Le mardi 30 juin 2026, CL, YA et GY ont comparu devant la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Ouaga I pour des faits de corruption présumée, à la suite de la vente d'un carnet international de vaccination à une passagère à l'aéroport international de Ouagadougou.
Les faits remontent à l'année 2025. Dame S s'apprêtait à effectuer un voyage vers un pays où la présentation d'un carnet international de vaccination était obligatoire.
À son arrivée au poste de contrôle documentaire de l'aéroport international de Ouagadougou, il est constaté qu'elle ne possède pas ce document. Un carnet lui est alors proposé au prix de 30 000 FCFA, somme qu'elle accepte de payer afin de ne pas manquer son vol.
Par la suite, estimant avoir payé un montant excessif, elle porte plainte. L'affaire remonte jusqu'aux premiers responsables de l'administration concernée, qui ouvrent une enquête. CL, YA et GY sont alors interpellés et traduits devant le tribunal.
« C'était pour aider les passagers »
Invité à s'expliquer, CL déclare :
« C'était dans l'élan d'aider les passagers à obtenir leur carnet de vaccination. Je faisais le contrôle des documents et, lorsque des voyageurs n'en avaient pas, je les orientais. J'avais également des carnets en ma possession. J'en ai remis une dizaine à YA pour les remettre aux personnes qui n'en disposaient pas. Un jour, une passagère s'est plainte parce qu'on lui avait vendu le carnet à 30 000 FCFA alors que le prix normal est de 14 000 FCFA. YA l'a vendu à un prix élevé. »
« Ce n'est pas nous qui avons exigé 30 000 FCFA »
À son tour, YA explique :
« Je travaillais à l'aéroport. CL m'a remis une dizaine de carnets afin d'aider les voyageurs qui n'en avaient pas. »
Interrogé sur le prix de vente de 30 000 FCFA, il répond :
« Ce n'est pas nous qui avons exigé ce montant. C'est la dame elle-même qui a remis cette somme. »
À la question de savoir ce qu'il avait fait des autres carnets, il précise :
« Je les ai restitués à CL. C'est GY, qui travaille au contrôle documentaire, qui me faisait signe lorsqu'un voyageur n'avait pas un document requis. »
GY reconnaît avoir perçu 5 000 FCFA
GY confirme les déclarations de YA.
« Je travaille au contrôle documentaire. J'ai constaté que la dame n'avait pas de carnet de vaccination. Elle m'a demandé si je pouvais l'aider. C'est ainsi que j'ai appelé YA. »
Le procureur interroge ensuite CL sur les raisons pour lesquelles il détenait des carnets de vaccination.
« Si la dame avait dû attendre quinze minutes pour obtenir son carnet, elle aurait raté son vol. C'est pour cela que j'ai voulu l'aider. J'avais remis dix carnets pour gérer les cas urgents. »
À la question de savoir combien YA lui avait reversé après la vente, CL répond :
« Il m'a remis 15 000 FCFA. »
YA confirme :
« La dame m'a donné 30 000 FCFA et j'ai remis 15 000 FCFA à CL. »
GY reconnaît, pour sa part, avoir reçu 5 000 FCFA. Il explique que la passagère n'aurait pas eu le temps de se rendre dans un centre de vaccination puis de revenir avant le décollage de son avion.
Le procureur lui demande alors :
« Peut-on dire que votre acte était légal ? »
GY garde le silence.
Interrogé sur les tarifs officiels, CL affirme :
« Les frais de vaccination, carnet compris, s'élèvent à 14 000 FCFA. Le carnet seul coûte 15 000 FCFA. »
La passagère à l'origine de la plainte n'a pas comparu à l'audience.
Les réquisitions du parquet
Dans ses réquisitions, le procureur estime que les faits de corruption ne sont pas constitués.
Il demande au tribunal de déclarer CL coupable de concussion, de le relaxer du chef de corruption et de le condamner à 12 mois d'emprisonnement avec sursis ainsi qu'à une amende ferme de 100 000 FCFA.
S'agissant de YA et GY, le ministère public considère qu'il n'existe aucune infraction principale de corruption pouvant justifier une complicité. Il sollicite donc leur relaxe pour infraction non constituée.
Les plaidoiries de la défense
L'avocat de CL déclare :
« Mon client a été sincère. Nous partageons l'analyse du parquet. Il n'y a pas de faits de corruption. Nous sollicitons le bénéfice du doute ou, à défaut, le sursis. »
L'avocat de GY soutient :
« J'ai admiré la sincérité de mon client à la barre. Il est resté constant tout au long de l'instruction. Nous demandons sa relaxe pour infraction non constituée. »
Quant à l'avocat de YA, il affirme :
« Nous n'avons pas grand-chose à ajouter. Aucune infraction ne justifie la condamnation de notre client. Nous demandons à votre juridiction de suivre les réquisitions du parquet. »
Le verdict
Dans son délibéré rendu le mardi 14 juillet 2026, la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Ouaga I a prononcé la relaxe de YA et de GY des faits de complicité de corruption, estimant que l'infraction n'était pas constituée.
En revanche, le tribunal a déclaré CL coupable de concussion et l'a condamné à 12 mois d'emprisonnement et à une amende de 500 000 FCFA, le tout assorti du sursis.
Image illustrative
Par Ibrahim Cissé | Zoodomail.com
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