Devant le Tribunal | Des séjours et consommations sans paiement : Oussou poursuivi pour plus de 16 millions FCFA

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Le mercredi 9 septembre 2026, Oussou a comparu devant la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance (TGI) de Ouaga I pour des faits de filouterie d’aliments et d’escroquerie au préjudice de l’Hôtel Excellence. À la barre, le prévenu a reconnu les faits, tout en expliquant ses difficultés de paiement par le décès de son patron.

 

Selon les éléments exposés à l’audience, Oussou fréquentait l’Hôtel Excellence depuis 2019 grâce à une relation avec un employé de l’établissement. Il y séjournait parfois pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois, et bénéficiait de l’hébergement, de la restauration ainsi que de boissons, notamment du vin.

Au début, l’homme d’affaires réglait régulièrement ses factures, pouvant payer des montants compris entre 500 000 et 800 000 FCFA. Mais à partir de 2022, les impayés se sont progressivement accumulés, atteignant successivement 5 millions, puis 10 millions de FCFA, avant de dépasser aujourd’hui les 16 millions de FCFA.

Malgré les relances du service de recouvrement, qui se présentait notamment chaque matin à 8 heures à sa porte pour réclamer le règlement des factures, les démarches sont restées sans succès.

Oussou expliquait que son patron devait prendre en charge ses factures. Il aurait ensuite indiqué qu’un autre patron devait intervenir. Ce dernier aurait finalement informé le promoteur de l’hôtel qu’il n’était plus en relation professionnelle avec Oussou.

Début janvier 2026, le directeur de l’hôtel a appris, par l’ami d’Oussou employé dans l’établissement, que ce dernier avait quitté l’hôtel depuis environ une semaine. Une plainte a alors été déposée. Les recherches entreprises ont finalement conduit à son arrestation.

 

« Je suis apporteur d’affaires »

 

À la barre, le tribunal a demandé à Oussou de s’expliquer.

Le tribunal : « Dites-nous ce qui s’est passé ? »

Oussou : « Je mène des missions pour mon patron. Dans le cadre des affaires, je suis à l’hôtel. Je peux faire trois à cinq mois, mais je paye sans problème. Entre-temps, mon patron est décédé, ce qui a fait que j’ai eu des problèmes pour le paiement. »

 

Le tribunal : « Est-ce votre entreprise qui paye ou bien c’est vous qui payez ? Puisque c’est vous qui êtes poursuivi. »

 

Oussou : « Comme je travaille avec l’entreprise, le patron me paye et moi, je paye l’hôtel. »

Le tribunal : « Donc, vous n’êtes pas un employé de l’entreprise ? »

Oussou : « Je travaille avec eux. »

 

Le tribunal : « Vous faites quoi exactement ? »

Oussou : « Je suis apporteur d’affaires. »

 

Le tribunal : « Donc vous n’êtes pas un employé de l’entreprise ? »

Oussou : « Non. »

 

Le tribunal lui demande ensuite s’il reconnaît avoir mangé au restaurant de l’hôtel, consommé du vin et des boissons de haute qualité, et bénéficié de plusieurs séjours sans régler l’intégralité des factures.

Oussou : « Oui, c’est ce que je disais. Le patron est décédé et il y avait des difficultés. Sinon, je payais sans problème. »

 

Le tribunal lui fait alors observer : « Comme le patron est décédé, on peut tout dire sur lui. »

 

Interrogé à son tour par le ministère public sur son activité, Oussou maintient qu’il est « apporteur d’affaires ».

Le procureur revient sur la question de son prétendu patron décédé et lui demande si le patron dont il parle est connu de l’hôtel.

Oussou garde le silence.

 

Le procureur poursuit :

« Aviez-vous informé le gérant de l’hôtel lorsque vous avez quitté l’établissement ? »

Oussou : « Non. »

 

Le procureur : « Vous êtes parti où ? »

Oussou : « À Bobo-Dioulasso. »

 

L’Hôtel Excellence réclame plus de 16 millions FCFA

 

Le directeur de l’Hôtel Excellence a ensuite été entendu par le tribunal.

Il explique qu’en 2019, Oussou bénéficiait de facilités en raison de son amitié avec un employé de l’hôtel, lequel connaissait également son patron. À cette période, les factures étaient régulièrement payées.

Mais en 2024, alors qu’il se trouvait à Bobo-Dioulasso, le directeur dit avoir été contacté par Oussou au sujet des relances du service de recouvrement.

« Il m’a appelé pour me dire que le service de recouvrement le réveillait chaque matin à 8 heures pour réclamer l’argent. Je lui ai dit qu’ils faisaient leur travail. Il m’a dit que son activité ne marchait pas et m’a demandé de lui accorder un peu de temps », explique-t-il.

 

Selon le directeur, Oussou avait proposé plusieurs échéanciers, mais ceux-ci n’ont pas été respectés.

« J’ai été obligé d’écrire au responsable du bar et du restaurant pour lui demander de ne plus le servir. Il m’a dit que son activité allait reprendre en décembre 2025. Entre-temps, il est venu m’annoncer le décès de son patron. Je lui ai présenté mes condoléances. »

Le directeur poursuit en expliquant qu’au début de l’année 2026, il a appris par l’ami d’Oussou employé à l’hôtel que le prévenu avait quitté l’établissement depuis environ une semaine.

 

Il affirme avoir tenté de le joindre sans succès. Oussou l’aurait ensuite appelé pour lui demander de lui transmettre l’état de ses factures. Le document lui aurait été envoyé, mais aucun paiement n’aurait suivi.

 

Le tribunal demande alors au directeur pourquoi l’hôtel avait laissé les impayés atteindre un tel niveau.

Le directeur : « On l’a relancé en vain. Même son ami qui travaille à l’hôtel nous a dit qu’il avait déjà payé des factures de plus de 20 millions de FCFA dans des hôtels en Côte d’Ivoire. »

 

Pour l’Hôtel Excellence, le montant principal des impayés s’élève à environ 14 millions de FCFA. L’établissement indique également que des affaires appartenant à Oussou se trouvent toujours dans une chambre.

 

Au titre des réclamations, l’hôtel demande ainsi le paiement de 16 393 500 FCFA.

 

Le parquet requiert 12 mois de prison ferme

 

Dans ses réquisitions, le ministère public estime que les faits de filouterie d’aliments et d’escroquerie sont constitués.

« Oussou est poursuivi pour filouterie d’aliments et escroquerie. Il a fait croire à l’Hôtel Excellence qu’il pouvait payer. Il a utilisé des manœuvres en parlant de patrons alors qu’il n’en était rien », soutient le parquet.

 

Pour le ministère public, le prévenu aurait également préparé son départ de l’hôtel.

« Il habitait dans l’hôtel, mangeait, buvait ce qu’il voulait pendant plus d’une année sans payer. Il a dit que son patron est décédé. Et son deuxième patron a dit qu’il ne collaborait plus avec eux depuis 2022. L’infraction d’escroquerie est entièrement caractérisée », estime le procureur.

 

Le ministère public demande au tribunal de condamner Oussou à 12 mois de prison ferme et à une amende ferme d’un million de FCFA.

 

Le tribunal a mis l’affaire en délibéré. Le verdict est attendu le mercredi 16 septembre 2026.

 

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Par Ibrahim Cissé | Zoodomail.com

 

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