Devant le Tribunal | Diffamation et menaces de mort : « La prison m’a fait réfléchir », confie Tamboura

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Devant le Tribunal

Le jeudi 8 janvier 2026, Tamboura a comparu devant la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Ouaga I pour diffamation, menaces de mort et injures non publiques à l’endroit de Diakité. À la barre, le prévenu a reconnu les faits qui lui sont reprochés.

 

Les faits remontent à l’année 2016. À l’époque, lors d’un voyage vers l’ouest du pays, Diakité marque un arrêt avec son chauffeur devant la poissonnerie de la mère de Tamboura. Cette dernière sollicite l’aide de Diakité pour son fils, alors en quête d’emploi. Le contact est ainsi établi entre les deux hommes. Par la suite, Diakité apporte un soutien multiforme à Tamboura, notamment à travers des stages, des aides financières pour ses études et d’autres besoins essentiels.

 

Cependant, à partir de 2023, lassé d’attendre un emploi stable, Tamboura commence à proférer des menaces de mort, à publier des propos diffamatoires sur son profil Facebook et à adresser des injures via WhatsApp à l’encontre de Diakité. Il lui reproche notamment de l’avoir trahi et de lui avoir promis un poste dans une banque de la place. Face à la persistance de ces agissements, Diakité décide, en novembre 2025, de porter plainte afin de retrouver la tranquillité.

 

Une relation née en 2016 autour d’une demande d’aide

 

À la barre, le tribunal interroge Tamboura sur les faits. Celui-ci explique que sa mère l’a présenté à Diakité 2026 et reconnaît que ce dernier a beaucoup aidé sa famille et lui-même. Il admet avoir publié une photo de Diakité sur Facebook, l’accusant d’être un escroc, et avoir tenu des propos violents, allant jusqu’à évoquer son enrôlement auprès de terroristes pour se venger. Il précise que cette publication date de 2024 et affirme qu’il était sous l’effet de l’alcool au moment des faits. Il ajoute que voir sa mère souffrir le pousse à réagir de manière excessive.

 

Le tribunal s’enquiert alors de son niveau d’études. Tamboura indique être titulaire d’une licence en finance et reconnaît que Diakité lui a remis une somme de trois cent mille francs CFA pour la validation de son diplôme, ainsi que d’autres soutiens financiers. Il affirme avoir pris conscience de ses erreurs lors de son passage à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou. Interrogé sur ce qu’il reproche exactement à Diakité, Tamboura répond que tous ses espoirs reposaient sur lui et qu’il n’arrivait plus à le joindre, ce dernier ayant bloqué ses contacts.

 

Le procureur lui rappelle alors qu’une promesse ne constitue pas une dette et s’interroge sur la possibilité pour Diakité de continuer à l’aider. Tamboura répond par la négative. Le ministère public observe qu’il a bénéficié de nombreuses opportunités et qu’il s’est accroché à une simple promesse d’emploi.

 

Menaces et injures 

 

Prenant la parole, Diakité confirme avoir connu Tamboura par l’intermédiaire de sa mère en 2016. Il explique lui avoir apporté un appui financier pour ses études et l’obtention de stages, tout en essayant de l’aider face à ses difficultés. Toutefois, à partir de 2023, Tamboura aurait commencé à lui envoyer, ainsi qu’à son épouse, des messages de menaces et d’injures pendant environ un an et demi. Il affirme avoir reçu des menaces visant également ses enfants et certains membres de sa famille, ce qui l’a conduit à saisir la gendarmerie. Malgré une interpellation, Tamboura aurait poursuivi ses agissements après sa remise en liberté.

 

Au titre des réclamations civiles, Diakité demande que Tamboura supprime les messages litigieux, cesse de se rendre à son domicile et s’abstienne de toute publication diffamatoire à son encontre.

 

Réquisitions du ministère public : « Tamboura est devant la barre ce jeudi pour répondre des faits de menaces de mort, diffamation et d’injures non publiques à l’endroit de Diakité. Il reconnaît qu’il a menacé de mort Diakité. Il a tenu des injures non publiques sur WhatsApp. Il faut reconnaître ce que Diakité a fait pour vous. Même si vous ne voulez pas le reconnaître, laissez-le en paix. Qu’il soit reconnu coupable des faits qui lui sont reprochés et qu’il soit condamné à 12 mois de prison et à une amende de 500 mille francs CFA, le tout assorti du sursis. »

 

La défense plaide la reconnaissance et la réconciliation

 

Plaidoirie de l’avocat de Tamboura : « Il a reconnu les faits. Il s’engage à ne plus recommencer. Le bienfait ne doit pas être oublié ainsi. Il sait qu’il a fauté. Permettez-lui de reprendre sa vie en main. Un bienfaiteur n’a de mérite que la reconnaissance. C’est un délinquant primaire. Nous plaidons pour sa mère, qui s’est demandé pourquoi son fils agit ainsi. Il a considéré Diakité comme son père, ce qui explique son comportement. M. Diakité ne le rejette pas. Il y a un mystère dans cette affaire. C’est votre enfant. M. Diakité, sa femme est là avec son enfant. Je demande une réconciliation entre les deux. »

 

Dans son verdict, le Tribunal déclare Tamboura coupable des faits qui lui sont reprochés et le condamne à 12 mois de prison et à une amende de 500 mille francs CFA, le tout assorti du sursis, ainsi qu’à une amende de 15 mille francs CFA pour les injures non publiques.

 

Avant de lever l’audience, le juge adresse un dernier avertissement au condamné en l’exhortant à faire preuve de retenue afin de ne plus se retrouver dans 5 ans devant la justice pour des faits similaires.

 

Par Zaïre Sanffo|Zoodomail.com

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