Dossier YE Yaké Camille et autres : lourdes condamnations pour détournement et blanchiment

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Camille

Le Tribunal de grande instance de Ouaga I, siégeant en matière correctionnelle, économique et financière, a rendu son verdict ce vendredi 27 mars 2026 dans l’affaire opposant le ministère public à YE Yaké Camille et ses co-prévenus.

 

Après avoir statué publiquement et contradictoirement, la juridiction a rejeté les exceptions jugées mal fondées, tout en écartant certaines pièces des débats à la suite d’un incident de faux. Plusieurs prévenus ont bénéficié de relaxes, soit au bénéfice du doute, soit pour infractions non constituées, notamment pour des faits de blanchiment de capitaux et d’enrichissement illicite.

 

Toutefois, le tribunal a retenu la culpabilité de YE Yaké Camille pour détournement de deniers publics, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux portant sur des montants particulièrement élevés. ZONGO/HIEN Laure a également été reconnue coupable des mêmes faits, tandis que SANGARE Issiaka a été condamné pour complicité de détournement de deniers publics.

 

Dans le détail, YE Yaké Camille a été reconnu coupable de détournement de deniers publics à hauteur de 154.273.569 FCFA, ainsi que d’enrichissement illicite et de blanchiment de capitaux estimés chacun à 145.573.569 FCFA. ZONGO/HIEN Laure a été déclarée coupable pour des faits portant sur 35.000.000 FCFA.

 

En répression, le tribunal a condamné YE Yaké Camille à 11 ans d’emprisonnement ferme et à une amende de 462.820.707 FCFA. ZONGO/HIEN Laure écope de 5 ans de prison ferme et d’une amende de 10.000.000 FCFA. SANGARE Issiaka a été condamné à 5 ans d’emprisonnement ferme assortis d’une amende de 67.500.000 FCFA. De son côté, PASGO BILA Payirwendé a été condamné à 15 mois de prison avec sursis et à une amende ferme de 5.000.000 FCFA.

 

Le tribunal a en outre décerné un mandat de dépôt contre YE Yaké Camille et SANGARE Issiaka, ainsi qu’un mandat d’arrêt contre ZONGO/HIEN Laure.

 

Sur l’action civile, les constitutions de partie civile du REN-LAC et de l’État burkinabè ont été jugées recevables. Les prévenus ont été condamnés à verser diverses réparations financières à l’État, dont 63.700.000 FCFA à la charge de YE Yaké Camille. Le REN-LAC s’est vu attribuer la somme symbolique de 5 FCFA.

 

Enfin, la juridiction a ordonné la confiscation de plusieurs biens immobiliers appartenant à certains condamnés, l’affectation de cautionnements au paiement des condamnations et l’exécution provisoire des décisions civiles.

 

Le tribunal a rappelé que les condamnés disposent d’un délai de dix jours pour interjeter appel, conformément à la loi.

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