Le mardi 23 décembre 2025, Kiendega comparaissait devant la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Ouaga I pour escroquerie et blanchiment de capitaux, tandis que Ouedraogo était poursuivi pour complicité d’escroquerie dans une affaire portant sur 20 millions de FCFA au préjudice de Dame Soundja. Les deux prévenus ont nié les faits.
Courant l’année 2025, Kiendega rend visite à son ami Ouedraogo dans son commerce. Il lui explique avoir besoin de 20 millions de FCFA à déposer à la banque à titre de caution devant lui permettre d’obtenir un crédit de 200 millions de FCFA. Ouedraogo décline, disant ne pas disposer de la somme.
Dame Soundja, de passage, surprend la conversation. Après le départ de Kiendega, elle se renseigne davantage auprès de Ouedraogo et apprend qu’une commission pourrait être perçue. Elle contacte alors Kiendega et lui propose de fournir les 20 millions, à condition de recevoir 10 millions de FCFA en plus. Kiendega lui promet que l’opération sera réglée dans l’heure.
Dame Soundja effectue alors un versement de 20 millions de FCFA sur le compte de la société de Kiendega. Mais les jours et les mois passent sans aucun remboursement.
Kiendega se défend à la barre
Invité par le tribunal à s’expliquer, Kiendega soutient ne pas connaître Dame Soundja avant cette affaire.
« Moi et Ouedraogo, nous travaillons ensemble depuis sept ans. Nous nous aidons. Pour cette affaire, je ne connaissais pas la dame. C’est elle qui est venue vers moi après m’avoir entendu parler de l’affaire. Je lui ai proposé d’aller chez un notaire pour formaliser l’opération. Elle m’a demandé un chèque de 30 millions. Je lui ai donné trois jours pour le paiement. Mais elle a commencé à m’appeler, puis a envoyé la police fouiller mon compte. Le gestionnaire a douté, la banque s’est inquiétée, la gendarmerie est intervenue et j’ai fini à la MACO. »
Il reconnaît devoir 20 millions de FCFA à la dame et affirme avoir utilisé l’argent pour des commandes, sans produire de justificatifs.
Ouedraogo se défend
Ouedraogo explique s’être contenté de mettre en relation les parties et affirme avoir mis la victime en garde.
« Ils sont allés chez un huissier qui a refusé de signer. Puis ils sont allés chez un notaire. Moi, je suis resté dehors. C’était prévu que l’argent soit remboursé le même jour. »
Il admet néanmoins qu’il y a eu escroquerie, tout en niant toute complicité.
La banque démonte la version du prévenu
À la reprise de l’audience, le 6 janvier 2026, la BDU-BF est entendue. La banque indique qu’elle n’exige aucune caution pour accorder un crédit. Elle précise surtout que Kiendega ne remplissait pas les prérequis pour obtenir un prêt de 200 millions de FCFA, son flux financier étant insuffisant.
« Il devait alimenter son compte jusqu’à 500 millions pour espérer obtenir 200 millions », explique la banque.
La banque affirme également que les enquêtes policières n’ont pas bloqué le crédit, contrairement à ce que soutenait Kiendega.
La victime aussi interpellée
Le tribunal reproche à Dame Soundja son comportement :
« 20 millions pour avoir 10 millions en une heure ? Vous aussi, vous avez contribué. »
La plaignante reste silencieuse.
Les plaidoiries
L’avocat de Dame Soundja accuse Kiendega d’un mode opératoire bien rodé et affirme que Ouedraogo a été l’élément déclencheur ayant convaincu sa cliente. Il réclame 20 millions de FCFA, les 10 millions promis et 1,5 million de frais.
Le ministère public estime que Kiendega savait ce qu’il faisait et requiert 48 mois de prison et 60 millions de FCFA d’amende, tant contre lui que contre sa société. Il conclut en revanche à l’absence d’infraction pour Ouedraogo.
L’avocat de Ouedraogo plaide la bonne foi de son client et demande sa relaxe.
L’avocat de Kiendega soutient qu’il s’agit d’une affaire commerciale, affirme que la banque aurait dû être poursuivie et demande le rejet des demandes civiles, invoquant le doute.
Le verdict
Après délibéré, la chambre correctionnelle du TGI de Ouaga I a relaxé Ouedraogo des faits de complicité d’escroquerie. Elle a également relaxé Kiendega et sa société du chef de blanchiment de capitaux au bénéfice du doute. Le tribunal a qualifié les faits d’escroquerie en abus de confiance et a déclaré Kiendega et sa société coupables. En conséquence, Kiendega a été condamné à 36 mois de prison ferme et à une amende de 1 million de FCFA ferme, tandis que sa société a été condamnée à une amende de 2,5 millions de FCFA ferme. Enfin, Kiendega et sa société ont été condamnés à payer à Dame Soundja la somme de 20 millions de FCFA ainsi qu’un montant de 1 million de FCFA au titre des frais exposés.
Image IA
Par Zaïre Sanffo | Zoodomail.com
- Log in to post comments
