La rencontre entre le ministre de l’Enseignement de Base, Jacques Sosthène Dingara, et les syndicats de son département dépasse le simple cadre d’un échange administratif. Elle traduit une volonté politique affirmée : faire de l’école burkinabè le socle de la Révolution Progressiste Populaire et le moteur de la transformation sociale.
Dans un contexte national marqué par des défis sécuritaires, économiques et identitaires, l’éducation apparaît plus que jamais comme un enjeu stratégique. Former le « Burkinabè de demain » ne peut se limiter à transmettre des savoirs scolaires classiques. Il s’agit désormais de façonner des citoyens enracinés dans leurs valeurs, conscients de leur histoire, patriotes, responsables et capables de contribuer au développement endogène.
Les ruptures annoncées par le ministre sont ambitieuses : réforme curriculaire centrée sur les savoirs endogènes, renforcement du civisme et du patriotisme, déconcentration des examens, promotion de la cantine endogène, implication accrue des communautés, financement local des réformes. Autant de choix qui traduisent une volonté de rompre avec un modèle éducatif hérité, souvent déconnecté des réalités sociales, culturelles et économiques du pays.
Mais toute réforme, aussi pertinente soit-elle, ne peut réussir sans l’adhésion réelle des acteurs de terrain. Les enseignants, les parents, les collectivités et les syndicats sont les véritables piliers de cette transformation. Leur implication ne doit pas être symbolique, mais effective, continue et structurée. Le dialogue engagé par le ministère est donc une condition essentielle pour éviter que ces réformes ne restent de simples orientations sur le papier.
L’hommage rendu aux enseignants, notamment ceux exerçant dans les zones à forts défis sécuritaires, rappelle une vérité fondamentale : malgré les difficultés, ce sont eux qui maintiennent vivante la flamme de l’école burkinabè. Leur engagement est une forme de résistance silencieuse, mais déterminante pour l’avenir du pays.
Réformer l’école, ce n’est pas seulement changer des programmes ou des méthodes. C’est refonder une vision de la société. Si la Révolution Progressiste Populaire veut s’inscrire durablement dans les consciences, elle devra d’abord réussir son pari le plus décisif : faire de l’éducation non pas un simple service public, mais un véritable projet de société.
Par Yamyélé|Zoodomail.com
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