À l'occasion d'une conférence de presse organisée au Durra Institute à Ouagadougou, les initiateurs du projet « OFF DAY : 24h sans écran, 24h pour moi » ont officiellement donné le coup d'envoi de cette campagne inédite au Burkina Faso. L'objectif est de sensibiliser les jeunes aux conséquences de l'hyperconnexion et de promouvoir une relation plus équilibrée avec les outils numériques.
Présidente du comité d'organisation, Rebecca Sankara a salué la présence des partenaires, des professionnels des médias et des invités avant de rappeler les enjeux de cette initiative. Selon elle, le numérique occupe aujourd'hui une place centrale dans la vie des Burkinabè.
S'appuyant sur les données de l'Observatoire du marché de la téléphonie mobile de l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP), elle a indiqué qu'au 31 mars 2026, le Burkina Faso comptait 29,79 millions de cartes SIM actives, contre un peu plus de 28 millions à la fin de l'année 2025. La télédensité est ainsi passée de 117,46 % à 120,44 % de la population nationale au cours du premier trimestre de 2026.
« Les téléphones intelligents, les réseaux sociaux et les plateformes numériques ont profondément transformé notre manière de communiquer, d'apprendre, de travailler et de nous divertir. Ils constituent des outils extraordinaires d'information, d'innovation et d'ouverture sur le monde », a-t-elle déclaré.
Toutefois, les organisateurs estiment que cette révolution numérique s'accompagne de nouveaux défis, notamment l'hyperconnexion, qui touche particulièrement les jeunes.
Les risques d'une connexion permanente
Rebecca Sankara a rappelé que plusieurs recherches scientifiques réalisées au Burkina Faso documentent déjà les effets des usages excessifs du numérique. Des travaux universitaires portent notamment sur l'éducation aux médias, les usages d'Internet chez les élèves, les réseaux sociaux, le communautarisme numérique, les deepfakes, l'intelligence artificielle ou encore l'impact de Facebook sur l'estime de soi des étudiants.
Selon elle, ces recherches mettent en évidence les conséquences de l'hyperconnexion : baisse de la concentration, troubles du sommeil, fatigue mentale, stress, diminution des interactions sociales en présentiel et risques pour les performances académiques.
Elle a également insisté sur le phénomène du FOMO (Fear Of Missing Out), qui désigne la peur permanente de manquer une information, un événement ou une opportunité lorsqu'on n'est pas connecté. S'appuyant sur des études récentes, notamment celles de Chakrabarti (2024), elle a expliqué que ce phénomène affecte particulièrement la génération Z et peut avoir des répercussions sur le bien-être psychologique, l'estime de soi et le sentiment d'appartenance sociale.
Promouvoir le JOMO
Pour répondre à ces défis, les promoteurs du projet souhaitent promouvoir le JOMO (Joy Of Missing Out), c'est-à-dire le plaisir assumé de se déconnecter et d'accepter de manquer certaines sollicitations numériques afin de mieux profiter de l'instant présent.
Le point culminant de cette campagne est prévu pour le 31 juillet 2026. À cette occasion, des jeunes seront invités à relever un défi citoyen consistant à vivre 12 heures de déconnexion volontaire, au cours desquelles ils participeront à des activités éducatives, culturelles, sportives, ludiques et citoyennes destinées à favoriser les échanges, la créativité, le vivre-ensemble et l'esprit critique.
À travers cette initiative, les organisateurs entendent encourager une véritable culture du numérique responsable, fondée sur la modération, l'esprit critique et la responsabilité.
Les médias appelés à accompagner l'initiative
Les promoteurs de « OFF DAY » comptent sur la mobilisation des médias, des établissements d'enseignement, des familles, des partenaires institutionnels et de l'ensemble des citoyens pour assurer le succès de cette première édition.
« Le véritable défi de notre génération n'est pas de choisir entre le numérique et la vie réelle. Le véritable défi est de parvenir à les concilier intelligemment », a conclu Rebecca Sankara, invitant chacun à s'engager en faveur d'un usage plus conscient, plus équilibré et plus responsable des technologies numériques.
La conférence de presse marque ainsi le lancement officiel d'une campagne qui ambitionne d'ouvrir un large débat sur la place des écrans dans la vie quotidienne des jeunes Burkinabè et de promouvoir des comportements numériques plus sains.
Par Axelle Sama | Zoodomail.com
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