoir simplement partagé l'information qu'il a copié dans le Courrier Confidentiel où, il avait été révélé que le directeur de cabinet de la présidence du Faso avait acquis une pièce de véhicule, en l'occurrence, une soupape à plus d'un milliard.

Une information que ce dernier dit avoir pris soin de vérifier en achetant le journal pour lire l'article en intégralité avant de relayer. Et de poursuivre, que plus tard lorsque que le journal a reconnu qu'une erreur s'était glissée dans sa parution, et qu'au lieu d'1 milliard, la somme était plutôt à plus d'un million, il a encore copié l'information pour la partager avec ses abonnés afin de rectifier l'erreur.

A ses explications, le procureur a fait entendre à Maddi de Eddie, que nulle part dans l'article du Courrier Confidentiel en référence à cette acquisition de soupape, le nom du directeur de cabinet de la présidence n'a été nommément cité. «Dans l'article, il est dit que la pièce a été acquise par la présidence du Faso, et non par le directeur de cabinet», indique le représentant du ministère public qui reproche à l'accusé d'avoir pris sciemment la responsabilité de citer le nom de Seydou Zagré. Aussi, le procureur a dit vouloir faire remarquer au prévenu, que le fait qu'il ait corrigé le montant pour 1 million au lieu d'un milliard n'avait aucune incidence sur les charges qui pèsent contre lui. «Ce qu'on vous reproche c'est d'avoir cité nommément le nom d'une personne dans des allégations qui ne sont pas avérées», a-t-il noté.

«Dans votre, publication, vous dites clairement que le directeur de cabinet de la présidence du Faso, Seydou Zagré a été épinglé dans l'acquisition d'une pièce de voiture, une soupape, à plus d'un milliard accompagné d'un commentaire. Est-ce que c'est ce qui était écrit dans Courrier Confidentiel», demande en outre, le procureur à l'accusé.Un fort parfum politiqu

 

Un fort parfum politique, estime l'avocat de la défense...

A cette question, Maddi de Eddie a laissé entendre qu'il n'a fait que copié et partagé une publication du journal Afrikibaria.com qui l'a nommément cité. «Moi j'ai juste copié et partagé». Et d'ajouter, qu'au delà de sa publication, il a été dit dans le rapport de l'ASCE/LC que le directeur de cabinet a été épinglé dans cette affaire de «soupape». «Ce n'est pas moi qui le dit, le contrôleur général de l'État l'a même dit et ça été relayé par plusieurs médias», a-t-il lâché par ailleurs.

Certes, pour la partie civile, il n'y a aucun doute qu'il y avait bel et bien, intention de nuire. «Il a voulu ternir l'image de M. Zagré parce que c'est un adversaire politique», a lancé le conseil du directeur de cabinet Seydou  Zagré. Selon l'avocat, le prévenu a «imputé une allégation sur son client qui n'est pas avérée jusqu'à ce jour» dans l'objectif de porter atteinte à sa considération et à son honneur. Et les répercussions, souligne-t-il ont été dommageables pour son client. «La publication a été faite sur les réseaux sociaux et des millions de gens l'ont vue à travers le monde (...) Et ce sont des milliers de gens qui ont appelé à la démission du directeur de cabinet Seydou Zagré», a argué le conseil qui dit inviter le Tribunal à sanctionner sévèrement ces genres pour dissuader tous ceux qui pensent qu'il suffit juste de partager une information même si elle n'est pas avérée.

C'est pourquoi, il a au nom de son client, demandé la somme de 20 millions pour les dommages et intérêts subis, la somme de 5 millions de francs pour les frais exposés. De plus, il a plaidé pour que le prévenu soit enjoint de publier la décision de justice sur sa page et dans deux quotidiens de la place pour permettre à son client de laver un temps peu, son honneur et de retrouver sa réputation.

Quant au procureur, il a relevé, qu'il est constant que le prévenu a fait une publication mensongère même si ce dernier tente de nier les faits. Et celui-ci a estimé, que le prévenu par «son attitude et son entêtement» avait révélé que son intention était de nuire. Par conséquent, il a requis, qu'il soit condamné à 6 mois de prison, plus une amende de 250 000, le tout assorti du sursis pour les faits de diffamation.

La défense de Madi de Eddie Ouédraogo a pour sa part dit vouloir rappeler au Tribunal qu'il a un rôle d'impartialité. Le procès intenté contre son client, argumente l'avocat, s'apparente à un règlement de compte politique. Pour lui, ce dossier a un «fort parfum politique» parce que dit-il, il ne comprend pas pourquoi c'est son client seul qui est traduit en justice alors plusieurs personnes en dehors de lui, y compris des médias ont relayé cette affaire.

Et l'avocat va plus loin, en déclarant, «même si Courrier Confidentiel n'a pas nommé Seydou Zagré, tout le monde sait que c'est lui».

Le verdict est attendu pour le 3 février 2022.

Florentin TAPSOBA

Zoodomail.com 

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