Le Café | Macky Sall à l'ONU : peut-on tourner la page sans l'avoir lue ?

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Machy Sall

Le soutien du président Bassirou Diomaye Faye à la candidature de son prédécesseur, Macky Sall, au poste de secrétaire général des Nations Unies dépasse le simple cadre diplomatique. Il soulève une question fondamentale : un pays peut-il promouvoir l'un de ses anciens dirigeants sur la scène internationale alors que des familles attendent encore que justice soit rendue pour les drames qui ont endeuillé la nation ?

 

Le Collectif des victimes du régime de Macky Sall a choisi de répondre par un rappel à la mémoire. Pour lui, les ambitions internationales ne doivent ni effacer les blessures nationales ni interrompre la marche de la justice. Son message est simple : avant de célébrer un homme, il faut répondre aux interrogations d'un peuple.

 

Nul ne conteste qu'un ancien chef d'État puisse mettre son expérience au service de la communauté internationale. Mais aucune distinction, aussi prestigieuse soit-elle, ne saurait constituer un certificat d'innocence ou un bouclier contre les exigences de la justice. Les responsabilités éventuelles ne se déterminent ni dans les médias ni dans les arènes diplomatiques. Elles relèvent exclusivement des juridictions compétentes.

 

Le président Diomaye Faye se trouve face à un exercice d'équilibriste. D'un côté, il entend défendre le prestige du Sénégal. De l'autre, il porte la responsabilité de tenir les promesses de justice et de rupture qui ont largement nourri l'espérance populaire. Le risque est grand que ce soutien soit interprété comme un renoncement à ces engagements si, dans le même temps, les procédures destinées à établir la vérité ne progressent pas.

 

La justice n'est pas un obstacle à la réconciliation ; elle en est la condition. Les nations qui ferment les yeux sur leurs blessures les voient souvent ressurgir, plus profondes encore. Une paix durable ne s'obtient pas par l'oubli, mais par la reconnaissance des souffrances, l'établissement des faits et, lorsque les responsabilités sont établies, la réparation.

 

Le Sénégal s'est toujours voulu une référence démocratique en Afrique. Cette réputation ne se préservera pas seulement par des succès diplomatiques. Elle se consolidera surtout par la capacité des institutions à démontrer que nul n'est au-dessus de la loi et que les victimes, quelles qu'elles soient, ont droit à la vérité.

 

Le débat actuel ne concerne donc pas seulement Macky Sall ou Bassirou Diomaye Faye. Il pose une question universelle : quelle est la valeur d'une reconnaissance internationale si, dans le même temps, une partie de la nation a le sentiment que sa douleur reste sans réponse ?

 

Le véritable rayonnement d'un État ne se mesure pas uniquement au nombre de ses représentants dans les grandes organisations internationales. Il se mesure aussi à la confiance que ses citoyens accordent à leur justice. Car un pays qui fait triompher le droit chez lui parle toujours avec davantage d'autorité au reste du monde.

 

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Par Yamyélé ­| Zoodomail.com

 

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