Le jeudi 16 avril 2026, Rouki, mariée et mère de cinq enfants, a comparu devant la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Ouaga I pour des faits de faux monnayage au préjudice de Lassina.
Les faits remontent au mois de mars 2026. Commerçante au marché de « 10 Yaar » à Ouagadougou et résidant à Somgandé, Rouki s’est rendue aux environs de 19 heures chez un vendeur de friperie à Rimkiéta pour acheter des habits. Pour régler ses achats, elle a remis un billet de 10 000 FCFA et un autre de 5 000 FCFA au commerçant. Ce dernier a rapidement constaté qu’il s’agissait de faux billets.
Alertant ses collègues, il a fait asseoir la prévenue à proximité d’un caniveau. C’est alors que Rouki a tenté de se débarrasser de deux autres billets de 10 000 FCFA en les jetant dans le caniveau. Un jeune témoin a observé la scène, renforçant les soupçons du commerçant, qui a immédiatement alerté la police. Rouki a été interpellée puis placée en détention à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO).
À la barre, ce jeudi 16 avril, la prévenue a reconnu les faits.
Interrogée par le tribunal, Rouki a expliqué que l’argent lui aurait été remis par un homme qu’elle présente comme son « copain », commerçant au marché de 10 Yaar, connu sous le nom de « El Hadj ». Elle affirme ne pas connaître son identité complète.
« À l’approche du Ramadan, il m’a donné cet argent. Je suis allée acheter des habits et c’est là que j’ai été interpellée », a-t-elle déclaré.
Sur la question de savoir pourquoi elle a tenté de jeter les billets, elle a d’abord nié, avant de reconnaître les faits sous les questions insistantes du procureur.
Le ministère public s’est montré sceptique quant à ses déclarations :
« Nous voulons vous croire, mais c’est difficile. Vous dites ne pas connaître l’identité de votre copain. Tout porte à croire que vous cherchez à le protéger », a-t-il relevé.
Rouki a également reconnu avoir déjà vu un faux billet auparavant, tout en affirmant qu’elle n’avait pas vérifié l’argent reçu, puisqu’il s’agissait d’un don.
De son côté, la victime, Lassina, a confirmé les faits, précisant que la prévenue avait tenté de dissimuler les autres billets après la découverte des premiers faux.
À la barre, il a toutefois déclaré ne formuler aucune réclamation.
Dans ses réquisitions, le procureur a souligné la détention et la tentative de mise en circulation de faux billets. Il a également insisté sur le comportement de la prévenue, notamment sa tentative de dissimulation et son refus de collaborer pleinement en révélant l’identité de la personne qui lui aurait remis l’argent.
Le parquet a requis une peine de 60 mois de prison dont 12 mois ferme, ainsi qu’une amende de 5 millions de FCFA. Les scellés comprenaient trois faux billets de 10 000 FCFA et un billet de 5 000 FCFA.
À son dernier mot, Rouki a imploré la clémence du tribunal :
« Je demande pardon. Mon mari est à l’étranger. J’ai cinq enfants à ma charge », a-t-elle déclaré.
Après délibération, le Tribunal de grande instance de Ouaga I l’a reconnue coupable des faits de faux monnayage. Elle a été condamnée à 24 mois de prison avec sursis et à une amende de 500 000 FCFA, dont 300 000 FCFA ferme. Le tribunal a en outre ordonné la destruction des faux billets.
Image IA
Par Ibrahim Cissé | Zoodomail.com
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