Devant le Tribunal | Menaces contre sa famille : « Ma mère ne m’aime pas », affirme le fils aîné

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Menances

Le jeudi 23 juillet 2026, Roma, la quarantaine, a comparu devant la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Ouaga I pour des faits de menaces sous conditions au préjudice de sa mère, de sa sœur et de son frère. À la barre, il a contesté les accusations portées contre lui.

 

Roma est le fils aîné de la famille. Avant les événements, il vivait en dehors du domicile familial et travaillait dans une entreprise de la place. Mais après le décès de son père, il perd son emploi et revient dans la famille.

 

Entre-temps, selon les explications données à l’audience, un oncle avait indiqué à la veuve et aux orphelins que la cour familiale lui appartenait. Le défunt avait également laissé une parcelle non bâtie. La mère de Roma entreprend alors de construire une maisonnette sur la parcelle et y déménage avec ses enfants.

 

À son retour, Roma constate que sa famille a quitté l’ancienne cour. Il se renseigne et finit par retrouver les siens avant de s’installer à son tour dans la nouvelle résidence. C’est à partir de là que les relations familiales se seraient fortement dégradées.

 

À la barre, le tribunal demande à Roma : « Dites-nous ce qui s’est passé ? »

« Elle me chasse dans la cour. Il y a des mésententes. Elle m’accuse injustement de vouloir vendre la cour », explique-t-il.

 

Le tribunal insiste : « Si vous n’avez rien fait, pourquoi votre mère vous accuse-t-elle ? »

Roma répond que sa mère peut l’accuser injustement. Il estime que leurs relations sont difficiles, notamment en raison de divergences religieuses.

 

« Oui, ma mère peut m’accuser injustement. Elle ne m’aime pas. Elle est protestante et veut que je rejoigne l’Église protestante. Je refuse, donc nous ne nous entendons pas. », soutient-il.

 

La mère de Roma livre une tout autre version des faits.

« C’est mon fils. Il travaillait ailleurs avant le décès de son père. C’est après le décès de son père qu’il est venu habiter dans la cour », raconte-t-elle.

 

Selon elle, les incidents se sont multipliés depuis son retour. Elle affirme notamment que Roma aurait détruit une maison inachevée construite par son père.

 

Elle raconte également qu’une nuit, son fils aurait ramassé des cailloux pour les lancer en direction de sa sœur. Une autre fois, il aurait eu une altercation avec un voisin au sujet d’un véhicule stationné derrière la cour.

 

La mère évoque aussi un autre épisode particulièrement tendu : alors qu’elle se trouvait à l’intérieur de la maison avec sa fille, Roma serait venu frapper la porte avec une pioche en lui demandant de sortir.

 

Interrogé par le tribunal sur cet épisode, Roma reconnaît : « Oui, c’était pour lui demander d’aller dire au voisin de ne plus garer son véhicule derrière la cour. »

 

Des accusations de menaces de mort contestées

 

Le petit frère de Roma confirme pour sa part les déclarations de leur mère. Il affirme que Roma revendiquait la cour familiale et aurait détruit la maison.

« Nous étions obligés de quitter la cour », affirme-t-il.

 

Il ajoute que lorsqu’un autre frère a entrepris de reconstruire la maison, Roma aurait de nouveau détruit les matériaux utilisés.

« J’ai personnellement payé des contreplaqués. Là encore, il les a détruits. Les menaces de mort sont réelles », soutient-il.

Roma rejette catégoriquement ces accusations : « Je ne les ai pas menacés de mort. »

 

La petite sœur décrit, elle aussi, une situation devenue invivable depuis le retour de son grand frère.

 

Le procureur lui demande : « Vous a-t-il menacée ? »

 

« Oui, il m’a menacée de mort. J’étais une fois dedans, il est venu me faire sortir et a commencé à me bastonner en disant qu’il allait me tuer », raconte-t-elle.

Elle ajoute que Roma aurait pris une brique pour tenter de lui porter un coup à la tête, avant d’évoquer une autre tentative de dégradation de la porte avec une pioche.

 

Le procureur se tourne alors vers Roma : « Vous avez réellement tenté de casser la porte avec une pioche ? »

« Je n’ai pas tenté de casser la porte à l’aide d’une pioche. Je voulais entrer prendre quelque chose », répond le prévenu.

 

Le petit frère est également interrogé sur d’éventuelles menaces à son encontre. Il explique que sa sœur lui aurait demandé de rester à l’église parce que Roma se trouvait à la maison avec une pioche et aurait déclaré qu’il le tuerait s’il le voyait.

 

« C’est un mensonge. On ne se parle pas, lui et moi », rétorque Roma.

 

Concernant la mère, celle-ci précise qu’elle n’a jamais été menacée avec un couteau.

 

À la question des éventuelles réclamations, la mère, le frère et la sœur indiquent ne rien réclamer à Roma au titre de dommages et intérêts.

 

Cinq ans requis, 12 mois ferme au final

 

Dans ses réquisitions, le ministère public estime que les faits de menaces sous conditions sont caractérisés.

« Depuis qu’il a perdu son emploi et est revenu dans la cour familiale, sa mère, sa sœur et son frère n’ont pas la paix. À la barre, il n’a pas voulu s’amender et reconnaître qu’il a tort. L’infraction est entièrement caractérisée », soutient le procureur.

 

Le ministère public requiert alors cinq (5) ans d’emprisonnement ferme et une amende ferme d’un montant de deux millions (2 000 000) de FCFA.

 

Invité à prendre la parole une dernière fois avant le délibéré, Roma a choisi de s’abstenir.

 

Dans son délibéré, la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Ouaga I a déclaré Roma coupable des faits de menaces sous conditions qui lui étaient reprochés.

Le tribunal l’a condamné à vingt-quatre (24) mois d’emprisonnement, dont douze (12) mois ferme, ainsi qu’à une amende de cinq cent mille (500 000) FCFA assortie du sursis.

La juridiction a également donné acte à la mère et à la petite sœur de Roma de ce qu’elles ne se constituaient pas parties civiles.

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Par Reine Zongo | Zoodomail.com

 

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