Le jeudi 30 juillet 2026, Silga a comparu devant la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Ouaga I pour répondre des faits de braconnage d'un crocodile sacré et de plusieurs oiseaux sauvages.
Les faits remontent au 19 juillet 2026. Ce jour-là, à Zorgho, Silga se rend dans une forêt protégée, fusil à l'épaule, dans l'espoir de rapporter du gibier. Au cours de sa partie de chasse, un coup de feu retentit. Mais la cible n'est pas celle qu'il recherchait. Au lieu d'un varan, c'est un crocodile sacré, vénéré par les habitants du village, qui s'effondre. Le chasseur est également retrouvé en possession de plusieurs oiseaux sauvages.
Alerté, le Conseil villageois de développement (CVD) informe le service départemental des Eaux et Forêts. Les agents se rendent sur les lieux pour les constatations, accompagnés des autorités coutumières.
Pour les habitants, la disparition d'un crocodile sacré dépasse le simple fait de chasse. Selon les croyances locales, un tel acte est de mauvais augure et pourrait entraîner le décès d'un membre de la famille. La tension monte rapidement dans le village. Craignant pour sa sécurité, les autorités placent Silga en garde à vue afin de le protéger d'éventuelles représailles. Pendant ce temps, les notables accomplissent les rites traditionnels avant d'inhumer l'animal.
Quelques jours plus tard, le chasseur est transféré à Ouagadougou et écroué à la Maison d'arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO). Le 30 juillet 2026, il est conduit devant le tribunal pour s'expliquer.
À la barre, le président du tribunal entre directement dans le vif du sujet.
« Dites-nous ce qui s'est passé. »
Le prévenu baisse légèrement la tête avant de répondre :
« Je visais un varan. C'est malheureusement le crocodile qui a été touché. »
Le président poursuit son interrogatoire.
« Aviez-vous un permis de chasse ? »
« J'en avais un, mais il était valable pour l'année passée. Avec la situation sécuritaire, il est difficile d'obtenir un nouveau permis. »
Le juge lui rappelle alors que la saison de chasse n'était pas encore ouverte.
Silga reconnaît aussitôt sa faute.
« Je reconnais mon tort. J'étais parti chasser pour trouver de quoi manger. On m'avait également conseillé de capturer un varan pour soigner ma main. »
Prenant la parole, le ministère public estime que les éléments du dossier ne laissent subsister aucun doute. Le prévenu a chassé dans une forêt protégée, pendant une période de fermeture de la chasse et sans permis de chasse en cours de validité. Le procureur requiert une peine de douze mois d'emprisonnement, dont six mois ferme, ainsi qu'une amende ferme de deux millions de FCFA.
Après délibération, la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Ouaga I déclare Silga coupable des faits de braconnage qui lui sont reprochés. Elle le condamne à six mois d'emprisonnement avec sursis et à une amende ferme de 500 000 FCFA.
Avant de lever l'audience, le président adresse un dernier avertissement au condamné :
« Quand vous retournerez chez vous, restez tranquille pour ne plus revenir devant ce tribunal. Cherchez une autre activité que de tirer sur les animaux dans les zones protégées. »
Image IA
Par Reine Zongo| Zoodomail.com
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