Devant le tribunal

«Je croyais bien faire en procédant ainsi», plaide Dame Saré

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Les audiences du procès sur le recrutement frauduleux du concours de la CNSS réalisé le 12 mai 2018 ont repris mardi 16 juin 2020. Les prévenus auditionnés à la barre répondaient des chefs d'accusation de fraude, de négligence, de fraude et ayant favorisé une fraude du fait de leur position.

Dame Saré, sécretaire de direction du Directeur des ressources humaines de la CNSS, M Zeida était la première à comparaître. Interrogée par le parquet sur le rôle qu'elle a joué tout au long de l'organisation du concours, elle affirme avoir été membre du sécretariat de surveillance du concours à l'ENAM, d'avoir saisi les notes et participé au calcul des moyennes des candidats. Mais aussi d'avoir assisté à la levée de l'anonymat des candidats dans le bureau du DRH avec ce dernier et K. Alice sans les correcteurs et le jury constitué lors de la composition à l'ENAM. Par ailleurs, elle avoue avoir souvent pris les copies des candidats qui étaient gardés dans le bureau du DRH pour les remettre aux correcteurs en l'absence de O. Gildas, agent de liaison à qui cette tâche était assignée. «Je croyais bien faire en procédant ainsi» plaide-t-elle pour sa défense quand le procureur lui demande si cela ne constitue pas une négligence de sa part.  Quant à k. Alice, délégué de personnel, elle a pris part au report de note, à la levée de l'anonymat et à la délibération. Elle explique avoir été désignée par le DRH pour effectuer cette mission et soutient qu'elle a informé au préalable son supérieur direct S. Alassane qui lui est formel «elle ne m'a jamais dit qu'elle partait reporter des notes dans le bureau du DRH».

La correctrice ne reconnaît pas les notes attribuées au trois candidats

O. Gildas, agent de classement est ensuite appelé à la barre, il a pris part à tous les stades de l'organisation du concours sauf à la levée de l'anonymat. C'est lui aussi qui était en charge de prendre les copies du bureau du DRH pour les remettre aux correcteurs. Aviez-vous une connaissance qui prenait part à ce concours? Demande le procureur à O. Gildas. Il avait la sœur de sa compagne qui y a pris part et est arrivée première sur la liste des admis. Cependant tient-il à préciser, «ce n'est qu'après sa composition à l'ENAM que j'ai été informé qu'elle a participé au concours». Le procureur présente alors trois copies dont il lit les contenus tous identiques et portant les notes de 15. Les propriétaires de ces 3 copies ont été admis 1er, 1er ex et 3ème. La correctrice sollicitée à témoigner dit ne pas reconnaître son écriture ni les notes attribuées. Selon les fiches de cette dernière qu'elle a pris soin d'amener au Tribunal, elle dit avoir donné respectivement les notes de 10, 9 et 12 à ces trois copies presentées. Ce à quoi le procureur demande à O. Gildas si il est capable de déceler une différence dans ces trois copies qu'on lui présente et dont l'une d'elles est celle de O. Mariam, la sœur de sa compagne. Mais son avocate y trouve une objection «mon client n'est pas graphologue, il n'a donc pas à savoir si telle ou telle copie est identique l'une de l'autre». De plus, renchérit l'avocate de O. Gildas, « avec tout le respect que je dois à votre Tribunal mon président, la partie civile n'interroge mon client que sur des faits de supposition».

Après toute une journée d'audience, le procès reprendra mardi 23 juin 2020.

 

Samira OUEDRAOGO

 

 

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