Le dernier bilan publié le 16 février 2026 par le ministère de la sécurité est un électrochoc. En l’espace d’un mois, le Burkina Faso a encore payé un lourd tribut à l’insécurité routière : 1 945 accidents, 1 728 blessés et surtout 123 morts en janvier 2026, contre 91 en décembre 2025. Une hausse d’environ 35 % des décès. Derrière ces chiffres froids, ce sont des vies brisées, des familles endeuillées, des destins arrêtés net.
Ce qui inquiète le plus, ce n’est pas seulement l’augmentation des accidents, mais leur caractère récurrent. Chaque mois, les bilans se ressemblent. Et chaque mois, l’indignation s’émousse. Comme si mourir sur la route était devenu une fatalité, un risque “normal” de la vie quotidienne. Cette banalisation est peut-être notre plus grande défaite collective.
Or, la plupart de ces drames ne relèvent ni du hasard ni de la malchance. Vitesse excessive, dépassements dangereux, non-respect des feux tricolores, surcharge des motos, conduite en état d’ivresse, téléphones au volant… Les causes sont connues, répétées, documentées. Mais trop souvent ignorées. Nous roulons comme si la route nous appartenait, oubliant qu’elle est un espace partagé où la moindre erreur peut coûter une vie.
Il serait injuste de tout faire porter aux seuls usagers. L’État aussi a une part de responsabilité : routes dégradées, signalisation déficiente, éclairage insuffisant, contrôles parfois sporadiques. Mais aucune politique publique ne peut compenser l’irresponsabilité individuelle. On peut multiplier les radars et les patrouilles ; si le conducteur choisit la vitesse, s’il méprise les règles, la tragédie reste au bout du volant.
Face à cette hécatombe silencieuse, il est temps de changer de regard. La sécurité routière ne doit plus être perçue comme une contrainte, mais comme un acte de respect pour la vie la sienne et celle des autres. Mettre un casque, ralentir, s’arrêter au feu, céder le passage, ce n’est pas “perdre du temps”. C’est refuser de transformer la route en cimetière.
Les chiffres de janvier 2026 sont un avertissement. Si nous continuons sur cette trajectoire, la prochaine statistique pourrait porter un nom qui nous est cher. La route n’est pas un jeu. Elle est un espace de responsabilité. Et chaque conducteur, chaque motocycliste, chaque piéton en est comptable.
Par Yamyélé | Zoodomail.com
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