Devant le tribunal

Devant le Tribunal/Six gendarmes poursuivis : le procureur devait aussi poursuivre les commerçants, clame la défense

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T. Karim, Y. Fidel, S. Mickaïla, N. Abdoulaye, O. Adama, D. Issa, les gendarmes poursuivis pour corruption, concussion, escroquerie, blanchiment de capitaux, et S. Alassane également poursuivi pour complicité de corruption comparaissaient à nouveau le 6 juillet 2020 au TGI de Ouagadougou. Après les réquisitions du parquet, c'était aujourd'hui les plaidoiries des avocats.

Les avocats pour leurs plaidoiries, ont soutenu qu'en dehors de certains d'entre eux, la plupart des prévenus ne se connaissaient même pas avant le parquet. Le seul lien qu'ils ont, ils sont gendarmes. Alors, il est inconcevable pour eux qu'ils se soient associés dans des faits de corruption. Il ressort également de leurs interventions que le parquet n'a pas pu apporter des preuves de la culpabilité de leurs clients.

Ils estiment à cet effet, que des débats rien n'en ai ressorti qui les incriminent non plus. C'est pourquoi, ils entendent, que le tribunal ne se laisse pas influencer par les réquisitions du parquet.

Le conseil de D. Issa, pour sa part avance que la qualité d'OPJ (officier de police judiciaire) n'a cesse été utilisée pour nommer son client. Toute chose qui l'étonne car quand il a mentionné lui même que son client en sa qualité d'OPJ ne pouvait pas comparaître devant cette juridiction, sa requête a été rejetée. Il s'interroge de ce fait, si son client est soudainement devenu OPJ ou si on s'accorde avec lui qu'il l'a toujours été? Ce qui entraînerait selon ce dernier, la nullité du présent procès.

Le procureur devait aussi poursuivre les commerçants, clame la défense

 Par ailleurs, il martèle que les procès verbaux n'ont pas dit la vérité. «Nous nous attendions à des preuves irréfutables, mais le procureur s'est perdu dans des allégations. A défaut de preuves, le tribunal vous demande de venger une organisation mafieuse», fait-il entendre.

En outre, n'ont pas manqué de souligner les avocats, le parquet devait aussi poursuivre les commerçants qui commercialisent les produits prohibés si il veut défendre la société. Car affirment-ils, la corruption a deux faces. Elle est passive et active et toutes les deux sont punissables en droit pénal, «ces commerçants devaient être jugés pour donner un sens à la procédure», soutient le conseil de D. Issa.

Me. Yamba, conseil de O. Adama lance lui d'entame, qu'il avait de la peine à suivre l'audience. Et dit-il, la corruption existe à la gendarmerie comme dans tous les autres domaines, mais cherchons les vrais coupables. Embouchant la même trompette que ses confrères, Me. Yamba s'est aussi prononcé en ces termes, «quelle preuve, il y a à attendre encore pour poursuivre ces gens, qui viennent à votre barre dire "je suis un fraudeur" » .

Le conseil de Y. Fidel attire quant à elle, l'attention du tribunal à juger entre les paroles de personnes qui viennent leur dire qu'elles sont délinquantes et celles de gendarmes. A leur sens, tout ne s'est résumé qu'à parole contre parole car malgré toutes ces années de procédure, «on n'en est toujours aux soupçons de fraude».

Ils ont ainsi demandé la relaxe pure et simple de leurs clients pour infraction non constituée et le rejet de la constitution de partie civile des commerçants.

Le délibéré est pour le 11 août 2020.

 

F.TAPSOBA

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