Devant le Tribunal | Usurpation d’identité lors du pèlerinage à la Mecque : la remplaçante arrêtée à Médine

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Mecque

Le mercredi 4 février 2026, Salamata, Abdoul et Kader ont été poursuivis par le ministère public pour complicité d’usurpation d’identité, faux en écriture privée ou de commerce, usage de faux en écriture privée ou de commerce, usurpation d’identité et complicité d’usurpation d’identité.

 

Courant 2025, à l’occasion du pèlerinage à la Mecque, Kader s’est rendu dans une agence de voyage pour inscrire son épouse Samira. Malheureusement, à l’approche du départ, celle-ci décède. Son ami, qui souhaitait inscrire son épouse Salamata, l’en informe. Ils se rendent ensemble à l’agence pour voir Abdoul. Selon eux, tout se passe bien à l’aéroport de Ouagadougou, mais un problème survient à l’aéroport de Médine. Explications, ce mercredi 4 février, à la barre.

 

 « Je reconnais donc les faits », Abdoul à la barre

 

« Dites-nous ce qui s’est passé ? », questionne le Tribunal à Abdoul.

« Kader est venu dans notre agence inscrire son épouse Samira pour le pèlerinage 2025. Après le décès de son épouse, il est revenu avec son ami pour inscrire Salamata, l’épouse de ce dernier. J’ai proposé la place de la défunte. Au Burkina, tout s’est bien passé. C’est à l’aéroport de Médine que Salamata a été arrêtée parce que l’identité figurant sur le passeport qu’elle détenait n’était pas la sienne. Je reconnais donc les faits. »

 

Salamata admet avoir utilisé l’identité de la défunte

 

« Et vous, dame Salamata, est-ce bien ce qui s’est passé ? », demande le Tribunal.

« On m’a remis les documents en me disant qu’à l’aéroport, si on appelait Samira, je devais répondre, parce que je devais la remplacer. »

« Mais vous saviez que vous ne vous appeliez pas Samira mais Salamata ? », réplique le Tribunal.

« Oui, je savais que je détenais les documents de Samira. »

 

Kader reconnaît avoir sollicité le remplacement

 

Le Tribunal se tourne vers Kader :

« Est-ce bien ce qui s’est passé ? »

« Après le décès de ma femme, j’ai demandé la possibilité de la remplacer par l’épouse de mon ami. Abdoul a dit que c’était possible. Par la suite, ils ont remis le passeport de ma femme à Salamata. »

 

Les réquisitions du ministère public

 

Dans ses réquisitions, le ministère public soutient :

« Abdoul est poursuivi pour faux et usage de faux en écriture privée. Au lieu de rembourser l’argent à la famille, il a utilisé un faux pour faire croire à Salamata et à son époux que si elle répondait au nom de la défunte, cela fonctionnerait. C’est ainsi qu’elle a été arrêtée à Médine. L’infraction est caractérisée.

Salamata, poursuivie pour usurpation d’identité, savait qu’elle ne s’appelait pas Samira et a accepté de prendre les documents.

Kader s’est rendu complice de l’usurpation d’identité de sa défunte épouse.

 

Par conséquent, nous vous demandons de déclarer Salamata et Kader coupables des faits à eux reprochés et de les condamner chacun à une amende ferme de 500 000 F CFA, et de condamner Abdoul à une peine de 12 mois d’emprisonnement avec sursis et à une amende ferme de 500 000 F CFA. »

 

La défense plaide l’infraction non constituée

 

Dans sa plaidoirie, l’avocat de Abdoul déclare :

« Mon client n’a pas commis d’infraction. Kader est venu demander le remplacement de sa défunte épouse par Salamata, ce qui a été fait. Il n’y a donc ni faux documents ni faux passeport. Les faits de faux et usage de faux ne sont pas constitués. Nous sollicitons votre clémence. »

 

Le verdict du Tribunal

 

Dans son verdict rendu le mercredi 18 février 2026, le Tribunal a renvoyé Abdoul des fins de la poursuite pour faux et usage de faux en écriture privée, pour infraction non constituée. Il a également renvoyé Kader des fins de la poursuite pour complicité de faux et usage de faux en écriture privée pour infraction non constituée.

 

En revanche, le Tribunal a déclaré Abdoul coupable de complicité d’usurpation d’identité, Kader coupable de complicité d’usurpation d’identité et Salamata coupable d’usurpation d’identité.

 

En répression, Abdoul a été condamné à une amende ferme de la somme de 500 000 F CFA et Salamata à une amende de la somme de 500 000 F CFA avec sursis.

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Par Zaïre Sanffo | Zoodomail.com

 

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