2e phase de la 3e édition des JEPPC : le Président du Faso lance le nouveau mot d’ordre : « Tous pour le Made in Burkina : Faisons de chaque achat un acte de souveraineté »

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La deuxième phase de la 3e édition des Journées nationales d’engagement patriotique et de participation citoyenne JEPPC a été officiellement lancée, ce vendredi 02 octobre 2026 auSIAO. La cérémonie de lancement était placée sous le Haut Patronage du camarade Rimtalba Jean Emmanuel OUEDRAOGO, Premier Ministre. A l’occasion, il a livré le message du camarade Ibrahim TRAORE, Président du Faso, Chef de l’Etat à l’issue de l’exécution de l’hymne national. Ce message appelle le peuple burkinabè à faire de chaque achat un acte de souveraineté. 

 

Cette phase sera marquée par l'exposition des réalisations et acquis de la Révolution progressiste populaire (RPP) du 2 au 9 octobre 2026 au SIAO.

 

Je vous invite à découvrir le message dans son intégralité.

 

« Il y a six mois, je vous invitais à regarder au fond de votre assiette. « Mon assiette, ma fierté », tel était le mot d’ordre. Aujourd’hui, dans la continuité du thème général de la 3ème édition des Journées Nationales d’Engagement Patriotique et de Participation Citoyenne, « Produisons burkinabè,consommons burkinabè ! », je vous invite à aller plus loin. Pour cette phase 2, voici le nouveau mot d’ordre : « Tous pour le Made in Burkina : Faisons de chaque achat un acte de souveraineté ». Car c’est de nos champs, de nos ateliers, de nos boutiques et de nos tables que se construit une nation debout, fière et souveraine.

 

Notre peuple doit produire, transformer et consommer. Ce sont les trois maillons d’une même chaîne. Qu’un seul cède, et c’est toute la chaîne qui se fragilise. Si nous ne produisons pas, si nous ne transformons pas, si nous ne consommons pas ce qui vient de chez nous, d’autres nous nourriront et nous habilleront. Or, souvenons-nous de cette vérité : celui qui vous nourrit finit par vous dicter sa volonté.

 

Camarades, disons-nous la vérité : trois verrous maintiennent encore notre dépendance. 

Le premier verrou, c’est la production. Les bras valides ne manquent pas dans nos villes et nos campagnes. La terre est féconde. Mais l’eau dort encore dans nos barrages. Les tracteurs ne sillonnent pas assez nos champs. Les semences et les engrais restent insuffisants et arrivent parfois tard. L’insécurité qui nous a été imposée a éloigné des familles entières de leurs terres. Pourtant, partout où nous avons aménagé et soutenu la production, la terre a répondu : plus de sept millions de tonnes de céréales et le cap du million de tonnes de riz franchi. La preuve est là : le Burkina Faso peut se nourrir lui-même.

 

Le deuxième verrou, c’est la transformation. C’est là que nous devons franchir un cap décisif. Nous vendons encore trop souvent brut, et nous rachetons fini. Le coton ne doit plus quitter notre pays en balles pour nous revenir en chemises. Le karité ne doit plus partir en amandes pour nous revenir, après transformation ailleurs, en pommades, en crèmes ou en chocolat vendus à prix d’or. Il en va de même du sésame, de la mangue, des cuirs et des peaux, du bétail sur pied : chaque fois que nous exportons sans transformer, nous transférons ailleurs la plus grande part de notre richesse. La valeur ajoutée n’est pas un mot d’économiste : ce sont des emplois pour nos jeunes, des revenus pour nos familles, des ressources pour nos écoles. Et pendant ce temps, ce que nous ne savons ni sécher, ni conserver, ni emballer pourrit dans nos villages. Un pays qui ne transforme pas ses richesses, en cède la plus grande valeur aux autres. 

 

Le troisième verrou, c’est la consommation. Celui-là n’est ni dans nos champs ni dans nos usines : il est dans nos têtes. Le riz importé a longtemps inondé nos marchés pendant que le riz de Bagré, du Sourou et de Samendeni cherchait preneur. Le bouillon industriel dispute sa place au soumbala dans nos sauces. Du Faso Dan Fani, on dit qu’il est « cher » ; de la chemise importée, on dit qu’elle est « normale ». Ce conditionnement doit être brisé. Servir ce que notre terre a produit n’est pas un signe de pauvreté. 

