À l’occasion de la commémoration de l’an I de la Révolution progressiste populaire, le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, s’est exprimé ce jeudi 2 avril 2026 devant la presse nationale et internationale. Une sortie marquée par des déclarations fortes sur la sécurité, la souveraineté nationale, l’idéologie politique et les réformes en cours au Burkina Faso.
Sur le front sécuritaire, le chef de l’État s’est voulu rassurant. Il a affirmé que le nombre de personnes déplacées internes (PDI) est en baisse, passant désormais sous la barre du million. Il a également souligné les progrès des forces combattantes, évoquant la reconquête de plusieurs localités, notamment dans la zone de Djibo, dont Baraboulé.
« Le rythme auquel nous avançons actuellement… on n’est pas trop loin », a-t-il assuré, convaincu que le changement de stratégie militaire commence à porter ses fruits. Il insiste sur une approche désormais endogène : « Personne ne maîtrise notre armée à l’international. Ce sont des Burkinabè qui forment nos hommes. »
Dans cette dynamique, les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), désormais érigés en force structurée, disposent d’une autonomie accrue de fonctionnement et de manœuvre.
Une rupture assumée avec certains modèles politiques
Le Président Traoré a tenu un discours critique à l’égard de la démocratie libérale, estimant qu’elle peut être source de désordre : « La démocratie tue… Regardez la Libye. Nous cherchons notre modèle. » Il appelle ainsi à l’émergence d’une nouvelle idéologie politique adaptée aux réalités nationales.
Cette orientation justifie, selon lui, la dissolution des partis politiques : « Il faut former avant de parler politique. » Un manifeste de la Révolution sera d’ailleurs rendu public pour exposer les fondements idéologiques du régime.
Religion et lutte contre l’extrémisme
Sur la question religieuse, le chef de l’État a évoqué un projet de loi sur les libertés religieuses, fruit de plus d’un an de concertation. Selon lui, ce texte vise à mieux organiser et protéger les pratiques religieuses.
Il a également alerté sur les dangers de l’extrémisme religieux, soulignant le rôle de l’endoctrinement dans le recrutement de jeunes par des groupes terroristes. « Beaucoup combattent au nom de la religion », a-t-il regretté, appelant les leaders religieux à s’impliquer davantage dans la sensibilisation.
Souveraineté économique et projets structurants
Le Président du Faso a insisté sur la nécessité de réduire la dépendance économique du pays. Il a notamment évoqué un vaste programme énergétique visant à installer au moins une centrale par région, afin de soutenir l’industrialisation.
Dans le domaine des infrastructures, il ambitionne la construction d’autoroutes reliant les grandes villes du pays, avec des projets déjà revus à la hausse (passage de 2x2 à 4x2 voies).
Gouvernance et lutte contre les dérives
Le Capitaine Traoré a également abordé la question des tracasseries routières et de la corruption. Il annonce la préparation de textes pour réduire ces pratiques, avec des sanctions exemplaires à l’encontre des agents fautifs : « Il faut avoir le courage de les radier. »
Relations internationales et tensions géopolitiques
Évoquant une tentative de déstabilisation en cours d’investigation, il affirme que plusieurs pays et acteurs insoupçonnés seraient impliqués. Sans citer de noms, il dénonce des comportements qu’il qualifie de « soumission à des maîtres étrangers ».
Concernant l’ancien président Paul-Henri Sandaogo Damiba, il indique que des éléments sont en cours d’analyse dans le cadre des enquêtes.
Malgré ces tensions, le Président a tenu à saluer les relations fraternelles avec certains pays, notamment le Togo, et a reconnu le soutien de citoyens étrangers, y compris français, à travers les réseaux sociaux.
Une posture offensive assumée
Dans un ton résolument ferme, le chef de l’État a averti : « Nous sommes déjà en guerre… Si on nous cherche, on nous trouve. » Une déclaration qui traduit la posture offensive adoptée par le pouvoir dans un contexte de lutte contre le terrorisme.
À travers cette prise de parole, le Capitaine Ibrahim Traoré confirme une orientation politique axée sur la souveraineté, la refondation idéologique et l’intensification de la lutte sécuritaire, dans un contexte national et régional toujours marqué par de nombreux défis.
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