Le mardi 14 juillet 2026, Seba a comparu devant la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Ouaga I pour répondre de faits de diffamation au préjudice de son ex-compagne, Dilanne. À la barre, le prévenu a contesté les accusations portées contre lui, même s'il a reconnu être l'auteur de certains écrits dans lesquels il qualifiait son ex-compagne de « pute » et de « prostituée ».
Avant l'examen du fond du dossier, l'avocat de la défense a soulevé une exception de prescription. Selon lui, en matière de diffamation, l'action publique se prescrit par trois mois. Il a donc demandé au tribunal de constater l'extinction de l'action publique pour cause de prescription, faisant valoir que la plainte remonte au mois de mars 2026.
Le ministère public s'est opposé à cette demande, estimant que les actes accomplis par les officiers de police judiciaire (OPJ) avaient interrompu le délai de prescription. Le président du tribunal a décidé de joindre cette exception au fond.
« Elle m'a dit qu'elle entretenait une relation avec Belo »
Selon les faits exposés à l'audience, Dilanne reproche à son ancien compagnon d'avoir répandu, après leur séparation, des propos la présentant comme une « pute » et une femme infidèle.
Invité à s'expliquer, Seba a livré sa version des faits.
« Dilanne était ma femme. J'ai reçu une convocation dans laquelle on m'accuse de l'avoir traitée de pute et de femme de joie. Pourtant, c'est elle qui a traité mon épouse actuelle de pute et de prostituée.
Belo est un ancien camarade de promotion. Lui comme moi sommes aujourd'hui mariés et nos épouses se fréquentent. En 2014, alors que nous vivions encore ensemble, j'ai surpris une conversation téléphonique entre Dilanne et Belo. Je l'ai entendue lui dire : "Bébé, tu me manques". J'ai pris le téléphone pour lui demander des explications. Elle m'a répondu qu'elle entretenait une relation avec Belo. Je lui ai interdit de le fréquenter, mais elle a continué. C'est ainsi que nous nous sommes séparés. La garde des enfants lui a ensuite été confiée », a déclaré le prévenu.
Le président lui a alors demandé :
« Disposez-vous de preuves de cette relation ? »
« Non, je n'ai pas de preuves », a reconnu Seba.
Au cours des débats, le prévenu a toutefois admis être l'auteur de plusieurs écrits produits à l'audience dans lesquels il traitait Dilanne de « pute » et de « prostituée ».
« Belo est seulement venu me rendre visite à l'hôpital »
À son tour, Dilanne a rejeté les accusations de son ex-compagnon.
« À chaque fois que nous échangions, Seba m'insultait. Il me demandait si je sortais avec Belo et je répondais que non. Belo est simplement venu me rendre visite à l'hôpital lorsque j'étais malade. Après cela, Seba s'est mis à raconter partout que j'entretenais une relation avec lui. Il a même provoqué une bagarre avec Belo. La femme de Belo m'a appelée pour se plaindre parce que Seba disait partout que j'étais la maîtresse de son mari », a-t-elle expliqué.
Le président lui a demandé si elle entretenait une relation particulière avec Belo.
« Non. Je n'ai aucune proximité avec lui. Il est uniquement venu me rendre visite à l'hôpital », a répondu la plaignante.
« Des personnes sont venues me rapporter ces propos »
Poursuivant son interrogatoire, le procureur a demandé à Dilanne si elle avait personnellement entendu Seba tenir ces propos en public.
« Non. Ce sont des personnes qui sont venues me dire qu'il me traitait de pute. Seba et Belo se sont aussi insultés dans un groupe WhatsApp à mon sujet », a-t-elle répondu.
« Que disait Seba dans ce groupe ? », a demandé le procureur.
« Il affirmait que Belo entretenait une relation avec moi. La femme de mon bailleur m'a également rapporté qu'il me traitait de pute. Même certains de ses amis me l'ont confirmé », a-t-elle déclaré.
À la question de savoir qui lui avait parlé des échanges dans le groupe WhatsApp, Dilanne a répondu :
« C'est Seba lui-même qui m'a dit qu'il avait malmené Belo dans le groupe. »
« Et que lui avez-vous répondu ? »
« Je lui ai dit que Belo valait mieux que lui. »
De son côté, Seba soutient que c'est Belo qui a diffusé les messages dans le groupe WhatsApp.
Constituée partie civile, Dilanne réclame la somme de 500 000 FCFA en réparation du préjudice moral qu'elle estime avoir subi.
Le parquet demande une requalification
Dans ses réquisitions, le ministère public a considéré que les faits s'étaient déroulés dans un cadre non public. Il a donc demandé au tribunal de requalifier les faits de diffamation en une contravention de quatrième classe, de déclarer Seba coupable et de le condamner à une amende ferme de la somme de 50 000 FCFA.
La défense s'est opposée à cette requalification.
« Nous nous opposons à cette demande, qui viole le principe du contradictoire. Les échanges se sont déroulés dans un cadre privé. Si les propos ont été rendus publics, c'est Belo qui les a diffusés. L'élément matériel de l'infraction n'est pas constitué. Nous demandons la relaxe pure et simple de notre client ainsi que le rejet de la constitution de partie civile », a plaidé l'avocat de Seba.
Le tribunal a mis son jugement en délibéré. Le verdict est attendu le 28 juillet 2026.
Image illustrative IA
Reine Zongo | Zoodomail.com
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