Devant le Tribunal | Atteinte à l’intimité et Viol : « C’était dans son bureau… », raconte Zéna

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Viol

Le jeudi 16 juillet 2026, Salou a comparu devant la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Ouaga I pour des faits d’atteinte à l’intimité de la vie privée et de viol au préjudice de Zéna, avec laquelle il entretenait une relation amoureuse depuis 2023

 

Les faits remontent au mois de juin 2026. Alors que la relation entre Salou et Zéna s’était progressivement dégradée, les deux anciens amoureux se sont rencontrés en ville. Soupçonnant sa compagne de ne plus être sincère dans leur relation, Salou lui aurait arraché son téléphone portable avant de rentrer chez lui.

 

En possession de l’appareil, il dit avoir reçu plusieurs messages de personnes qui connaissaient Zéna, dont son patron. Il leur aurait alors envoyé des photos et une vidéo de lui et de Zéna afin de leur montrer qu’elle était sa compagne.

 

Salou affirme avoir rendu le téléphone à Zénale lendemain. Celle-ci lui aurait alors demandé de supprimer les photos et vidéos les concernant. Mais l’affaire ne s’est pas arrêtée là. De nouveaux faits ont conduit Zéna à porter plainte, entraînant le placement de Salou sous mandat de dépôt.

 

À la barre, Salou reconnaît avoir filmé Zéna

 

Interrogé par le tribunal sur les circonstances des faits, Salou explique que Zéna était sa copine depuis 2023 et qu’il l’aimait beaucoup. Selon lui, c’est au cours de l’année 2026 que leur relation s’est détériorée. Concernant le téléphone, il reconnaît l’avoir pris avant de se rendre au commissariat pour s’expliquer. Il affirme avoir ensuite envoyé à certaines personnes des photos et une vidéo de lui et de Zéna.

 

Le tribunal lui demande alors ce qui s’est passé après avoir rendu le téléphone.

 

Salou explique que Zéna l’avait appelé pour le voir, mais qu’ils n’avaient pas pu se rencontrer le même jour. Le lendemain, il l’aurait emmenée chez lui. Ils auraient eu un rapport sexuel et, au moment où Zéna se déshabillait, il l’aurait filmée.

 

Le procureur revient sur les conditions dans lesquelles la vidéo a été réalisée.

 

Salou reconnaît finalement avoir filmé Zéna sans son accord, tout en soutenant qu’elle savait qu’il la filmait. Il affirme également ne pas l’avoir menacée et ne pas l’avoir forcée à avoir un rapport sexuel.

 

À la question de savoir s’il y avait eu résistance de la part de Zéna, il répond qu’il n’en avait pas constaté et qu’elle lui avait semblé réceptive. Il reconnaît toutefois l’avoir retenue avec ses bras, expliquant qu’elle ne pouvait donc pas résister.

 

Zéna affirme avoir été menacée avec un couteau

 

Appelée à donner sa version des faits, Zéna raconte une histoire différente.

 

Elle explique qu’après que Salou lui a arraché son téléphone alors qu’elle s’apprêtait à livrer un colis à un client, celui-ci le lui a rendu le lendemain. Elle lui aurait alors demandé de supprimer les vidéos.

 

Selon son récit, Salou l’aurait ensuite conduite dans son bureau, où il l’aurait forcée à se déshabiller et à avoir un rapport sexuel avec lui. Elle affirme avoir été menacée avec un couteau.

 

Interrogée par le tribunal sur le caractère violent de Salou, elle précise qu’il n’était habituellement pas violent et qu’elle ne l’avait jamais vu auparavant avec un couteau.

 

Salou reconnaît toutefois avoir possédé un couteau. Il explique que celui-ci se trouvait initialement dans le coffre de sa moto et qu’il l’avait pris en rentrant à son bureau.

 

L’avocat de Salou tente alors de mettre en doute le récit de la plaignante, notamment sur le fait qu’elle aurait accepté de retourner avec son client alors qu’elle lui avait déjà demandé de supprimer les vidéos.

 

Zéna rejette cette version. Elle maintient qu’elle n’avait pas accepté de son plein gré et affirme que Sibiri l’avait menacée de mort avec le couteau.

 

À l’issue des débats, Zéna se constitue partie civile et réclame la somme de 38 500 FCFA pour des frais medicaux.

 

 

Le parquet requiert sept ans de prison ferme

 

Dans ses réquisitions, le ministère public estime que les faits d’atteinte à l’intimité de la vie privée sont constitués. Le procureur relève notamment que Salou a filmé Zéna nue sans son consentement et a partagé une vidéo intime avec des tiers.

 

Pour le viol, le parquet considère que l’utilisation du couteau et les circonstances décrites par la victime caractérisent les faits reprochés.

 

Le ministère public requiert ainsi sept ans d’emprisonnement ferme et une amende de deux millions de FCFA.

 

La défense demande la clémence

 

Dans sa plaidoirie, l’avocat de Salou présente ses regrets et sa compassion à la victime. Il insiste sur le fait que son client était amoureux de Zéna et qu’il n’aurait pas su maîtriser ses émotions.

 

L’avocat rappelle également que Salou a reconnu une partie des faits et qu’il s’agit, selon lui, d’un délinquant primaire. Il demande au tribunal de ne pas suivre les réquisitions du parquet et de faire preuve de clémence à l’égard de son client.

 

Après en avoir délibéré, la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Ouaga I déclare Salou coupable d’atteinte à l’intimité de la vie privée et de viol.

 

Le tribunal le condamne à 84 mois de prison, dont 12 mois ferme, ainsi qu’à 600 000 FCFA d’amende ferme. Déclare entièrement fondée la constitution de partie civile de Zéna et condamne Salou à lui payer la somme de 38 500 FCFA.

 

Dans son dernier mot, le juge lui adresse un avertissement sur son comportement à sa sortie de prison. Il lui rappelle qu’il dispose d’un délai de six ans pour ne plus commettre les mêmes faits ou des faits similaires.

 

Le magistrat lui indique, avant de conclure : « Sachez vous maîtriser. Bonne suite. »

Photo illustrative IA

Par Ibrahim Cissé | Zoodomail.com

 

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