Devant le tribunal

Ils ont refusé et m'ont accablé d'injures

gd

Le ministère public poursuivait  le 25 juin 2020, D. Idrissa pour destruction de biens, notamment d'étales appartenant à M. Sienou et I. Awa.

D. Idrissa devant le Tribunal plaide coupable. Il reconnaît avoir détruit ces biens sous le coup de la colère. Et explique-t-il, «les étales étaient sur la voie publique et je leur ai demandé de bouger afin que je puisse passer avec mon véhicule. Mais ils ont refusé et m'ont accablé d'injures, j'ai donc voulu forcer pour passer pensant qu'ils allaient obtempérer». Et c'est dans ce refus d'obtempérer, que D. Idrissa va percuter l'étalage de pagnes de M. Sienou et celui de légumes de I. Awa.

Les plaignants appelés à confirmer les propos de D. Idrissa disent que les choses ne se sont pas passées ainsi. «C'était pendant la fermeture des marchés et yaars pour cause de Covid19 et nous avions déposer nos étales au bord de la voie. Nous n'encombrions pas la voie, même les remorques pouvaient passer. Et D. Idrissa est passé avec sa voiture trois fois avant de venir écraser les oignons et poivrons de I. Awa ensuite ma table avec mes pagnes», raconte M. Sienou.

Au titre de réparation M. Sienou réclame par ailleurs 248 000 francs pour dit-il ses pagnes endommagés, sa table, son tabouret et son téléphone portable endommagé. Quant à I. Awa, elle réclame 18 000 francs pour ses oignons et tomates.

M. Sienou ne peut apporter de preuve de ses pagnes endommagés

Ce à quoi le procureur demande aux plaignants si ils peuvent apporter la preuve des préjudices subis afin qu'il évalue. M. Sienou dit avoir filmé tout avec son téléphone portable au moment des faits mais quand il a donné à réparer, tous les fichiers ont disparu. Et qu'en est-il des pagnes rétorque le procureur. «Je ne les ai pas pris, je les ai laissé sur les lieux du drame. Mais il y'a un policier qui est venu faire le constat et il m'a demandé de tout consigner sur une feuille».

Des propos qui laissent perplexe le procureur, «comment pouvez-vous avoir subi un tel dommage sans pouvoir apporter ne serait-ce qu'un seul pagne pour étayer vos propos»? De plus relève le parquet, «comment un policier peut-il venir faire un constat sans le mentionner dans le procès verbal mais vous demande de noter vous même les dommages subis sur une feuille?». Ainsi pour sa réquisition, le procureur énonce avec regret «nous pensions avoir plus de détails avec l'instruction, mais les victimes n'ont pas pu apporté plus». Le parquet requiert à cet effet la peine de trois mois d'emprisonnement et une amende de 250 000 francs pour D. Idrissa.

L'avocat de D. Idrissa pour sa plaidoirie implore l'indulgence de la cours eu égard à la bonne foi de son client qui n'a pas nié les faits. Aussi observe-t-il, «nous avions prévu de dédommager les victimes avec la somme de 235 000 francs. Nous avons même demandé à M.Sienou qu'il nous vende les pagnes qu'il dit être endommagé, chose qu'il n'a pas pu apporter».

Pour sa part le tribunal note qu'il y a eu manque de tolérance des deux côtés.

Le délibéré est pour le 9 juillet 2020.

Image illustrative

F.TAPSOBA

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