Alerte sociale | Expulsion à Pabré : une consultation chez une Adja à Saaba à l’origine de l’accusation

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Accusée d’être à l’origine de la fracture au pied du vieux Rogo, une femme vivant dans un village de Pabré aurait été expulsée de sa communauté en 2025. Une information parvenue à la rédaction de Zoodomail.com. 

 

Courant fin de l’année 2025, Joana, une femme dans un petit village de Pabré, aurait été chassée de sa communauté après avoir été accusée de sorcellerie.

 

Selon les informations parvenues à Zoodomail.com, elle aurait été désignée comme responsable de la fracture au pied d’un vieillard du village, dénommé Rogo, dont la blessure aurait du mal à guérir.

 

Dans son récit, cette accusation aurait conduit à son expulsion du village, dans des conditions qu’elle décrit comme particulièrement éprouvantes.

 

Que s’est-il réellement passé ?

 

Une consultation chez une Adja à Saaba à l’origine de l’accusation

 

Selon les informations recueillies par Zoodomail.com, une femme du village, Sonia, se serait rendue à Saaba pour consulter une Adja qui aurait effectué une séance de prière et de révélation.

 

Joana affirme que cette consultation aurait ensuite servi de fondement à son accusation.

« Il y avait une Adja à Saaba qui priait pour les gens. Quand elle est allée, elle l’a aspergée d’eau et a fait une révélation, comme quoi la fracture du pied du vieux Rogo était imputable à moi, Joana. Je lui ai demandé et elle a confirmé », selon Joana.

 

La femme explique avoir envisagé de faire appel aux fétiches, avant d’y renoncer sur les conseils de son entourage.

 

Quelques jours plus tard, alors qu’elle se trouvait dans le village, elle aurait découvert un attroupement sous un arbre.

 

 

Joana raconte qu’en s’approchant de l’attroupement pour comprendre ce qui se passait, elle aurait appris qu’elle était accusée de sorcellerie.

 

« Quand je me suis approchée pour savoir ce qui se passait, c’est là-bas qu’on m’a dit de ramasser mes bagages et de quitter le village dans les minutes qui suivaient parce que je serais une sorcière. »

 

Selon son récit, elle aurait été contrainte de quitter les lieux avec très peu d’effets personnels.

 

« J’ai pu prendre mon petit sac, la CNIB et un peu d’argent. En quittant, ils ont fouillé mon sac pour voir s’il n’y avait pas d’autres âmes que j’emportais avec moi. Ils m’injuriaient et me menaçaient », poursuit-elle.

 

Joana affirme également qu’une fois arrivée dans un village voisin, certaines personnes lui auraient demandé de désigner d’autres personnes qu’elle considérait comme des sorciers.

 

Elle raconte avoir vécu un profond sentiment d’abandon, notamment lorsque son neveu, présent dans la foule, lui aurait déclaré ne plus la reconnaître.

 

Sonia : « Je ne me rappelle pas de ce que l’Adja a dit »

 

Sonia confirme s’être rendue chez une Adja à Saaba, mais dit ne pas se souvenir de la teneur de la révélation.

 

« Oui, je suis allée voir une Adja à Saaba qui m’a aspergée d’eau, mais je ne me rappelle pas de ce qu’elle a dit. »

 

 « C’est la fille de Joana qui est rentrée chez nous sans me saluer et, quelques instants après, elle-même est venue me dire que c’est moi qui ai dit qu’elle était sorcière. »

 

Sonia affirme ne pas avoir eu connaissance des propos qui auraient conduit à l’accusation de Joana.

 

« J’ai dit que j’étais allée chez l’Adja, mais je ne me rappelle pas de ce qu’elle a dit. C’est quand je suis revenue du travail dans la soirée que j’ai appris qu’elle avait été expulsée du village pour sorcellerie », affirme-t-elle.

 

Face à cette accusation de sorcellerie, cinq personnes qui auraient participé à l’accusation et à l’expulsion de Joana ont été interpellées par la police, selon les informations recueillies par Zoodomail.com.

 

Alerte sociale

 

Au Burkina Faso, l’accusation de sorcellerie est pénalement réprimée. La loi prévoit des sanctions qui varient notamment selon les conséquences subies par la victime.

 

Selon les dispositions du Code pénal burkinabè relatives à l’accusation de pratique de sorcellerie, les faits peuvent être punis de trois à cinq ans d’emprisonnement lorsqu’ils entraînent notamment l’exclusion sociale de la victime, des coups et blessures ou des dégradations de biens.

 

Les sanctions peuvent être plus lourdes lorsque l’accusation entraîne des conséquences particulièrement graves.

 

Zoodomail.com appelle à la vigilance, à la solidarité et au respect de la personne humaine.

 

Toute personne victime de menaces, de violences ou d’expulsion en raison d’une accusation de sorcellerie peut saisir les autorités compétentes pour faire valoir ses droits.

 

Image générée par IA

Par Cissé Ibrahim | Zoodomail.com

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