Devant le tribunal

Ligoté pendant trois heures par sa marâtre, il restera infirme toute sa vie.

fcg

C. Mariam et T. Rasmata sont accusées de coups et blessures volontaires sur un mineur de sept ans ayant entraîné une infirmité permanente de ses membres inférieurs. Elles se défendaient à la barre du TGI, le mardi 7 juillet 2020.

 

« Je reconnais les faits, je voulais simplement le corriger». C'est ce que C. Mariam avoue à la barre quand le Tribunal lui demande si elle reconnaît les faits qui lui sont reprochés. Elle explique par ailleurs à la Cour, que leur voisin avait déclaré la perte de la clé de sa maison et qu'il aurait à cet effet accusé son beau-fils, C. Bertrand. Ce à quoi, C. Bertrand interrogé aurait totalement nié. Mais quelle ne fût pas sa surprise de s'apercevoir quelques jours après que c'est C. Bertrand qui avait bien pris la clé et caché.

C'est là, ajoute-t-elle qu'elle a estimé nécessaire de le corriger afin qu'il ne vole plus. «J'ai attaché ses mains et ses pieds ensemble avec un caoutchouc », a-t-elle confié. C. Bertrand verra attacher ainsi ses pieds et ses mains ensemble pendant plus de trois heures et couché sur une natte.

Une punition qui malheureusement lui coûtera l'usage de ses pieds car déclaré désormais infirme permanent des pieds.

« Madame, avez-vous pu regarder les pieds et les mains de l'enfant pris en photo? Eh bien, moi je n'ai pas pu, pas parce que je n'ai jamais vu de choses atroces depuis que j'exerce mais quand on voit ces photos et qu'on se rend compte que ce enfant n'a que sept ans, c'est choquant», s'est en outre indigné le procureur.

Grâce à son bébé de 16 mois, elle échappe à la peine maximale

 Et relève le parquet,« votre mari a affirmé lors de l'enquête préliminaire qu'il voyage beaucoup et vous laisse souvent la garde de l'enfant, vous le battiez souvent mais au fouet. Pourquoi en être arriver à cette extrême ce jour là donc? Aimiez-vous vraiment cet enfant que vous avez attaché comme un animal au même titre que votre propre bébé de 16 mois que vous avez ? »

C. Mariam soutient en réponse au ministère public qu'elle aime pareillement ces deux enfants. Elle demande de ce fait, pardon, elle ne cherchait juste qu'à le corriger.

Quant à T.Rasmata coaccusée pour les mêmes faits selon les déclarations de la victime C. Bertrand qui affirme que c'est elle qui a aidé sa marâtre à l'attacher.  Elle ne reconnait pas les faits. « je n'étais au courant de rien jusqu'à ce que C. Mariam vienne emprunter mon téléphone pour appeler, ensuite on a conduit l'enfant à l'hôpital Charles de Gaulle ».

Des propos confirmés par la prévenue C. Mariam qui assure que T. Rasmata n'a joué aucun rôle dans cette affaire.

Au vu de l'instruction, le Tribunal a relaxé T. Rasmata au bénéfice du doute. C. Mariam pour sa part, est condamnée à 5 ans d'emprisonnement dont 2 ans ferme et 3 ans avec sursis en plus d'une amende d'1 million de francs avec sursis. Certes, a tenu a précisé le président du Tribunal, «cette peine est légère comparée à la faute que vous avez commise car vous méritiez la peine maximale qui est de 10 ans. Mais nous avons fait preuve de clémence à cause de votre bébé de 16 mois pour ne pas causer un autre tord en voulant réparer celui là».

Image illustrative

Flora TAPSOBA

Pour vos commentaires, éviter, tout message à contenu diffamatoire, vulgaire, violent, ne respectant pas la vie privée .

Ajouter un commentaire

Cette question sert à vérifier si vous êtes un visiteur humain ou non afin d'éviter les soumissions de pourriel (spam) automatisées.

2 + 1 =
Trouvez la solution de ce problème mathématique simple et saisissez le résultat. Par exemple, pour 1 + 3, saisissez 4.

Les trois dernières publications