L’administration publique est le moteur de l’action de l’État. Lorsqu’elle fonctionne efficacement, les politiques publiques produisent des résultats visibles pour les citoyens. Mais lorsqu’elle est traversée par des dysfonctionnements, c’est toute la chaîne de service public qui se grippe. C’est dans cette perspective que s’inscrit l’initiative de diagnostic présentée au Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, par le ministre conseiller spécial chargé de la bonne gouvernance et de la lutte contre la corruption, Ragnang-Newindé Isidore Tiemtoré.
La cartographie des dysfonctionnements de l’administration publique couvrant la période 2015-2024 constitue un exercice inédit au Burkina Faso. Recenser plus de 1 200 dysfonctionnements et en identifier 421 comme critiques montre l’ampleur du travail d’analyse engagé. Mais au-delà des chiffres, c’est la démarche elle-même qui mérite l’attention : reconnaître les failles pour mieux les corriger.
Les insuffisances relevées touchent des domaines essentiels : l’application des textes juridiques, les manquements des agents, les responsabilités hiérarchiques, les contraintes logistiques ou encore les lacunes du contrôle interne. Autant de facteurs qui, lorsqu’ils s’additionnent, fragilisent l’efficacité de l’administration et entament la confiance des citoyens envers les institutions.
L’intérêt de cette cartographie est de transformer le constat en action. En servant de cadre national de référence pour toutes les administrations, elle ouvre la voie à des plans de correction adaptés à chaque institution. Autrement dit, il ne s’agit pas seulement de pointer les défaillances, mais de créer les conditions d’une amélioration durable.
Toutefois, l’histoire administrative de nombreux pays montre que les diagnostics, aussi pertinents soient-ils, ne produisent d’effets que s’ils sont suivis d’une volonté constante de mise en œuvre. La réussite de cette réforme dépendra donc de la capacité des différentes structures de l’État à s’approprier les recommandations et à transformer les habitudes de gestion.
Au fond, la question dépasse la simple efficacité administrative. Elle touche à la gouvernance, à la redevabilité et à la qualité du service rendu aux populations. Une administration plus disciplinée, plus transparente et plus performante n’est pas seulement un objectif technique : c’est une condition essentielle pour renforcer la confiance entre l’État et les citoyens.
En lançant ce travail de diagnostic approfondi, les autorités posent une première pierre dans la construction d’une administration plus rigoureuse. Le véritable défi commence maintenant : faire en sorte que ce document ne reste pas un rapport de plus sur une étagère, mais devienne un véritable levier de transformation de l’action publique au Burkina Faso.
Par Yamyélé|Zoodomail.com
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