Devant le Tribunal | Mouvement d’humeur chez Safir Bf : 167 millions FCFA réclamés à Amoussou pour diffamation

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SAFIR BF

Poursuivi pour diffamation au préjudice de la société Safir Bf, Amoussou a comparu le mercredi 9 septembre 2026 devant la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Ouaga I. Il n’a pas reconnu les faits.

 

Courant début juillet 2026, un mouvement d’humeur a éclaté au sein de Safir Bf, une société évoluant dans le secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP).

 

À l’origine de ce mouvement, des revendications des travailleurs portant notamment sur le traitement salarial et les conditions de travail. Les agents réclamaient également de meilleures dispositions de prise en charge médicale, notamment la mise en place d’une ambulance, d’une infirmerie et de moyens d’équipement.

 

Ces revendications faisaient notamment suite au décès d’un de leurs collègues après un accident survenu sur un chantier.

 

Au cours de ce mouvement, Amoussou s’est exprimé devant les médias. Des propos qui, selon la société Safir Bf, portaient atteinte à son image et à sa réputation.

 

L’entreprise a alors porté plainte contre lui. Amoussou a été conduit à la MACO, avant de bénéficier d’une liberté provisoire.

C’est dans ce contexte qu’il a comparu à la barre le 9 septembre 2026.

 

À la barre : « Il y a eu un mouvement d’humeur où nous voulions réclamer nos droits »

 

« Dites-nous ce qui s’est passé ? », interroge le tribunal.

Amoussou explique :

« Il y a eu un mouvement d’humeur où nous voulions réclamer nos droits. »

 

Le tribunal poursuit :

« Qu’aviez-vous dit devant les médias ? »

 

Le prévenu répond :

« Nous avions eu un accident sur le terrain. Nous souhaitions la mise en place d’une ambulance, d’une infirmerie pour permettre une prise en charge, la mise en place de moyens d’équipement et un bon traitement salarial. »

Le tribunal a ensuite entendu des témoins présents lors de l’entretien accordé aux médias.

 

Les témoins : « Le mouvement d’humeur était lié au traitement salarial »

 

Selon les témoins, Amoussou avait évoqué devant les médias le traitement salarial et les conditions de vie des travailleurs.

 

Concernant le décès de leur collègue, ils ont expliqué que l’accident était survenu un dimanche, alors que le défunt n’était pas de service.

 

L’accident aurait eu lieu à 9 heures. Le travailleur est décédé à l’hôpital vers 11 heures.

 

Les témoins ont affirmé que ce sont les travailleurs qui ont accompagné leur collègue à l’hôpital et qu’ils n’avaient pas bénéficié d’une assistance de la société Safir Bf.

 

Ils ont également indiqué que les responsables de l’entreprise ne seraient venus saluer la famille qu’après l’enterrement.

 

Pour eux, le mouvement d’humeur était principalement lié au traitement salarial et aux conditions de travail.

 

La famille du défunt : « Chaque fin du mois, la société apporte son soutien »

 

Le représentant de la famille du défunt a également été entendu.

 

À la question de savoir si les représentants de Safir Bf étaient venus auprès de la famille avant l’enterrement, il répond :

 

« Les représentants de Safir Bf sont venus après l’enterrement pour saluer. Comme je ne les connais pas, je ne sais pas s’ils sont venus avant. »

 

Il ajoute :

« Chaque fin du mois, la société apporte son soutien à la famille du défunt. »

 

L’avocat de Safir Bf réclame 167 millions FCFA

 

Dans sa plaidoirie, l’avocat de la société Safir Bf a rappelé que son client exerce principalement dans le secteur du BTP et dans l’installation d’usines.

 

Il a expliqué que l’entreprise emploie des travailleurs temporaires et permanents et que le paiement des salaires dépend notamment du règlement des prestations par les clients.

 

Revenant sur les faits, il indique que le 4 juillet 2026, les travailleurs n’avaient pas encore perçu leurs salaires.

 

Selon lui, Amoussou, qui faisait partie du mouvement, a tenu des propos devant les médias, lesquels ont ensuite été publiés sur les réseaux sociaux.

 

« Il dit dans ses propos que le personnel n’est pas bien traité. Ici, ça peut aller. Mais continuer à dire dans ses propos que c’est pour cela que le défunt a été victime, Safir a estimé être diffamée », soutient l’avocat.

 

Il ajoute que certains travailleurs ont demandé pardon, contrairement au prévenu qui, selon lui, n’aurait pas pris conscience de la portée de ses propos.

 

L’avocat affirme également qu’Amoussou aurait déclaré vouloir nuire à Safir Bf.

 

Concernant l’arrêt de travail, il indique qu’il s’est étendu du 4 au 8 juillet 2026.

 

Pour le préjudice subi, la société réclame 167 millions de FCFA, ainsi que 2 millions de FCFA au titre des frais exposés.

 

Le parquet requiert deux mois de prison avec sursis

 

Dans ses réquisitions, le procureur estime que les faits de diffamation reprochés à Amoussou sont constitués.

 

« Amoussou répond des faits de diffamation au préjudice de la société Safir Bf. Il lui est reproché des propos tenus après le décès d’un employé. Dans un entretien, il dit que le mauvais traitement a causé l’accident sur le lieu de travail », déclare-t-il.

 

Le parquet estime que le prévenu a tenté, au cours de l’audience, de nuancer ses propos.

 

Concernant l’assistance apportée à la famille du défunt, le procureur soutient que les déclarations du prévenu ne reflètent pas la réalité.

 

« L’infraction est caractérisée. Qu’il vous plaise de le condamner à deux mois de prison avec sursis et à une amende ferme de 250 000 FCFA », requiert le ministère public.

 

La défense : « Le dossier est vide »

 

Pour l’avocat d’Amoussou, les réquisitions du parquet et la plaidoirie de la partie civile sont surprenantes.

 

« Je suis très surpris de la plaidoirie de l’avocat et des réquisitions. Mon client a dit qu’il y a des difficultés et qu’il faut améliorer les conditions », plaide-t-il.

 

S’adressant au président du tribunal, il poursuit :

« Camarade président, en écoutant les témoins, est-ce qu’il a terni l’image de la société ? Non. Les témoins ont également dit que la société a des difficultés. »

 

L’avocat revient ensuite sur la prise en charge du travailleur décédé.

« Ce sont les employés qui ont emmené le blessé à l’hôpital jusqu’à l’enterrement. Il n’y a pas eu de prise en charge. Les représentants sont venus saluer, cela ne veut pas dire prise en charge », soutient-il.

 

Concernant le préjudice financier réclamé par Safir Bf, il estime que le dossier ne permet pas d’établir la responsabilité de son client.

« On accuse mon client parce qu’il a causé un préjudice de 167 millions de FCFA. Le dossier est vide », affirme-t-il.

 

Pour la défense, l’arrêt de travail était spontané et Amoussou n’a empêché personne de travailler.

 

L’avocat soutient également que les licenciements auraient commencé alors que les parties étaient encore en discussion à l’Inspection du travail.

« Il n’y a pas eu d’atteinte à l’image de la société. Il n’y a pas d’élément de culpabilité sur mon client », plaide-t-il.

 

En retour, la défense demande une réparation pour les préjudices subis par Amoussou du fait de son passage à la police et de sa détention à la MACO.

 

Elle réclame 5 millions de FCFA de dommages et intérêts, ainsi que 2 millions de FCFA au titre des frais exposés.

 

Après les débats, le tribunal a renvoyé l’affaire au 23 septembre 2026 pour le verdict.

 

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Par Reine Zongo | Zoodomail.com

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