La polémique née des propos tenus lors du Magazine des Sports du lundi 10 août 2026 rappelle une réalité essentielle : à la télévision publique, chaque mot compte. Parce qu’elle s’adresse à un large public et qu’elle incarne, au-delà de ses journalistes et animateurs, un service public, la RTB est particulièrement attendue sur la rigueur, la mesure et le respect des sensibilités.
Dans un message adressé aux téléspectateurs, la journaliste Christelle Paré a choisi de présenter ses excuses, reconnaissant que certains propos tenus par l’invité de l’émission, le sélectionneur Pascal Sawadogo, ainsi qu’une expression qu’elle-même a employée, ont pu heurter. Cette démarche mérite d’être relevée, non pas comme un simple exercice de communication destiné à éteindre une controverse, mais comme l’expression d’une responsabilité assumée.
Dans le métier de journaliste, reconnaître qu’une formulation a pu être maladroite ou mal interprétée ne constitue pas une faiblesse. Au contraire, c’est aussi accepter les exigences qui accompagnent la liberté de parole. Le journaliste est libre de questionner, d’interroger, de confronter les points de vue et même de susciter le débat. Mais cette liberté s’accompagne d’une responsabilité : celle de choisir ses mots avec discernement, particulièrement lorsqu’il est question de patriotisme, de défense de la Nation, de souveraineté ou des sacrifices consentis par les citoyens.
L’excuse de Christelle Paré intervient ainsi dans un contexte où les mots liés au patriotisme revêtent une forte charge symbolique. Au Burkina Faso, où les questions de sécurité, de cohésion nationale et d’engagement citoyen occupent une place centrale dans le débat public, toute expression susceptible de donner le sentiment de minimiser les efforts ou les sacrifices des Burkinabè peut naturellement provoquer de vives réactions.
Mais au-delà de cette controverse particulière, l’essentiel doit être ailleurs : dans la capacité de notre espace médiatique à tirer des enseignements de ce type d’incident. La télévision publique ne doit pas être un lieu où l’on renonce au débat ou à la contradiction. Elle doit, au contraire, rester un espace d’échanges ouverts, mais dans lequel la liberté de ton ne dispense jamais de la responsabilité.
Les excuses formulées par la journaliste sont donc aussi une invitation à poursuivre la réflexion sur l’éthique professionnelle, la maîtrise du langage et le rôle du journaliste dans une société traversée par de fortes attentes. Elles rappellent que le public n’attend pas des professionnels des médias l’infaillibilité, mais de la sincérité, de la rigueur et la capacité à reconnaître leurs erreurs lorsqu’elles surviennent.
La phrase finale de Christelle Paré « La Patrie ou la mort, nous vaincrons » s’inscrit dans cette volonté de réaffirmer son attachement aux valeurs patriotiques. Au-delà de la formule, le véritable patriotisme médiatique réside peut-être aussi dans la responsabilité avec laquelle chaque journaliste exerce sa liberté de parole.
Dans cette affaire, l’important n’est donc pas seulement de savoir qui a dit quoi. Il est surtout de retenir une leçon : dans le journalisme comme dans tout service public, la parole est une responsabilité. Et lorsqu’elle blesse, savoir s’excuser est déjà une manière de respecter le public.
Par Yamyélé | Zoodomail.com
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