Devant le Tribunal | Faux en écriture publique : « J’ai modifié la quittance Campus Faso sur Word »

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Le vendredi 28 août 2026, Kasaf a comparu devant la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Ouaga I pour faux en écriture publique, au préjudice de dame Sofi.

 

Courant 2026, dans le cadre de son inscription en master sur la plateforme Campus Faso, Sofi avait sollicité les services de Kasaf, qui tient un secrétariat public, pour effectuer les démarches d’inscription.

 

Elle lui avait remis la somme de 158 500 FCFA. Mais, alors que la plateforme rencontrait des difficultés de fonctionnement, Kasaf, confronté également à des difficultés financières, a falsifié une quittance afin de faire croire à Sofi que son inscription avait été effectivement payée.

 

L’affaire a éclaté lorsque l’administration universitaire a constaté que les frais d’inscription de Sofi n’avaient pas été réglés. Interpellée, celle-ci s’est souvenue de Kasaf et a porté plainte auprès de la police. Le prévenu a été placé en détention avant de comparaître à la barre.

 

« J’ai falsifié la quittance d’une autre personne »

 

À la barre, le tribunal demande à Kasaf d’expliquer les circonstances des faits.

« Elle m’a demandé une inscription sur la plateforme Campus Faso. Elle m’a envoyé la somme de 158 500 FCFA. Quand j’ai commencé l’inscription, la plateforme était très lente et Sofi s’impatientait. J’avais aussi des difficultés financières. J’ai dû falsifier la quittance d’une autre personne pour lui donner », reconnaît-il.

 

Le procureur cherche ensuite à savoir comment il a procédé.

Kasaf explique qu’en tant que responsable d’un secrétariat public, il disposait de plusieurs quittances enregistrées sur son ordinateur. « C’est l’une des quittances que j’ai modifiée sur Word pour changer les noms et les dates. J’avais voulu me rattraper plus tard lorsque la plateforme allait être stable », affirme-t-il.

 

Mais qu’a-t-il fait de l’argent reçu ?

« J’ai utilisé l’argent pour exécuter un marché. Je devais payer des disques », répond le prévenu.

 

« Jusqu’à présent, mon année n’a pas été validée »

 

Invitée à donner sa version des faits, Sofi explique qu’elle avait également demandé à Kasaf d’installer un antivirus sur son ordinateur et de l’aider à effectuer son inscription sur la plate forme Campus Faso.

 

« Il m’a donné la quittance et c’est l’administration qui m’a appelée pour me dire qu’il y avait un impayé. C’est à partir de là que j’ai su qu’il m’avait donné une fausse quittance. Jusqu’à présent, mon année n’a pas été validée au regard de ce qui s’est passé », déclare-t-elle.

 

Le procureur demande alors à Kasaf ce qu’il avait remis à Sofi.

« Je lui ai remis une quittance et une attestation d’inscription », répond-il.

« Seulement du faux ? », insiste le procureur.

« Oui. Je regrette », répond le prévenu.

 

À la question de savoir s’il avait remboursé la victime, Sofi répond par la négative : « Non, il ne m’a rien payé. »

 

Elle se constitue alors partie civile et réclame le remboursement de 168 000 FCFA, montant qu’elle affirme avoir remis au prévenu.

 

Le parquet requiert 60 mois de prison, dont 12 ferme

 

Dans ses réquisitions, le ministère public estime que l’infraction est suffisamment grave et entièrement caractérisée.

« Kasaf est poursuivi devant vous pour faux en écriture publique. Il a reconnu les faits. Il travaille dans le privé. S’il était un agent public, il allait être conduit devant la chambre criminelle. Mais néanmoins, l’infraction est suffisamment grave », soutient le procureur.

 

Le ministère public saisit également l’occasion pour interpeller les usagers de la plateforme Campus Faso sur les risques liés au recours à des intermédiaires.

 

« Nous recevons beaucoup de plaintes sur les inscriptions au niveau de la plateforme. Certains étudiants ne veulent pas faire l’effort de bien suivre les consignes et de s’inscrire eux-mêmes. Ils passent des heures et des heures sur les réseaux sociaux sans vouloir prendre le peu de temps nécessaire à leur inscription et sont ainsi victimes d’abus de confiance, de faux ou d’escroquerie », relève le parquet.

 

Dans le cas de Sofi, le procureur estime que les conséquences peuvent être lourdes : « Cette étudiante a été victime. Elle risque de perdre son année universitaire. »

 

Le ministère public requiert finalement 60 mois de prison, dont 12 mois ferme, ainsi qu’une amende ferme d’un million de FCFA.

 

Kasaf condamné à 12 mois ferme

 

Dans son dernier mot, Kasaf reconnaît sa faute : « Je reconnais que j’ai mal agi. Je demande pardon. »

 

Après en avoir délibéré, la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Ouaga I déclare Kasaf coupable des faits de faux en écriture publique qui lui sont reprochés.

 

En conséquence, le tribunal le condamne à 60 mois de prison, dont 12 mois ferme, ainsi qu’à une amende d’un million de FCFA, dont 500 000 FCFA ferme.

 

Reçoit et dit bien fondée la constitution de partie civile de dame Sofi. En conséquence, condamne Kasaf à lui payer la somme de 168 000 FCFA.

Photo IA

Par Reine Zongo | Zoodomail.com

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