Le mardi 16 décembre 2025, Nana a comparu devant la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Ouaga I pour faux et usage de faux en écriture privée, au préjudice de la société Expertis SA. Il a reconnu les faits qui lui sont reprochés.
Au cours de l’année 2025, Zongo souhaitait obtenir un rapport d’expertise afin de solliciter un prêt bancaire. Il a alors contacté Nana, employé à Expertis SA en qualité de négociateur. Ce dernier lui a demandé la somme de 100 000 FCFA pour l’établissement du rapport.
Après plusieurs semaines d’attente, le délai de livraison du document arrive à expiration. Zongo met alors la pression sur Nana. Face à cette situation, Nana a fabriqué un faux rapport qu’il lui a remis. La banque, après vérification, a constaté la falsification et saisi la société Expertis SA, qui n’a pas reconnu les signatures du directeur général et du directeur technique figurant sur le document. Une plainte a été déposée et l’affaire a été portée devant le juge le mardi 16 décembre.
À la barre
À la barre, Nana a expliqué :
« J’étais dans une situation difficile, je devais soigner mon enfant qui souffrait sérieusement. Zongo est venu pour le rapport. J’ai pris l’argent et j’ai fait le faux. »
À la question du tribunal : « Comment avez-vous procédé ? », Nana répond :
« Je suis négociateur dans la société. C’est à partir d’un ancien rapport que j’ai fabriqué le cachet. C’est le seul acte que j’ai fabriqué. J’étais conscient que j’étais dans l’illégalité. J’étais sous pression de la part de Zongo. »
« Et la signature ? »
« J’ai essayé une fois et ça a marché. »
« Pourquoi Zongo vous a-t-il mis la pression ? »
« Il voulait déposer son dossier à la banque. »
« Le faux que vous avez fait concernait quoi ? »
« Le rapport, le cachet et la signature. »
Le procureur, s’adressant à Nana, demande :
« Combien avez-vous reçu de Zongo ? »
« 100 000 FCFA », répond-il.
La partie civile
Dans sa plaidoirie, l’avocat de la société Expertis SA déclare :
« Nana a reconnu les faits. Ils sont graves. Zongo voulait obtenir un prêt de 80 millions de FCFA auprès de la banque avec un faux rapport émanant de la société Expertis SA. N’eût été la vigilance de la banque, le rapport aurait pu passer. La relation entre la banque et Expertis SA est aujourd’hui tendue. Nous demandons la somme de 10 000 000 FCFA au titre des dommages et intérêts, ainsi que 1 500 000 FCFA pour les frais exposés. »
Les réquisitions du ministère public
Dans ses réquisitions, le ministère public rappelle que Nana est poursuivi pour faux et usage de faux en écriture privée.
« Il a fabriqué de faux cachets et imité la signature du directeur général. Le rapport a été transmis à une banque qui a décelé la faille. Les faits sont graves et le préjudice aurait pu être énorme. Nana a eu la chance de comparaître libre. Les éléments constitutifs de l’infraction sont réunis. C’est un délinquant primaire. Qu’il vous plaise de le condamner à 18 mois de prison et à une amende de 500 000 FCFA, le tout assorti du sursis », requiert le procureur.
Pour sa défense, l’avocat de Nana sollicite la clémence du tribunal :
« Nana traversait des difficultés financières. Il attendait son salaire pour traiter le dossier dans le circuit normal, mais a subi la pression de Zongo. Il a deux enfants en bas âge qui comptent sur lui. Il a remboursé l’argent et regrette profondément son acte. Nous demandons le rejet de la demande de la partie civile comme mal fondée. »
Le verdict
Dans son verdict, le tribunal a reconnu Nana coupable des faits qui lui sont reprochés et l’a condamné à 12 mois de prison et à une amende de 500 000 FCFA, le tout assorti du sursis. Il a déclaré la constitution de la partie civile partiellement fondée et a condamné Nana à payer la somme de 1 000 000 FCFA au titre des dommages et intérêts, ainsi que 500 000 FCFA pour les frais exposés.
Dernier mot du juge :
« On vous donne une chance. Ne le faites plus. C’est grave. »
Image illustrative
Par Reine Zongo|Zoodomail.com
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