Devant le Tribunal | Faux et usage de faux : plus de 6 millions FCFA retirés frauduleusement au nom des enfants d’un militaire décédé

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Le mardi 16 décembre 2025, le ministère public a poursuivi Coulibaly, devant la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance Ouaga I pour des faits de faux et usage de faux en écriture publique au préjudice de Dame Sawadogo et de ses deux enfants. Le prévenu était toutefois absent à l’audience.

 

Selon les faits exposés au tribunal, le grand frère de Coulibaly est tombé sur le théâtre des opérations dans le cadre de la lutte contre le terrorisme au cours de l’année 2024. Après le décès du militaire, Coulibaly aurait confectionné une autorité parentale, un procès-verbal de conseil de famille ainsi qu’un certificat d’hérédité afin d’obtenir une ordonnance lui permettant de retirer les indemnités destinées aux orphelins.

 

De faux documents pour retirer l’argent destiné aux orphelins

 

C’est après avoir appris l’existence de cette indemnisation que Dame Sawadogo s’est rendue au service social de l’unité du défunt pour obtenir des informations. Sur place, elle apprend que Coulibaly était déjà passé retirer la somme de 6 418 753 FCFA grâce à des documents produits dans le dossier. D’où son recours devant la justice.

 

Dans son procès-verbal d’audition lu à la barre, Coulibaly expliquait avoir tenté, sans succès, de joindre Dame Sawadogo afin de constituer le dossier d’indemnisation. Il soutenait que cette dernière avait quitté la cour familiale avec les enfants et qu’elle serait partie en Côte d’Ivoire. Il affirmait également avoir laissé un numéro de téléphone censé être celui de Dame Sawadogo, mais ce contact était injoignable.

 

« L’argent appartenait aux enfants » : Dame Sawadogo dénonce une mise à l’écart par la famille du défunt

 

Invitée à s’expliquer par le tribunal, Dame Sawadogo a rejeté ces affirmations.

« J’ai effectivement quitté la cour familiale un mois après le décès, mais je suis restée à Ouagadougou. Je n’ai jamais quitté le pays et le numéro qu’il a donné n’est pas le mien. Quand j’ai appris qu’il y avait une indemnisation, je suis allée au service social et c’est là qu’on m’a dit que Coulibaly était déjà venu retirer l’argent », a-t-elle déclaré.

 

Elle affirme également que Coulibaly lui avait demandé sa CNIB, demande à laquelle elle avait refusé d’accéder.

« Je ne savais pas ce qu’il voulait en faire. Je n’ai jamais participé à une réunion concernant l’indemnisation », a-t-elle ajouté.

 

À la question du tribunal de savoir s’il existait des tensions entre elle et la famille du défunt, Dame Sawadogo a répondu :

« Selon moi, la famille pense que je vais tout accaparer alors que cet argent appartient aux enfants. Nous n’étions pas mariés légalement. »

 

Interrogée sur la prise en charge des enfants, elle a indiqué être la seule à s’en occuper, précisant que Coulibaly n’apportait aucune assistance.

Dans sa plaidoirie, l’avocat de Dame Sawadogo a dénoncé une situation qu’il assimile à une forme de violence faite aux femmes.

« Parce qu’elle n’était pas mariée, on a voulu l’écarter. On a menti en disant qu’elle était absente et en Côte d’Ivoire pour fabriquer de faux documents. Coulibaly ne s’est même pas présenté à l’audience parce qu’il sait ce qu’il a fait », a soutenu le conseil.

 

L’avocat a réclamé le remboursement de la somme principale de 6 418 753 FCFA ainsi que 500 000 FCFA au titre des frais exposés.

 

Le parquet dénonce des faits « récurrents » et réclame une peine ferme contre Coulibaly

 

Dans ses réquisitions, le ministère public a estimé que les faits étaient suffisamment établis.

« L’indemnisation est destinée aux enfants du défunt. Malheureusement, ce type de faits devient récurrent. Avec les efforts consentis par l’État, certaines personnes utilisent de faux documents pour retirer des indemnités. Coulibaly n’avait aucune qualité pour percevoir cet argent », a déclaré le procureur.

Le parquet a requis une peine de 18 mois d’emprisonnement ferme, une amende ferme de 500 000 FCFA ainsi qu’un mandat d’arrêt contre le prévenu.

 

Dans son verdict rendu le mardi 23 décembre 2025, la chambre correctionnelle du   tribunal de grande instance de Ouaga I a reconnu Coulibaly coupable de délivrance indue d’acte public et d’usage de faux en écriture publique. Il l’a condamné à six mois d’emprisonnement ferme et à une amende ferme de 1 000 000 FCFA. Le tribunal a également décerné un mandat d’arrêt à son encontre.

Recevant la constitution de partie civile de Dame Sawadogo comme fondée, le tribunal a condamné Coulibaly à lui verser la somme de 6 418 853 FCFA à titre de dommages et intérêts, ainsi que 500 000 FCFA pour les frais exposés.

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Par Reine Zongo | Zoodomail.com

 

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