Devant le tribunal

Mineur de 15 ans, il est séquestré et enchaîné pendant plus d'un mois chez les kolwéogos

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Ils sont, un Kolwéogo et un chauffeur à comparaitre devant le TGI de Ouagadougou, le 28 août 2020 pour séquestration et enlèvement d'un mineur de 15 ans.

Les faits, le mineur agé de 15 ans aurait été signalé auprès des kolwéogo par un chauffeur comme étant l'auteur d'un vol de 500 000 francs en Côte d'Ivoire. Employé par ce chauffeur en tant qu'apprenti, c'est dans ces circonstances qu'il aurait commis ce forfait. C'est ainsi que raconte M, le Kolwéogo «quand je suis arrivé, on m'a dit qu'il y a un chauffeur qui a amené la photo d'un enfant qui lui a volé 500 000 francs».

Et c'est muni de cette photo, que M en compagnie d'une autre personne qu'il cite à la barre, vont se mettre à la recherche de l'enfant. Il dit être allé au domicile de l'enfant où ils ne l'ont pas trouvé. Après d'autres recherches, ils mettront finalement la main sur leur victime qui sera conduit directement à leur siège situé dans le quartier Zongo de Ouagadougou.

Là, le mineur de 15 ans sera enchainé des pieds pendant plus d'un mois. Le mineur appelé lui même a temoigné dit que le premier jour de son enlèvement par les kolwéogos, il a été battu et quant à son alimentation confie-t-il, « c'est seulement à midi qu'ils cuisinaient, si on mange cela et que ça reste, c'est ce qu'on mange encore le soir. Mais si on consomme tout à midi, on est obligé d'attendre le lendemain à midi encore». Cependant, a-t-il avoué, c'est lui qui a effectivement volé l'argent.

Le procureur requiert que le tribunal se déclare incompétent au profit de la chambre criminelle

Pour ce qui est du chauffeur, il ne reconnait absolument pas les faits. Ce n'est pas lui qui a envoyé la photo de l'enfant chez les Kolwéogos. Il a bien été victime de vol par l'enfant mais il n'a fait que déposer plainte auprès des polices burkinabè et ivoirienne. Il ajoute par ailleurs, qu'au moment de la retenue de l'enfant chez les kolwéogos, il se trouvait en Côte d'Ivoire. Il n'a eu vent de la nouvelle qu'au téléphone à travers son patron. Le kolwéogo en question dit également n'avoir pas vu personnellement le chauffeur qui est venu déposer plainte auprès d'eux. Madame Traoré, la mère du mineur dans ses déclarations devant le tribunal fait ressortir qu'il y aurait un policier impliqué dans l'histoire. Celui-ci serait en compagnie du chauffeur venu à leur domicile leur dire de venir payer l'argent afin que l'enfant soit libéré.

De tout ce qui ressort de cette instruction, le procureur dit qu'il n'a qu'une seule réquisition à faire. « je requiert qu'il vous plaise de vous déclarer incompétent à juger cette affaire». Pour cause, le parquet fait entendre que la nature de l'infraction est criminelle. Selon la loi dit-il, lorsque le délai de l'enlèvement atteint un mois, c'est la chambre criminelle qui a compétence pour connaître de cette infraction. De plus, souligne le ministère public, il ressort qu'il y a aussi un policier impliqué, et assure-t-il, il entend ratisser large pour situer toutes les responsabilités.

D'où le tribunal s'est déclaré incompétent et renvoie le dossier au procureur pour donner la suite appropriée.

Image illustrative

Tapsoba Florentin

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