Devant le Tribunal|Coup mortel à Tuudgweogo : « Je rinçais mes verres, je n’ai pas suivi. », témoigne la gérante

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Coup mortel

Le mardi 25 novembre 2025, Janvier a comparu devant la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance Ouaga I pour coup mortel au préjudice de Omar. Le prévenu a nié les faits qui lui sont reprochés.

 

 

Les faits remontent au mois d’octobre 2025, dans le quartier Tuudweogo de Ouagadougou. Une dispute aurait éclaté entre Janvier et Omar devant un kiosque. Selon plusieurs témoins, Janvier aurait porté un coup de pied à l’abdomen de Omar. Quelques jours plus tard, ce dernier est décédé des suites de douleurs abdominales.

Après les faits, l’affaire a d’abord été portée devant les Koglweogo, puis à la police, avant d’être transmise à la justice.

 

À la barre, le tribunal interroge Janvier :
« Dites-nous ce qui s’est passé ? »

Le prévenu s’explique :
« Ce jour-là, j’étais au kiosque. Il y avait une bagarre entre Omar et un jeune. J’ai essayé de les séparer. J’ai dit que, vu la situation nationale, on devait éviter les disputes. Omar a cru que je m’adressais à lui. Il a sorti un couteau. J’ai reculé et failli tomber sur un casier de boissons que j’ai pris pour me défendre. Il n’y a pas eu de contact physique entre nous. Les gens nous ont séparés et je suis parti. »

Janvier affirme avoir été plus tard convoqué par les Koglweogo, qui l’accusaient d’avoir tué Omar. Il dit n’avoir appris le décès que plusieurs jours après.

 

Interrogé sur leurs relations, Janvier reconnaît des tensions verbales :
« Souvent, il me traitait de drogué et on s’insultait. »

Il admet fumer la cigarette mais nie toute consommation de drogue.

À la question du tribunal sur le délai entre la bagarre et le décès, il répond :
« Environ six jours. »

Il ajoute ne pas connaître la cause exacte de la mort et affirme que la victime consommait régulièrement des boissons frelatées.

 

Selon l’épouse de Omar, son mari est rentré chez lui un jeudi et ne serait plus ressorti jusqu’à son décès, survenu le vendredi suivant vers 17 heures.
« Il vomissait du sang. Il m’a dit qu’il avait été battu et qu’il avait des problèmes avec Janvier. Il m’a caché sa maladie. Ce sont les enfants qui sont venus m’appeler pour dire que papa allait mal. Quand je suis revenue, il était déjà décédé », témoigne-t-elle.

 

La propriétaire du kiosque, Céline, reconnaît qu’il y a bien eu une bagarre, mais dit ne pas avoir vu la scène :
« Je rinçais mes verres, je n’ai pas suivi. »

Le témoin Sibiri affirme, quant à lui, avoir vu Janvier donner un coup de pied à Omar :
« Janvier l’a traité de terroriste et lui a donné un coup de pied. Omar s’est courbé. »

Même version du témoin Arzouma :
« Janvier a traité Omar de terroriste et lui a administré un coup de pied. Le lendemain, Omar est venu m’informer et je l’ai conduit au dispensaire puis au commissariat. »

À la question du procureur sur le lien entre le coup et la mort, Arzouma répond :
« Oui, il y a un lien. »

 

Dans ses réquisitions, le procureur estime que Janvier a bien porté un coup de pied à l’abdomen de la victime, sans intention de tuer, mais que ce coup a entraîné le décès.
Il requiert 60 mois de prison, dont 24 mois ferme, et une amende de 300 000 FCFA.

 

Dans son verdict rendu le mardi 13 janvier 2026, le tribunal reconnaît Janvier coupable de coup mortel et le condamne à 17 mois de prison avec sursis et à une amende ferme de 500 000 FCFA.

Image illustrative IA

 

Par Reine Zongo | Zoodomail.com

 

 

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