Devant le Tribunal|Faits d’assassinat à Zagtouli : le procureur requiert l’emprisonnement à vie

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prison à vie

Le lundi 9 février 2026, Sombié a comparu devant la chambre criminelle du Tribunal de grande instance de Ouaga I pour des faits d’assassinat sur la personne de Soulama, à Ouagadougou, quartier Zagtouli.

 

Selon les faits, courant avril 2024, Sombié, voisin du défunt et membre de la même grande famille, soupçonnait ce dernier d’entretenir une relation avec son épouse. Malgré les dénégations de celle-ci, l’accusé affirme avoir entendu des rumeurs dans le quartier évoquant une supposée infidélité.

 

Des soupçons nourris par des rumeurs

 

À la barre, Sombié explique avoir même fait un rêve dans lequel il aurait vu son épouse nue, ce qui aurait renforcé ses soupçons. Il dit alors avoir consulté un marabout afin d’y voir plus clair.

 

Le récit du passage à l’acte

 

Interrogé par le tribunal sur le déroulement des faits, il déclare :
« C’était aux environs de 19h-20h. Je l’ai vu rentrer chez lui et je me suis rendu à son domicile. Il était dans les toilettes. Lorsqu’il est sorti, je lui ai donné un coup de machette. Il est tombé et je lui ai administré deux autres coups. »

 

Après son acte, Sombié affirme être rentré chez lui, avoir remis la somme de 150 000 FCFA à son épouse, alors enceinte, avant de se rendre à la gendarmerie de Boulmiougou pour se constituer prisonnier.

 

À la question du tribunal sur son état mental, il indique avoir déjà subi un contrôle psychologique.

 

L’épouse nie toute relation

 

Entendue à son tour, Dame Sombié confirme avoir entendu des rumeurs à l’extérieur, tout en niant toute relation avec le défunt.
« Il y a souvent des bagarres, des mésententes et des accusations, alors qu’il n’y a rien entre Soulama et moi », a-t-elle déclaré.

 

Une version contestée par l’accusé qui affirme que « tout le quartier est au courant ».

 

L’avocat de la victime à Dame Sombié : « Sortez-vous avec lui ? »
« Jamais. »

 

Le témoignage du voisin

 

Appelé à témoigner, un voisin du défunt explique avoir été informé du drame avant de transporter la victime au CMA, où son décès a été constaté par les médecins.

 

Interrogé sur les relations entre les protagonistes, il affirme n’avoir jamais eu connaissance d’une quelconque liaison entre Soulama et l’épouse de Sombié.

 

Il reconnaît toutefois être déjà intervenu pour séparer le couple Sombié lors d’une bagarre, précisant qu’à cette occasion, le défunt Soulama avait quitté les lieux après son arrivée.

 

L’avocat de la victime au témoin :
« Qu’avez-vous entendu le jour des faits ? Pour quelles raisons ? »
« Je me suis occupé de sauver le blessé. J’ai même croisé le sang en franchissant la porte. »

 

La partie civile réclame 10 millions FCFA

 

Dans sa plaidoirie, l’avocat de la partie civile estime que l’accusé a agi sur la base de simples soupçons non fondés, évoquant notamment une possible influence liée à des consultations mystiques. Il a ainsi réclamé la somme de 10 millions de FCFA à titre de dommages et intérêts, ainsi que 700 000 FCFA pour les frais exposés.

 

Le parquet requiert la prison à vie

 

Pour sa part, le ministère public souligne que l’accusé a reconnu avoir agi sans apporter la moindre preuve d’infidélité. Il relève également que Sombié a continué à asséner des coups de machette après la chute de la victime, démontrant ainsi, selon lui, une intention criminelle. Le parquet estime par ailleurs que l’acte était prémédité, l’accusé ayant remis de l’argent à son épouse pour préparer son accouchement après l’acte.

 

En conséquence, le ministère public a requis une peine d’emprisonnement à vie à son encontre, ainsi que la confiscation de la machette pour destruction.

 

Dernier mot de l’accusé

 

À son dernier mot, Sombié a présenté ses condoléances à la famille du défunt et demandé pardon.

 

Le verdict est attendu le 2 mars 2026.

 

Par Reine Zongo|Zoodomail.com

 

 

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