Le Café | Le casque ou la vie : le choix est déjà fait

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Sana

« Un beau matin, nous allons exiger que les gens portent leur casque. » La phrase du ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, est claire. Elle marque la fin annoncée d'une longue période de sensibilisation et annonce l'entrée dans une nouvelle phase : celle de l'application stricte de la loi.

 

Cette décision fera certainement grincer des dents. Comme à chaque mesure de sécurité, certains dénonceront une atteinte aux libertés individuelles, d'autres y verront une occasion de multiplier les contrôles et les sanctions. Pourtant, la véritable question est ailleurs : combien de vies peut-on encore perdre avant de considérer le casque comme une nécessité plutôt qu'une contrainte ?

 

Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Chaque mois, le Burkina Faso enregistre entre 1 700 et 1 800 accidents de la circulation. En mai, 148 personnes sont mortes sur les lieux des accidents. En juin, 91 autres ont perdu la vie avant même d'arriver à l'hôpital. Ces statistiques n'incluent pas les blessés graves qui succombent quelques heures ou quelques jours plus tard. Derrière ces nombres se trouvent des visages, des familles brisées et des destins interrompus.

 

La sensibilisation a produit des résultats. Aujourd'hui, près d'un motocycliste sur deux porte un casque à Ouagadougou, et plus de la moitié à Bobo-Dioulasso. C'est encourageant, mais insuffisant. Tant que des milliers de conducteurs continueront à prendre la route tête nue, les drames continueront de se répéter.

 

Le débat ne devrait donc pas opposer les partisans et les adversaires du casque. Il devrait porter sur la manière de sauver davantage de vies. Car un casque n'empêche pas un accident. En revanche, il peut empêcher qu'un accident ne devienne un décès ou un handicap irréversible.

 

L'État est dans son rôle lorsqu'il protège la vie de ses citoyens. Mais cette exigence doit s'accompagner d'une exemplarité irréprochable. La règle devra être la même pour tous : agents des forces de sécurité, responsables administratifs, élus, personnalités publiques et simples citoyens. Une loi qui ne s'applique qu'à certains perd rapidement sa crédibilité.

 

Il faudra également éviter que cette mesure ne soit perçue uniquement comme une opération de répression. Le contrôle doit aller de pair avec une sensibilisation permanente, la disponibilité de casques homologués à des prix abordables et une véritable éducation à la sécurité routière.

 

Au fond, le casque n'est pas le problème. Le véritable défi est notre rapport à la prévention. Trop souvent, nous attendons le drame pour changer nos habitudes. Pourtant, la prévention consiste précisément à agir avant que l'irréparable ne survienne.

 

Lorsque les contrôles deviendront effectifs, certains parleront de rigueur. D'autres de contrainte. Mais si cette mesure permet de sauver ne serait-ce qu'une seule vie, alors elle aura déjà trouvé sa justification.

 

Sur la route, quelques secondes suffisent pour faire basculer une existence. Porter un casque ne garantit pas de rentrer chez soi. Mais ne pas en porter augmente considérablement le risque de ne jamais y revenir.

 

Par Yamyélé | Zoodomail.com

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