C’est un acte de fierté, un geste d’honneur, une affirmation de souveraineté. 

Chers camarades, chacun de nous doit accomplir sa part dans la bataille pour le consommer national.

 

Camarades paysans, nous voulons faire de vous des acteurs économiques puissants : organisés, bien outillés, justement rémunérés, et pleinement conscients de votre rôle. 

Nous nous battons pour des prix rémunérateurs et pour que vos récoltes trouvent rapidement des débouchés. Le paysan burkinabè n’est pas un assisté : il est le premier combattant de notre souveraineté. Rien ne se transforme, rien ne se consomme, si ses mains n’ont pas d’abord produit.

Camarades femmes, productrices, transformatrices, commerçantes, tisseuses, gardiennes de nos cuisines. Vous êtes au cœur des trois maillons de la chaîne : la production, la transformation et la consommation. 

 

Partout s’exprime votre génie créateur, aussi bien dans la production du soumbala que dans celle du dèguè, des farines infantiles, du beurre de karité, du Faso Dan Fani. Le camarade Thomas SANKARA l’avait dit avant nous :

« Il faut donc consommer burkinabè. Et pour consommer burkinabè, la meilleure arme, ce sont les femmes. Si les femmes ne sont pas d’accord, si les femmes sont pro-impérialistes, les repas seront pro-impérialistes ! Si les femmes sont décidées à boycotter les produits importés, alors c’est la garantie ! […] En libérant le génie créateur de nos femmes, nous libérons notre économie. »

 

Tout est dit : une partie de notre souveraineté se joue jusque dans la marmite.

Camarades forestiers, rappelons-le, « la lutte contre la désertification ne peut se dissocier de la lutte anti-impérialiste ». Il n’y a pas d’assiette pleine sur une terre morte. 

Celui qui plante un arbre, protège les sols et restaure les terres. Celui la produit autant que celui qui sème. Reboiser, camarades, c’est produire. 

Aujourd’hui, nous devons reverdir le Burkina Faso : nos rues, nos quartiers, nos villages, nos habitations. Voulons-nous épargner à nos enfants une part des affres du réchauffement climatique ? Alors plantons des arbres partout. Planter un arbre est un acte révolutionnaire.

 

Camarades artisans, commerçants et industriels, le jour où le peuple a décidé de porter le Faso Dan Fani et le kôkô donda, ceux-là mêmes qui importaient se sont mis à en vendre, parce que leur marchandise ne s’écoulait plus. Le commerçant a donc un choix : être le relais de la production nationale ou l’auxiliaire de la dépendance étrangère. Choisissez votre camp. Quant à nos transformateurs et transformatrices, faites grandir nos capacités de transformation, de l’atelier à la manufacture, et de la manufacture à l’usine, puis portez nos produits jusqu’au marché, sous le label « Made in Burkina ».

 

Chers camarades, cette bataille a ses ennemis, et je les nomme sans détour. 

La fraude, la contrebande, et les fausses déclarations font entrer à vil prix des produits qui concurrencent déloyalement ce que nos unités produisent honnêtement. 

Il y a le commerçant véreux qui spécule sur la faim, cache les vivres pour faire monter les prix ou dénigre nos produits pour écouler ceux importés. Il y a le saboteur qui pratique la rétention de stocks, diffuse des rumeurs sur la qualité de nos productions ou provoque des retards volontaires de livraison. Il y a enfin ceux qui contournent la préférence nationale dans les marchés publics. Toutes ces pratiques affaiblissent notre production et doivent être combattues sans relâche. 

 

Plus insidieux encore : le boycott silencieux. Ceux qui applaudissent le consommer national en public et remplissent leur table de produits importés en privé. Ceux qui écrivent « Made in Burkina » dans leurs discours et refusent dans leurs bons de commande, d’inclure des produits burkinabè. 

À ceux-là, je le dis clairement : vous trahissez le combat que vous prétendez servir.

