Devant le tribunal

Un policier arnaqueur de ses pairs se fait coincer...

Soumis par Redaction le ven 01/03/2019 - 06:21
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Hien S. Charles est un agent de la police. Il comparaissait Ce mardi 26 février 2019 pour répondre de faits d'escroquerie et d'abus de confiance.Pour un policier, il n'en donne pas le bon exemple, selon une des victimes...

 

Acte 1: Sieur Taihoun V. raconte que le prévenu est venu le voir pour demander un prêt. Il lui donne la somme de 150 000 FCFA. Plus tard, celui-ci revient et lui dit qu'il a une parcelle en vente  à Koudougou. Il lui montre les documents de la parcelle, qui sont entre les mains de Me Dakyuo, un notaire de la place. Le prévenu lui propose alors de faire un emprunt, et, il va apurer la dette en un rien de temps, soit un mois au plus tard.

 

Sieur Tiahoun qui est policier comme le prévenu lui dit qu'il a déjà contracté un prêt avec sa banque, donc il est difficile de le faire encore.

 

Hien S C. lui explique alors qu'il peut avoir de l'argent en prêt, à la Société burkinabé d'équipement (SBE). Il lui montre les rouages, et Tiahoun va y faire un prêt de plus de 3 millions FCFA. Il remet la somme de 850 000 FCFA à Hien, parce que selon le deal avec l'opérateur du prêt, il pouvait bénéficier d'une liquidité sur le champ, moyennant un pourcentage, quitte à venir régler son prêt comme convenu...

 

 

Acte 2: Sieur B. Salif est aussi policier comme le prévenu. Il explique que celui-ci est venu le voir pour lui emprunter la somme de 100 000 FCFA. Il lui donne la somme de 80 000 FCFA. Plus tard, Hien vient lui dire qu'il a une parcelle en vente et qu'il a besoin de la somme de 650 000 FCFA pour régler les formalités.

B. Salif lui répond qu'il ne peut le faire, déjà qu'il n'est pas entré en possession de ses 80 000 FCFA, et dont il devait recevoir à hauteur de 150 000 FCFA.

 

Hien S. le convainc pour lui dire qu'il a sa parcelle en vente, chez Me Dakyo. Il lui explique qu'il peut avoir un prêt à la Société burkinabé de crédit automobile (SOBCA). Après vérification, sieur B. Salif va y faire un emprunt, en argent, et donne la somme de 725 000 FCFA à Hien, qui lui promet que cette dette sera épongée en un laps de temps, soit un mois...

 

 

Acte 3: Sieur ouiminga est fonctionnaire de son Etat. Il vient voir le prévenu qui est sur le point d'ouvrir un maquis, et lui propose de s'y associer. Le prévenu lui explique qu'il va falloir faire les parts des charges, et le plaignant lui dit de faire ledit point des dépenses à faire. Dépenses qui vont s'élever à la somme de plus de 3 millions FCFA.

 

Sieur Ouiminga lui donne alors la moitié des charges, soit 1,5 millions FCFA.

 

Le maquis devait être géré par une tierce personne, qui est sieur Sanou...

 

Sauf que le maquis n'ouvrira jamais, parce qu'entretemps, sieur Ouiminga, qui ne voyait rien venir, est allé se plaindre au Commissariat central de police de Ouagadougou (CCP-O) qui a convoqué l'indélicat pour le questionner. Il reconnait les faits, une punition d'une semaine lui est infligée, et l'on lui intime l'ordre de fermer le maquis, puisque les textes  interdisent tout fonctionnaire de s'adonner à d'autres activités...

 

Idem pour le plaignant, sieur Ouimingé, qui est aussi fonctionnaire...

 

Et celui-ci, qui ne voyait pas venir les choses, réclame ses 1,5 million FCFA, estimant qu'il a été victime d'escroquerie..

 

Acte 4: Sieur Barro M., Policier, a été incité par le prévenu a faire un emprunt de 1,5 million FCFA à la SOBCA. Mais celui-ci n'était pas présent à la barre, et n'a donné procuration à personne, si bien que l'affaire est restée vase close.

 

 

NON!

 

Seul la somme de 1,5 million FCFA de sieur Ouiminga a été reconnu par le prévenu. Il explique cependant que la victime est venue trouver qu'il avait fait des investissements dans le maquis, notamment en payant le loyer à hauteur de 1 million FCFA et en achetant des appareils de musique, des casiers, entre autres...

 

Selon lui, les 1,5 million de Ouiminga lui revenaient en contrepartie de ses investissements, puisqu'il a tout fait seul

 

 

Pour le reste des réclamations des agents de la police, il nie n'avoir emprunté ni incité qui que ce soit à lui faire des faveurs. Il se contentait de les orienter vers des structures financières, au cas échéant, et donc n' a rien à devoir à qui que ce soit...

 

Chose relevée par le procureur, étant donné qu'aucun document n'atteste la remise d'une quelconque somme au prévenu. Pour les faits d'abus de confiance cependant, le procureur estime que celui-ci en est coupable, puisqu'il a extorqué l'argent de Ouiminga sans que le projet n'aboutisse et ne l'a pas remboursé...

 

Il requiert la relaxe pour les faits d'escroquerie, et une peine de prison de 12 mois et une amende de 300 000 FCFA avec sursis contre le prévenu, soulignant que cette affaire devait être jugé au civil, et non en matière pénale...

 

Le délibéré est mis pour ce 19 mars 2019...

 

 

Claire Leboeuf

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