Devant le Tribunal | Homicide involontaire : un appel téléphonique au cœur du drame

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Echangeur

Poursuivi pour défaut de permis de conduire, dégradation involontaire de bien mobilier et homicide involontaire, Moussa a comparu le vendredi 28 août 2026 devant la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Ouaga I. 

 

Les faits remontent au mois d’août 2026. Soum avait quitté son domicile pour se rendre dans une famille à Ouagadougou afin de présenter ses condoléances à la suite d’un décès. Alors qu’il circulait au niveau du mini-échangeur de l’hôpital Yalgado-Ouédraogo, il a percuté un tricycle et a perdu la vie sur place.

 

Le conducteur du tricycle, Moussa, a été interpellé puis placé en détention à la MACO, avant de comparaître devant la chambre correctionnelle.

 

À la barre, Moussa a reconnu les faits qui lui étaient reprochés.

 

« Expliquez-nous ce qui s’est passé ? », lui demande le tribunal.

 

« Je travaille dans une ferme et je partais pour une livraison de poulets. Je me suis garé à l’entame de l’échangeur de l’hôpital, au niveau des piliers. La victime, qui était en communication au téléphone, est venue me percuter à l’arrière », explique-t-il.

 

Le tribunal poursuit : « Aviez-vous un permis de conduire ? »

 

« Non. Je conduisais le tricycle sans permis de conduire », répond le prévenu.

Concernant les dégâts matériels, le tribunal lui demande si la moto de la victime a été endommagée.

« Oui. La moto a été réparée par mon patron », indique Moussa.

 

Un parent de la victime, entendu à la barre, précise qu’il n’était pas présent au moment de l’accident.

« Je n’étais pas sur les lieux. J’ai été informé de l’accident de mon frère. C’est au niveau de la police qu’on m’a exposé les faits », témoigne-t-il.

 

Le propriétaire de la moto est également appelé à donner sa version des faits. Il explique que la victime lui avait emprunté son engin pour se rendre à une cérémonie de condoléances.

« La victime a emprunté ma moto pour aller saluer un décès. C’était un dimanche. C’est sa femme qui m’a appelé pour m’informer que son mari était décédé à la suite d’un accident. Je suis allé sur les lieux avec sa femme, mais nous avons trouvé qu’il était déjà décédé », raconte-t-il.

 

Le procureur lui demande si la moto lui appartenait et dans quel état elle se trouvait après l’accident.

« Oui, la moto m’appartenait. Elle a subi des dégâts », répond-il.

 

Interrogé par le ministère public sur les circonstances de l’accident, Moussa nie avoir été au téléphone au moment des faits.

 

« Est-ce que vous étiez en communication ? », demande le procureur.

« Non, je ne tenais pas de téléphone », répond le prévenu.

 

« Portiez-vous un casque ? »

« Oui. La moto est même assurée. Face à l’accident, mon patron est en contact avec la compagnie d’assurance pour les dédommagements », précise-t-il.

 

La famille de la victime ne se constitue pas partie civile

 

Le tribunal demande ensuite au représentant de la famille du défunt s’il souhaite se constituer partie civile.

« Non », répond-il.

 

Le propriétaire de la moto, quant à lui, réclame le remboursement de 44 000 FCFA au titre des dégâts subis par son engin, montant qu’il entend faire prendre en charge par l’assureur.

 

Le parquet requiert 12 mois avec sursis et 2 millions de FCFA d’amende

 

Dans ses réquisitions, le ministère public estime que les infractions reprochées au prévenu sont constituées.

 

« Il est clair qu’il n’a pas de permis de conduire, alors que tout conducteur d’un tricycle doit obligatoirement être détenteur d’un permis de conduire. La moto a été dégradée, même si cela est involontaire. Il y a également eu mort d’homme. Cela a été involontaire », soutient le procureur.

 

Le ministère public relève également l’usage du téléphone portable par la victime au moment de l’accident, selon les éléments exposés à l’audience.

 

« La victime, pendant sa circulation, a fait usage de son téléphone. Ce qui, malheureusement, a provoqué l’accident mortel », poursuit-il.

 

Le parquet demande ainsi au tribunal de condamner Moussa à 12 mois de prison avec sursis et à une amende ferme de 2 millions de FCFA.

 

Moussa reconnu coupable

 

Avant la délibération, Moussa prononce son dernier mot :

« Je souhaite que l’âme du défunt repose en paix et présente toutes mes condoléances à la famille », déclare-t-il.

 

Dans son délibéré, la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Ouaga I déclare Moussa coupable de défaut de permis de conduire, de dégradation involontaire de bien mobilier et d’homicide involontaire.

 

Elle le condamne à 12 mois de prison avec sursis et à une amende de 2 millions de FCFA, dont 1,5 million de FCFA ferme.

 

Le tribunal donne par ailleurs acte de ce que le représentant de la famille du défunt ne se constitue pas partie civile. Il en est de même pour le propriétaire de la moto.

 

Par Reine Zongo ­­| Zoodomail.com

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