Le Café | Primes des Etalons Dames : les chiffres, les textes et les questions qui restent

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La polémique sur les primes des Etalons Dames n’est plus seulement une affaire de réseaux sociaux. Elle appelle désormais des réponses précises sur les montants versés, les textes qui les encadrent et les mécanismes de paiement.

 

Dans une interview accordée à Sidwaya, la ministre des Sports apporte sa version des faits. Selon elle, aucune prime des joueuses n’a été retenue ou coupée. Les vérifications effectuées auprès des services chargés des paiements auraient confirmé que les joueuses et l’encadrement technique ont perçu leurs primes pour les deux matchs contre le Togo, avec deux regroupements pris en compte.

 

La ministre rejette également les montants de 350 000 et 100 000 FCFA évoqués dans certaines déclarations, estimant qu’ils ne sont corroborés ni par les pièces disponibles ni par les vérifications effectuées.

 

Mais c’est surtout le nouveau barème qui mérite attention. L’arrêté conjoint n°2026-0052/MSJE/MEF du 15 juillet 2026, présenté comme le nouveau texte de référence, prévoit notamment 1 million de FCFA pour la prime de sélection et de regroupement à la CAN pour chaque joueuse, 500 000 FCFA pour la prime de qualification, ainsi que 500 000 FCFA par victoire en phase de poules.

 

Le texte prévoit aussi des primes de performance : 1,5 million en quart de finale, 2,5 millions en demi-finale et 5 millions en cas de victoire finale à la CAN, selon les précisions données par la ministre.

 

Ces chiffres permettent de dépasser les approximations qui ont nourri la controverse. Mais ils posent aussi une exigence : que chacun puisse comprendre clairement ce qui est dû à une joueuse et à quel titre.

 

Car la question centrale n’est pas uniquement de savoir si une prime a été détournée. Elle est aussi de savoir si les joueuses disposent, au moment où elles rejoignent la sélection, d’une information complète sur leurs droits et les conditions de paiement.

 

La ministre assure que chaque opération donne lieu à des états de paiement et à des pièces justificatives permettant d’identifier les bénéficiaires et les montants versés. Si tel est le cas, cette traçabilité doit justement permettre de clore la polémique sur la base des faits plutôt que des rumeurs.

 

Autre enseignement de cette affaire : le malaise dépasse largement les Etalons Dames. La ministre reconnaît elle-même que les quelque quarante disciplines sportives reconnues par son département font face à des besoins importants et que les ressources disponibles restent insuffisantes.

 

Le débat devrait donc s’élargir. Comment financer durablement le sport ? Comment professionnaliser les athlètes ? Comment garantir des règles de primes lisibles et équitables pour toutes les sélections ? Et surtout, comment donner au sport féminin les moyens correspondant aux ambitions affichées ?

 

La polémique actuelle peut être une occasion manquée de plus. Elle peut aussi devenir le point de départ d'une réforme.

 

Les Etalons Dames ont besoin de primes clairement définies, mais surtout d’un système qui ne laisse aucune place au doute sur ce qui leur est dû.

 

Au-delà des déclarations et des comparaisons avec les autres pays, une exigence demeure : des textes clairs, des paiements traçables et une information transparente des sportives.

 

C’est à ce prix que la confiance pourra être restaurée.

 

 

Par Yamyélé | Zoodomail.com

 

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