Devant le tribunal

Qui a arraché le sac de Dame Lompo ?

Soumis par Redaction le Jeu 11/07/2019 - 08:18
b776

Le mercredi 3 juillet 2019, P. Sayouba, âgé de 35 ans et T. Cheick  âgé de 22 ans et élève en classe de 2nde ont comparu devant le Tribunal de grande instance de Ouagadougou pour répondre de fait de grand banditisme avec violence sur la personne de Lompo. J. A la barre les deux prévenus n’ont pas reconnu les faits et se sont rejetés la faute.

Le 19 août 2018, alors que dame Lompo circulait allégrement sur sa moto, le sac accroché sur le guidon, P. Sayouba et T. Cheick également sur une moto tentent d’arracher le sac. Déséquilibrée, dame Joséphine se retrouve à terre(Photo illustrative, internet).Appelé à s’expliquer sur les faits, P. Sayouba orpailleur de son état affirme que c’est T. Cheick qui tenait le guidon de la moto qui a tenté d’arracher le sac n’ayant pas pu le faire, il a fait demi-tour et alors que la dame se trouvait à terre, il est revenu prendre le sac. Faits que T. Cheick a réfuté, selon ses explications, c’est P. Sayouba qui tenait la direction de la moto et a tenté d’arracher le sac, lorsque la dame est tombé, il a fait demi-tour pour revenir prendre le sac et lui a remis alors que lui était toujours assis sur l’arrière de la moto. Il a avoué qu’il n’était pas au courant des intentions de P. Sayouba qu’il rencontrait pour la première fois par le biais d’un ami commun.

" il a ramassé le sac de la victime..."

C’est d’ailleurs cet ami qui l’avait sollicité pour aller déposer P. Sayouba et c’est en cours de route que les faits se sont produits. L’élève en classe de seconde poursuit en racontant qu’il n’avait même pas su que P. Sayouba avait tenté de soustraire le sac de dame Lompo et lorsqu’ils ont fait demi-tour, il pensait que c’était pour porter assistance à l’infortunée. Sur les lieux, P. Sayouba est descendu de la moto et a feint s’intéresser à l’état de la victime et a ramassé le sac de la victime qu’il lui a remis, c’est là que les riverains qui avaient suivis la scène accourraient. Se sentant en danger, P. Sayouba a enfourché la moto et ils ont démarré en trombe pour prendre la fuite. Dans cette fuite, ils se sont engagés dans un six-mètre où ils ont fait une chute. Selon T. Cheick, P. Sayouba s’est relevé, s’est emparé du sac et a pris la fuite, tandis que lui est resté sur place, cependant son acolyte sera rattrapé et passé à tabac quelques mètres plus loin. Après cette narration de T. Cheick, P. Sayouba ne nie pas les faits sauf qu’il a dit que c’est T. Cheick qui s’est emparé du sac. Toutefois, le Tribunal a relevé certaines incohérences dans ses explications.

Les faits sont établies, selon le procureur.

Pour le procureur, le vol à l’arracher est un phénomène bien connu à Ouagadougou et les faits sont constitués. Du reste, a-t-il noté, les accusés ne nient pas les faits mais, se rejettent la faute. Pour le parquet, les responsabilités sont établies, car T. Cheick est resté constant dans ses déclarations tandis que P. Sayouba a volé d’inconstance en inconstance. A cet effet, le procureur a estimé qu’au regard de la mauvaise foi que P. Sayouba a développé tout au long du procès, demandé au Tribunal de le retenir coupable pour les faits d’actes de grand banditisme avec violence et le condamner à 11 ans de prison ferme assortis de 6 ans de sureté et 500 000 FCFA d’amende. En ce qui concerne T. Cheick, le parquet a estimé que pénalement la responsabilité de ce dernier n’est pas établie. A ce propos, il a plaidé la relaxe au bénéfice.

Pour sa défense, le conseil de T. Cheick a indiqué au Tribunal que son client était au mauvais endroit au mauvais moment et n’a pas participé, car il n’a même pas compris ce qui se passait. A ce titre, elle a plaidé la relaxe pour faits non constitués, car P. Sayouba a même déclaré qu’il n’y a pas une concertation entre eux. La défense de P. Sayouba pour sa part, reconnaissant la responsabilité de son client, a plaidé pour le sursis au regard de certaines circonstances atténuantes qu’elle a développé, car son client n’a jamais eu affaire à la justice et surement aurait agi à un moment d’égarement. Le verdict a été mis en délibéré pour le 12 juillet 2019.

 

Sam Sisco

Ajouter un commentaire

Vérifions que vous n'êtes pas un robot

11 + 8 =
Trouvez la solution de ce problème mathématique simple et saisissez le résultat. Par exemple, pour 1 + 3, saisissez 4.

Pour vos commentaires, éviter, tout message à contenu diffamatoire, vulgaire, violent, ne respectant pas la vie privée .

sni long

Les trois dernières publications