Lorsque Paul le poulpe a correctement prédit tous les résultats de l'Allemagne lors de la Coupe du monde de football 2010 en Afrique du Sud, il a été acclamé dans le monde entier comme un oracle. Depuis lors, un économiste allemand a réussi à surpasser le célèbre céphalopode. Selon un article publié par BBC Sport, Joachim Klement s'appuie sur un modèle de prédiction complexe qui lui a permis de deviner le vainqueur de la Coupe du monde à 100 % depuis l'édition 2014. Si sa prophétie statistique se réalise une nouvelle fois, les Pays-Bas décrocheront le trophée en juillet prochain, marquant ainsi le quatrième succès consécutif de ses calculs.
Outre l'identité du futur champion, le modèle de Joachim Klement retrace l'intégralité du déroulement de ce tournoi à 48 équipes. BBC Sport rapporte que l'économiste prévoit notamment une victoire surprise du Japon sur le Brésil au deuxième tour, ainsi que l'élimination de l'Écosse face à la Corée du Sud au même stade de la compétition. Ses projections estiment par ailleurs que l'Angleterre parviendra à se hisser jusqu'en demi-finales, avant d'être éliminée par le Portugal, deux décennies après le mémorable affrontement de l'édition 2006.
Un exercice mathématique pour souligner l'ironie des prévisions
Pour Joachim Klement, qui se définit comme un pessimiste et réside au Royaume-Uni depuis une décennie, ce travail n'a jamais eu pour objectif d'éviter les déceptions ni de générer des gains financiers grâce aux paris. Interrogé par la BBC, il explique que sa démarche a débuté comme un exercice visant à démontrer l'arrogance des économistes qui croient pouvoir prédire des événements dont ils n'ont en réalité aucune idée. Avec ironie, il constate qu'avec un peu de chance, ce type d'exercice pousse simplement les gens à vous considérer comme un gourou.
La pression s'intensifie pourtant autour du stratège de la banque d'investissement Panmure Liberum. Après la réalisation de son premier pronostic avec la victoire de l'Allemagne en 2014, Klement pensait qu'un nouvel essai en 2018 prouverait la part de hasard. Le destin lui a pourtant donné raison une deuxième fois avec le sacre de la France en 2018, puis une troisième fois avec le triomphe de l'Argentine en 2022. Face à ce sans-faute, l'économiste confie à la BBC que le public s'attend désormais à ce que son modèle soit totalement imbattable pour la suite.
Si le succès repose en partie sur des facteurs systémiques mesurables tels que la population d'un pays, sa richesse, son climat ou son classement FIFA, Joachim Klement invite toutefois les lecteurs à la plus grande prudence. Il rappelle dans les colonnes de BBC Sport que ces données chiffrées ne représentent qu'une fraction de la réalité, l'autre moitié reposant uniquement sur la chance. Selon lui, chaque match entre des équipes de haut niveau dépend de détails totalement imprévisibles, qu'il s'agisse de la forme du jour, d'une décision arbitrale ou d'un ballon qui heurte le poteau avant d'entrer dans les filets.
À l'approche du coup d'envoi en juin, ce modèle mathématique offre une distraction bienvenue au milieu des crises et des guerres mondiales, un sentiment de légèreté que l'économiste espère partager avec ses lecteurs. Dans son propre bureau, l'effervescence est palpable et ses collègues le sollicitent régulièrement pour savoir si la blessure au ligament croisé antérieur du milieu de terrain néerlandais Xavi Simons pourrait impacter ses calculs. Klement conclut son entretien avec la BBC en racontant avec humour que plusieurs de ses collaborateurs ont misé de l'argent sur les Pays-Bas, et qu'en cas d'élimination précoce de l'équipe, il se verra contraint de privilégier le télétravail.
Awa Diop
Zoodomail.com
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