Depuis le début de l’année 2026, un phénomène préoccupant impliquant des vendeurs de téléphones portables et de cartes SIM est signalé à Ouagadougou, a appris Zoodomail.com. Des vendeurs pourraient se retrouver associés à des affaires d’escroquerie en ligne après avoir vendu et parfois configuré des puces téléphoniques pour des clients dont ils ne connaissent plus l’identité.
Que se passe-t-il concrètement ?
Faya, employé de commerce et vendeur de téléphones et de cartes SIM, exerce son activité devant la Maison du Peuple à Ouagadougou.
Un jour, un client se serait présenté à son commerce pour acheter une carte SIM. Faya aurait effectué la procédure d’identification nécessaire à l’acquisition de la ligne à partir de la pièce d’identité présentée par le client.
Après avoir récupéré la puce, le client aurait demandé à Faya de l’aider à installer et configurer les applications Max it et WhatsApp, expliquant que son téléphone ne lui permettait pas de réaliser lui-même ces opérations.
Faya aurait alors utilisé son propre téléphone pour effectuer les configurations avant de remettre la puce au client. Celui-ci serait ensuite disparu dans la nature.
Quelques semaines plus tard, la situation aurait pris une tout autre tournure.
Une plainte aurait été déposée auprès de la Brigade centrale de lutte contre la cybercriminalité (BCLCC) contre Faya, dans le cadre d’une affaire présumée d’escroquerie en ligne portant sur la vente de véhicules.
Selon les informations recueillies par Zoodomail.com, le plaignant aurait découvert sur Facebook des publications proposant la vente de véhicules. Après des échanges avec le prétendu vendeur sur WhatsApp, il aurait effectué un important transfert d’argent sur le numéro de téléphone correspondant à la puce vendue par Faya.
Le vendeur de puces aurait ainsi été identifié dans le cadre de l’enquête, alors qu’il affirme ne pas être l’auteur des faits dénoncés.
Deux pages Facebook citées dans l’enquête
Alors que Faya était détenu à la MACO, les enquêteurs auraient identifié deux comptes ou pages Facebook utilisés, selon les éléments de l’enquête, pour proposer des véhicules à la vente.
Il s’agirait des pages « Shine Auto Inc » et « Autos à petit prix ».
Malgré la détention de Faya et la mise à disposition de ses téléphones auprès des enquêteurs, de nouvelles plaintes auraient continué à être enregistrées, avec le numéro de téléphone concerné apparaissant dans les échanges ou transactions.
Faya aurait finalement bénéficié d’une liberté provisoire, tandis que les investigations se poursuivaient.
Quelques jours après sa remise en liberté, un autre citoyen aurait porté plainte auprès de la BCLCC contre lui pour une nouvelle affaire présumée d’escroquerie en ligne liée à l’achat d’un véhicule depuis le Canada, pour un montant de plus de sept millions de FCFA.
Selon les informations recueillies, la victime présumée aurait effectué la transaction à travers les mêmes pages Facebook citées dans la première affaire avant de se retrouver en relation avec le numéro attribué à la puce vendue par Faya.
Le vendeur aurait une nouvelle fois été interpellé et placé à la MACO avant de bénéficier, à nouveau, d’une liberté provisoire.
Comment un simple vendeur peut-il se retrouver impliqué ?
Selon une source proche du dossier, Faya aurait surtout été victime d'une imprudence dans la gestion de la puce téléphonique.
Lors de la vente et de l'activation de la ligne, il aurait dû conserver les éléments permettant de retrouver l'identité du client, conformément aux procédures applicables. Or, il ne disposerait aujourd'hui d'aucun document lui permettant d'identifier ou de retrouver le client à qui la puce avait été remise.
Le fait d'avoir utilisé son propre téléphone pour configurer WhatsApp et Max it aurait également permis que certaines traces techniques liées à l'utilisation de la ligne et de l'appareil soient retrouvées au cours des investigations.
Pour autant, le fait qu'un numéro de téléphone ait été vendu ou configuré par Faya ne suffit pas, à lui seul, à établir qu'il est l'auteur des escroqueries. Les enquêtes doivent permettre de déterminer qui utilisait réellement les comptes, les lignes et les moyens de paiement concernés.
Alerte sociale
Cette situation appelle à la prudence, aussi bien chez les vendeurs de cartes SIM que chez les utilisateurs.
Les vendeurs doivent veiller à respecter scrupuleusement les procédures d'identification et de conservation des éléments exigés lors de la vente et de l'activation des cartes SIM. Ils doivent également éviter de réaliser, pour le compte de clients qu'ils ne connaissent pas, des opérations susceptibles de les associer ultérieurement à l'utilisation d'une ligne.
Du côté des citoyens, la prudence reste également de mise face aux offres de véhicules et autres produits diffusées sur les réseaux sociaux. Une page Facebook inconnue, même présentée de manière professionnelle, ne constitue pas une garantie de fiabilité.
Avant tout paiement, il est important de vérifier l'identité du vendeur, l'existence réelle de l'entreprise, les coordonnées utilisées et, autant que possible, de privilégier des moyens de transaction permettant de conserver des preuves.
Dans le cas de Faya, il demeure présumé innocent des faits d'escroquerie qui lui sont reprochés tant qu'une décision de justice définitive n'a pas établi sa culpabilité.
Les enquêtes se poursuivent afin de déterminer les véritables auteurs des faits présumés d'escroquerie en ligne et les éventuelles responsabilités de chacun.
Image illustrative
Par Ibrahim Cissé | Zoodomail.com
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