Respect du couvre-feu : trois heures de patrouille avec la police nationale de la ville de Kaya

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Dans le cadre de la lutte contre la maladie à coronavirus, le président du Faso a instauré le 21 mars dernier 2020, un couvre-feu sur toute l’étendue du territoire national. 16 jours après  l’application de cette mesure, nous  avons constaté le respect du couvre-feu, avec  une équipe de patrouille de la police nationale, dans la nuit du lundi 06 avril 2020 à Kaya

A 19 heures 30 minutes,  il était l’heure de rendez-vous au Commissariat Central de police de Kaya. Une fois sur les lieux, après formalité d’usage, un policier nous conduit au bureau du commissaire central de Kaya, Cheick Omar Minoungou, qui a souhaité la bienvenue aux journalistes dans leurs locaux. A 20h 15 minutes, nous sommes invités à la Place d’armes où plus d’une vingtaine de policiers  étaient en place pour la patrouille, sous le contrôle du commandant du corps urbain de la ville de Kaya, Salou Maïga.  Après avoir donné  des consignes claires à ses hommes, nous embarquons avec deux équipes.

Eclairés par quatre binômes motorisés, nous prenons la direction du marché central de la ville. Il est 20h23, les hommes de la patrouille arrêtent une première victime au rond-point du 11 décembre, non loin du commissariat. Il s’agit de deux personnes qui étaient dans leur véhicule avec une ordonnance médicale en main. Après quelques échanges avec le chef de l’équipe, le conducteur est autorisé à poursuivre son chemin.

 Nous poursuivons notre chemin au marché central où nous avons pris un noctambule dans l’obscurité. Eclairé par les phares, le jeune Tontorogbo Aboul-Razak qui ne possédait aucun document d’identité sur lui essai de prendre la fuite, mais hélas il était trop tard. Il tombe dans le filet des FDS et commence à expliquer qu’il était allé rendre visite à son oncle. Pour le chef de la mission, ce dernier aura le temps d’expliquer au commissariat.

Notre tournée nocturne nous conduit au secteur n1 de Kaya. Dans ce quartier, les gens jouent au cache-cache avec les Forces de Défense et de Sécurité. Des responsables de familles ainsi que leurs femmes sont assises devant leurs portes, et lorsqu’ils aperçurent des éclairs, ils se précipitent dans la concession la plus proche.  A 20h 49 minutes, devant la porte n339, le constat est clair un téléphone portable de marque Techno, un briquet, un paquet de cigarette, une chaussure gauche, un plat sont entre autre du matériel abandonné, en voyant les policiers venir. Le chef de la mission a indiqué que le matériel abandonné sera transporté au commissariat pour qu’au lendemain, les propriétaires viennent payer la contravention et récupérer leurs objets.  

A 21h 13 mn, la patrouille change de direction. Une fois au secteur n6, non loin de la gare « STMB » nous sommes sur  la Route nationale N°3 (Kaya-Ouagadougou), les éclaireurs font un arrêt ; des individus ont  été aperçus dans un grain de thé. Deux récalcitrants ont été  interpellés  et conduits au commissariat. 10 minutes après, deux autres jeunes tombent à leur tour dans le filet des agents de la patrouille.

 Vers 22 h, notre parcours nous amène au secteur n4, un quartier qui donne un bon exemple. Les portes et les boutiques sont fermées, des camions stationnés, aucun récalcitrant n’est aperçu dans ce secteur.

A 22h 54, nous voilà de retour au commissariat central de police de Kaya. Le chef de patrouille a félicité ses hommes pour le respect des consignes données au départ, avant de leur prodiguer des conseils pour la suite de la patrouille. Pour sa part, le Commissaire de police, Cheick Omar Minoungou,  commissaire central de la ville de Kaya  a rappelé que la patrouille à l’heure du couvre-feu ne vise pas la répression, mais a pour objectif de veiller à l’application des mesures prises par le gouvernement. Pour ce faire, la police passe par la sensibilisation. En ce qui concerne les contrevenants, le commissaire Minoungou a précisé, qu’ils peuvent subir une amande de 5000f à 30000 f et un emprisonnement de 5 à 15 jours conformément à l’article 67 du code de santé publique.

« D’une manière générale, on peut dire que Kaya une ville morte à l’heure du couvre-feu, mais il n’en manque pas quelques récalcitrants, vous l’avez constaté sur le terrain. Il y a des cas isolés et certains aussi jouent au malin, ils sont devant leurs portes et dès qu’ils sentent la présence des agents de sécurité, ils se précipitent dans les concessions », a-t-il ajouté.

Le commissaire Minoungou a profité de l’occasion pour demander aux populations de respecter les consignes données par les autorités, notamment le couvre-feu afin de venir à bout de cette pandémie. Pour terminer, il a évoqué la question de ressources humaines et matériels, précisément le nombre insuffisant des engins et le problème de carburant qui constituent un obstacle  pour les patrouilles. Il n’a pas manqué de remercier les journalistes pour leur accompagnements.

I S, Kaya

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