Devant le Tribunal | Faux en écriture de commerce : « J’ai remplacé le nom du porteur DHL », reconnaît le prévenu

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DHL Bon

Le jeudi 8 janvier 2026, Ouattara a comparu devant la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance Ouaga I pour faux en écriture de commerce et abus de confiance au préjudice de DHL. À la barre, il a reconnu les faits qui lui étaient reprochés.

 

Selon les faits exposés à l’audience, courant janvier 2025, Ouattara, agent contractuel de DHL, a modifié trois chèques émis par un client pour le paiement de la société, d’un montant total de 1 265 000 FCFA. Le prévenu a remplacé le nom du bénéficiaire « DHL » par « Abdalla Ouattara » afin de pouvoir encaisser directement les chèques à Ecobank au lieu de les déposer sur le compte de DHL.

 

« J’ai remplacé DHL par mon nom »

 

Interrogé par le tribunal sur la manière dont il avait procédé, Ouattara a expliqué :
« J’ai simplement remplacé le nom du porteur DHL par Abdalla Ouattara, puis j’ai endossé les chèques avant de les encaisser. »

 

À la question de savoir ce qu’il avait fait de l’argent, il a répondu :
« J’ai remboursé un prêt et utilisé une partie à des fins personnelles le même jour. »

 

Le tribunal lui a ensuite demandé s’il avait remis l’argent à DHL. Le prévenu a déclaré :
« Oui. Le jour où on m’a conduit au parquet, j’avais 1 290 000 FCFA qui ont été placés sous scellé. »

 

Le représentant d’Ecobank, appelé à la barre, a confirmé les faits :
« Oui, c’est exactement ce qui s’est passé. »

 

L’avocat de DHL a demandé au prévenu combien de chèques il avait endossés. Ouattara a répondu qu’il s’agissait uniquement des trois chèques concernés. À la question de savoir s’il avait eu des complices, il a répondu par la négative.

 

Le procureur s’interroge sur les motivations du prévenu

 

Le procureur s’est ensuite intéressé aux motivations du prévenu :
« Qu’est-ce qui vous a poussé à agir ainsi ? »

Ouattara a expliqué :
« J’avais un contrat à durée déterminée à DHL et des activités à financer. »

Le tribunal lui a alors demandé quel était son salaire.
« Plus de 300 000 FCFA », a répondu le prévenu.

Le juge a poursuivi :
« Et votre âge ? »
« La trentaine », a répondu Ouattara.

 

Le tribunal a alors réagi :
« Donc cela ne vous suffisait pas ? »

Le prévenu a répondu :
« Pourtant si. »

Le juge lui a également demandé s’il pratiquait le trading ou les paris sportifs, ce qu’il a nié.

 

Dans sa plaidoirie, l’avocat de DHL a soutenu que les infractions de faux en écriture privée et d’abus de confiance étaient parfaitement constituées. Selon lui, le prévenu a modifié à trois reprises des chèques établis au nom de DHL avant de les déposer à Ecobank pour son propre compte.

 

La partie civile a réclamé 500 000 FCFA à titre de dommages et intérêts ainsi que 500 000 FCFA pour les frais exposés.

 

Dans ses réquisitions, le procureur a estimé que les faits étaient suffisamment établis. Il a demandé au tribunal de condamner Ouattara à 12 mois de prison avec sursis, à une amende ferme de 500 000 FCFA, ainsi qu’à la restitution du montant placé sous scellé à la victime.

 

Avant la mise en délibéré, le prévenu a déclaré :
« Je précise que j’ai retiré les trois chèques le même jour. On ne peut pas avoir un prêt à DHL ni même un découvert. J’ai fait cinq ans avec 152 jours de congés. Ce n’est pas une justification de ma faute, mais je tenais à le souligner. »

 

Dans son verdict, le tribunal a reconnu Ouattara coupable des faits qui lui étaient reprochés. Il l’a condamné à six mois de prison avec sursis et à une amende de 500 000 FCFA assortie du sursis.

Le tribunal a également déclaré la réclamation de DHL partiellement fondée et condamné Ouattara à payer 300 000 FCFA à titre de dommages et intérêts ainsi que 300 000 FCFA pour les frais exposés. Il a en outre ordonné la restitution du montant placé sous scellé à DHL.

 

Avant de lever l’audience, le juge a adressé ces mots au prévenu :
« C’est une chance pour vous. Faites attention à ne plus revenir ici. »

 

Photo IA  .

Par Reine Zongo|Zoodomail.com

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