En ce 21 septembre, le monde célèbre la Journée internationale de la Paix.
Cette journée nous invite à nous arrêter un instant, à regarder le chemin parcouru, mais surtout à nous interroger sur celui qu’il nous reste à parcourir. Car la paix n’est jamais définitivement acquise. Elle se construit, se protège et se transmet.
Au Burkina Faso, cette journée revêt une signification particulière. Notre pays traverse depuis plusieurs années des épreuves qui ont profondément affecté nos communautés, nos familles et notre vivre-ensemble. Dans ce contexte, parler de paix n’est pas un exercice de circonstance. C’est une responsabilité.
La paix ne signifie pas seulement l’absence de violence. Elle suppose aussi le respect de l’autre, l’acceptation de nos différences, le dialogue, la solidarité et la capacité de vivre ensemble malgré nos appartenances religieuses, culturelles, sociales ou communautaires.
La paix commence souvent par une chose simple : accepter que l’autre puisse être différent de nous sans devenir pour autant notre adversaire.
C’est pourquoi nous devons accorder une place centrale au dialogue. Lorsque les communautés se parlent, elles se comprennent davantage. Lorsqu’elles se comprennent, elles apprennent à dépasser les préjugés. Et lorsqu’elles dépassent les préjugés, elles deviennent plus capables de construire ensemble.
La paix est également une affaire de jeunesse. Notre jeunesse ne doit pas être considérée uniquement comme la génération à qui nous confierons demain la responsabilité du pays. Elle est déjà une force essentielle de la paix aujourd’hui. Elle doit être écoutée, responsabilisée et accompagnée pour devenir un véritable acteur de cohésion sociale.
C’est dans cet esprit que l’Association Jeunes Faiseurs de Paix s’engage, depuis sa création, à promouvoir la paix, la tolérance, le dialogue interreligieux et interculturel, la cohésion sociale et le vivre-ensemble.
À travers nos initiatives, notamment la Caravane de la Paix : Graines de Cohésion, nous avons choisi d’aller à la rencontre des populations, de créer des espaces de dialogue et de rappeler que la paix ne doit pas être uniquement un discours porté dans les grandes salles. Elle doit aussi se construire dans les quartiers, dans les familles, dans les lieux de culte, dans les écoles, dans les associations et au sein de nos communautés.
Mais nous devons aller encore plus loin.
Nous devons apprendre à parler de paix avant que les conflits n’éclatent. Nous devons apprendre à écouter avant de juger. Nous devons dénoncer les discours de haine, les stigmatisations et toutes les formes d’intolérance qui fragilisent notre société. Nous devons surtout refuser de laisser nos différences devenir des murs entre nous.
La paix ne se décrète pas. Elle se construit, geste après geste, parole après parole, relation après relation.
En cette Journée internationale de la Paix, mon appel va donc à chaque Burkinabè : faisons de la paix une responsabilité quotidienne.
Aux jeunes, je dis : soyez des bâtisseurs et non des propagateurs de haine.
Aux responsables religieux et coutumiers : continuons à porter des messages de tolérance, de fraternité et de responsabilité.
Aux femmes, piliers essentiels de nos communautés : continuons à transmettre la culture du dialogue et de la solidarité.
Aux responsables associatifs, aux éducateurs, aux communicateurs et aux médias : faisons de nos espaces d’expression des espaces qui rapprochent plutôt que des espaces qui divisent.
Et à l’ensemble de nos concitoyens : ne sous-estimons jamais la force d’une parole qui apaise, d’un geste qui réconcilie ou d’une main tendue.
Le Burkina Faso a besoin de sécurité. Il a besoin de justice. Il a besoin de développement. Mais il a aussi besoin de confiance, de fraternité et de cohésion.
En cette journée dédiée à la paix, faisons donc le choix de regarder dans la même direction.
Car au-delà de nos différences, nous avons un même pays à préserver, une même société à reconstruire et une même paix à transmettre aux générations futures.
Ensemble, construisons la paix.
Ensemble, consolidons la cohésion.
Ensemble, faisons du vivre-ensemble une réalité.
Bonne Journée internationale de la Paix à toutes et à tous.
Hermann GUINGANE
Président de l’Association Jeunes Faiseurs de Paix
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