Nous poursuivrons la normalisation de nos produits transformés, la protection du label national et la lutte contre les pratiques frauduleuses. Mais aucune loi, aucun contrôle ne remplacera la vigilance du peuple. Je demande donc à chacun d’être vigilant, d’être un « labaal » de cette bataille pour notre souveraineté économique. 

 

 

 

Chers camarades, chacun à son poste, chacun selon ses responsabilités, je vous appelle à faire sauter ces verrous un à un :

1) Pour produire : l’Offensive agropastorale et halieutique, la mécanisation, les aménagements hydro-agricoles, les intrants et nos coopératives villageoises sont des instruments au service du peuple. Servez-vous-en pleinement !

2) Pour transformer : nos unités industrielles du riz, de la tomate, du karité et du coton ; la normalisation, l’emballage, la labellisation et la protection du « Made in Burkina » sont en marche, accélérons encore ces initiatives ! 

3) Pour consommer : faisons de la préférence nationale la règle dans la commande publique et dans les cantines de l’État.

Faso Mêbo et le Fonds de soutien patriotique l’ont déjà démontré : un peuple organisé peut financer et bâtir lui-même son avenir. Ce que nous avons fait pour nos routes et notre défense, nous pouvons le faire pour notre assiette, nos champs, nos usines et nos boutiques. 

Je demande donc à chacun de traduire ce patriotisme en actes simples, au quotidien :

- au marché : demandons l’origine avant le prix. « D’où cela vient-il ? » doit précéder « combien cela coûte-t-il ? » ;

dans le panier : choisissons le riz de nos plaines, notre huile, notre sucre, notre tomate, notre soumbala, nos céréales, plutôt que les produits venus d’ailleurs lorsque l’équivalent burkinabè existe ;

- à la maison : servons au moins un repas entièrement burkinabè chaque jour. À nos invités, offrons le meilleur de notre cuisine, par fierté ;

- aux cérémonies : baptêmes, mariages, funérailles, réceptions, privilégions les mets, les boissons et les tenues du pays. Le Faso Dan Fani et le kôkô donda sont des tenues d’honneur ;

- dans l’administration : cantines, pause-café, cadeaux protocolaires, fournitures et marchés publics doivent traduire la préférence nationale. C’est une obligation de service public.

- à l’école : approvisionnons les cantines auprès des producteurs et des coopératives de la localité ;

- au comptoir : commerçants et boutiquiers, mettez nos produits en première ligne de vos rayons et affichez clairement leur origine ;

- à l’atelier et à l’usine : recherchons la qualité, soignons l’emballage, assurons la régularité et pratiquons le prix juste. 

Le patriotisme du consommateur exige en retour l’excellence du produit.

- au champ et en brousse : produisons plus, produisons mieux, plantons et protégeons l’arbre. 

- jeunesse et diaspora : soyez les ambassadeurs du « Made in Burkina » partout où vous êtes. Chaque produit burkinabè que vous portez, offrez ou faites connaître ouvre un marché à un compatriote.

Camarades,

Notre souveraineté économique ne saurait se construire dans l’isolement. Elle prend tout son sens dans une Afrique qui produit, transforme et consomme davantage ce qu’elle crée elle-même. 

Le 29 juillet 1987, à Addis-Abeba, devant les chefs d’État africains, le camarade Thomas SANKARA lançait un appel qui n’a pas pris une ride, je le cite : 

« Faisons-en sorte également que le marché africain soit le marché des Africains : produire en Afrique, transformer en Afrique et consommer en Afrique. Produisons ce dont nous avons besoin et consommons ce que nous produisons au lieu de l’importer. »

Trente-neuf ans après, cet appel demeure notre feuille de route. Avec nos frères de la Confédération des États du Sahel, ouvrons davantage nos marchés les uns aux autres : le lait de nos éleveurs, le riz de nos bas-fonds, le bétail de nos savanes et les tissus de nos métiers à tisser. Faisons du marché africain le marché des Africains.

Au champ, produisons burkinabè !

À l’usine, transformons burkinabè !

Au marché, achetons burkinabè !

À table, consommons burkinabè !

La Patrie ou la Mort, nous Vaincrons !

Camarade Capitaine Ibrahim TRAORÉ

Président du Faso, Chef de l’État

DCRP-MESRI

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