Devant le Tribunal | Faux et usage de faux : le pasteur Naba à la barre

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Pasteur

Le lundi 26 janvier 2026, le pasteur Naba a comparu devant la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Ouaga I pour faux et usage de faux en écriture publique, à travers un jugement supplétif d’acte de naissance de sa fille, au préjudice de son ex-épouse, dame Sana. Le prévenu a reconnu les faits.

 

Courant l’année 2021, alors que l’enfant devait effectuer un voyage à l’étranger, elle a découvert que le nom de famille de sa mère biologique avait été modifié pour porter celui de sa mère adoptive. Dame Sana, après plusieurs renseignements auprès de son ex-époux, confirme la situation. Elle lui demande de corriger immédiatement cette fausseté. Après plus de trois ans sans correction, elle porte plainte pour faux et usage de faux.

 

Les explications du pasteur à la barre

À la barre, le tribunal a interrogé le pasteur Naba.

— « Dites-nous ce qui s’est passé. »
« J’ai établi l’acte de naissance parce qu’il y a des partenaires aux États-Unis qui veulent aider l’enfant. J’ai voulu qu’elle porte le nom de mon épouse. C’était pour aider l’enfant. Chaque vacance, elle part chez sa mère. Sa mère biologique reste dame Sana. »

— « Qui est dame Sana pour vous ? »
— « C’est une amie. J’ai eu l’enfant avec elle. »

— « Donc votre épouse est dame Sawadogo ? »
— « Oui. »

— « En quoi consiste l’aide dont vous parlez ? »
— « C’est pour que l’enfant parte aux USA pour ses études. Nous avons un enfant adoptif qui y est déjà. »

— « Avez-vous informé dame Sana ? »
— « Non. »

— « Comment avez-vous procédé pour établir le jugement supplétif ? »
— « J’ai envoyé mon neveu à la mairie. »

— « L’enfant était-elle informée ? »
— « Non. »

— « Saviez-vous que c’était illégal ? »
— « Oui. »

« Est-ce nécessaire de renier la mère de votre enfant pour obtenir des documents ? »
— « Non. »

— « N’est-ce pas une manière d’attribuer l’enfant à votre épouse qui n’a pas d’enfant ? »
— « Non. »

 

La version de la mère biologique

À son tour, dame Sana a livré sa version :

« C’est lorsque j’ai voulu constituer un dossier d’allocation familiale que j’ai commencé à réclamer l’acte de naissance. On ne me le remettait pas. C’est l’autre dame qui m’a informée. Puis, en 2021, ma fille m’a demandé si j’étais vraiment sa mère, car mon nom ne figurait pas sur son acte de naissance. »

Elle affirme s’être rendue chez le pasteur avec son grand frère. Celui-ci aurait promis de corriger la situation, sans jamais le faire pendant deux à trois ans. Elle ajoute que l’enfant a même passé le CEP avec ce jugement supplétif.

 

L’épouse du pasteur entendue

À la barre, dame Sawadogo, épouse du pasteur, a indiqué qu’elle n’était pas à l’origine de la démarche.

« Quand j’ai vu le faux dans le document de l’enfant, j’ai dit à mon mari de corriger », a-t-elle déclaré, précisant qu’elle n’avait pas informé dame Sana car elles ne se fréquentaient pas.

 

Les réquisitions

Le parquet a estimé que le pasteur avait fait de fausses déclarations à la mairie de  l’arrondissement 1 de Ouagadougou pour faire établir le jugement supplétif.

« Heureusement, le tribunal civil a déjà procédé à la correction. Toutefois, le prévenu a exagéré dans sa manière de vouloir assurer le bien-être de l’enfant », a soutenu le procureur.

Il a requis 12 mois de prison avec sursis et une amende ferme de 900 000 FCFA pour faux et usage de faux en écriture publique.

 

La défense et le dernier mot

Dans sa plaidoirie, l’avocat du pasteur a déclaré :

« Dans ce dossier, Pasteur Naba a été constant. Il n’a pas voulu faire du mal. Le besoin s’est manifesté en 2018. Il pouvait faire un acte d’adoption au lieu du faux jugement supplétif. L’enfant est revenue de son voyage. S’il avait eu une mauvaise intention, l’enfant pouvait rester aux USA. Dame Sana a été influencée. Elle était au courant. L’intention de dame Sana de poursuivre mon client était tout autre. Le pasteur est bien connu. Le faux n’existe plus au moment où le procureur poursuivait le pasteur. Donc il n’y a plus d’infraction et il y avait même prescription du dossier. Pour un instituteur à la retraite, il sera difficile de payer l’amende, et comment va-t-il payer la scolarité de l’enfant ? Nous demandons votre clémence. »

Dans son dernier mot, le pasteur Naba a déclaré :

« Je demande la clémence de la justice. Je demande pardon. »

 

Le délibéré est fixé au 9 février 2026.

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Reine Zongo|Zoodomail.com

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