Devant le Tribunal | Tentative de cession de stupéfiants à la MACO : « Elle a été utilisée », affirme l’avocat de Sali

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Sali

Le vendredi 21 août 2026, Sali, âgée de 19 ans et accompagnée de son nourrisson, a comparu devant la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Ouaga I pour des faits de tentative de cession de stupéfiants à la MACO. À la barre, elle a contesté avoir eu connaissance de la présence de stupéfiants dans le repas qu’elle transportait.

 

Selon les faits exposés à l’audience, courant août 2026, Sali aurait été contactée par un ami de son époux, détenu à la MACO. Celui-ci lui aurait demandé de prendre en charge un repas à lui destiné, à l’occasion d’un baptême.

Un homme présenté comme l’ami du détenu est alors venu chercher Sali à Nagrin, avec le repas déjà préparé. Il l’a ensuite conduite à moto jusqu’aux abords de la MACO, avec son nourrisson, avant de lui demander d’entrer remettre le repas. Lui-même aurait poursuivi son chemin.

C’est lors du contrôle à l’entrée de la maison d’arrêt que les agents ont découvert du tramadol dissimulé dans le repas, composé notamment de riz accompagné de sauce « téguè dèguè ». Sali a été interpellée puis présentée au procureur. Elle a ensuite fait l’objet d’un mandat de dépôt.

 

 Sali nie toute connaissance des stupéfiants

 

À la barre, le tribunal lui demande de revenir sur les circonstances.

« Mon mari, qui a fait la MACO, a fait connaissance d’un monsieur. Quand je rendais visite à mon mari à la MACO, je l’ai connu. À la sortie de mon mari, je continuais à lui rendre visite. Jusqu’à ce qu’il me fasse appeler et me remette le contact d’un de ses amis, en me demandant de l’appeler parce qu’il avait un baptême et qu’il voulait que je prenne de la nourriture pour lui à la MACO », explique-t-elle.

 

Elle poursuit : « Le gars est venu me prendre et, arrivé devant la porte, il m’a déposée en disant qu’il allait venir me chercher. C’est au contrôle que les gardes ont découvert les stupéfiants dans la nourriture. »

 

Le tribunal lui demande alors qui avait préparé le repas.

 

« Je ne sais pas. Il est venu me prendre à la maison en détenant le repas », répond Sali.

 

À la question de savoir si elle avait l’habitude de rendre visite au détenu avec de la nourriture, elle répond par la négative. « Non, je ne lui ai jamais envoyé de repas à la MACO », affirme-t-elle.

 

Le tribunal s’interroge également sur le choix porté sur elle pour effectuer cette livraison, alors que le détenu aurait pu solliciter des membres de sa propre famille. « Je ne sais pas », répond simplement la prévenue.

 

Le ministère public relève, pour sa part, que Sali est la femme de l’ami du détenu et qu’elle a été sollicitée pour convoyer le repas alors que celui qui le lui a remis est resté à l’extérieur de la MACO.

 

« Est-ce qu’on peut comprendre que vous n’étiez pas au courant ? », lui demande le procureur.

 

« Mon mari est orpailleur et n’est pas là », répond-elle.

 

Le procureur revient alors sur le comportement de l’homme qui l’a conduite à la MACO : « Il vous a déposée devant la porte, vous a dit de rentrer remettre le repas et, lui, n’est pas rentré et s’en est allé ? »

 

Sali maintient qu’elle ignorait tout de la présence du tramadol dans le repas. « Je ne suis au courant de rien. Sinon, je n’allais pas accepter. C’est quand les contrôleurs ont découvert les stupéfiants que j’ai su qu’on m’avait créé des problèmes », soutient-elle.

 

Le doute profite à la jeune mère, relaxée par le tribunal

 

Dans ses réquisitions, le ministère public estime que l’intention coupable de la prévenue n’est pas suffisamment établie.

« Sali est poursuivie pour tentative de cession de stupéfiants. Elle a été interpellée au contrôle de la MACO parce qu’il y avait, dans le repas destiné à un détenu, du tramadol. Elle n’a pas préparé le repas. Nous doutons de son intention coupable », déclare le parquet, avant de demander au tribunal de relaxer Sali au bénéfice du doute.

 

La défense abonde dans le même sens. L’avocat de Sali souligne que sa cliente évoluait dans un entourage composé de plusieurs personnes ayant déjà été détenues.

 

« Le ministère public a été clairvoyant. L’époux de Sali est un ancien détenu. L’ami qui est à la MACO est un détenu. Celui qui est dehors, qui emmène Sali avec le repas et qui fuit est un ancien détenu. Elle est très mal entourée. Elle a été utilisée. Elle a déjà fait trois semaines à la MACO avec son anfant.», plaide-t-il.

 

Pour l’avocat, rien ne permet d’établir que Sali avait connaissance de la présence du tramadol dans le repas. « Elle ne savait vraiment pas. L’intention manque ici. Nous plaidons le doute », ajoute-t-il.

 

Profitant de l’audience, l’avocat adresse également des conseils à sa cliente : « Vous n’écoutez pas vos parents, vous avez à peine 19 ans, vous avez laissé l’école pour suivre des délinquants. Vous voyez, personne n’est là pour vous soutenir. »

 

Dans son délibéré, la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Ouaga I a finalement relaxé Sali au bénéfice du doute.

 

Dernier mot du juge à Sali : « J’espère que vous avez bien écouté les conseils de votre avocat. »

 

La jeune femme a ainsi retrouvé sa liberté après trois semaines de détention à la MACO avec son nourrisson, le tribunal n’ayant pas retenu contre elle une intention coupable suffisamment établie dans cette affaire de tentative de cession de stupéfiants à la MACO.

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Par Reine Zongo | Zoodomail.com

 

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