Le mardi 17 février 2026, Kaboré a comparu devant la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Ouaga I pour répondre des faits de délit de fuite et d’homicide involontaire au préjudice de Sow. Il a reconnu partiellement les faits.
Les faits remontent à mai 2025. Dans la nuit, entre 3h et 4h du matin, Kaboré revenait de Ouaga 2000 pour rejoindre son quartier à Bassinko, après une activité professionnelle pour la SODIBO, son employeur. Il conduisait une fourgonnette brandée aux couleurs de la société.
Arrivé au feu tricolore situé près de la cour du Larlé Naba, il marque l’arrêt. Quelques mètres plus loin, il est brusquement réveillé par un violent choc. Il venait de percuter Sow, qu’il dit n’avoir pas vu, car il somnolait au volant.
Pris de panique, il ne s’arrête pas immédiatement. Il se rend jusqu’au commissariat de Tampouy, mais apercevant des policiers en faction, il préfère continuer sa route, craignant d’être pris pour un véhicule suspect.
Quelques heures plus tard, il revient sur les lieux de l’accident avec un ami policier habitant le quartier. Celui-ci l’informe que la victime est décédée sur place. Kaboré décide alors de se rendre officiellement au commissariat.
Il dit s’être ensuite déplacé avec sa famille à Ouagadougou et au village pour présenter ses condoléances à la famille de la victime.
À la barre
Interrogé par le tribunal, Kaboré explique :
« J’ai déposé mes enfants puis je suis retourné au bureau et à Ouaga 2000 pour une activité commerciale. J’ai appelé ma femme vers 3 heures du matin avant de rentrer à Bassinko. Après le feu de stop à côté de la cour du Larlé Naba, j’ai percuté Sow sans m’en rendre compte. Je somnolais. Le choc m’a réveillé. Malheureusement, je n’ai pas pu m’arrêter. »
À la question de savoir ce qu’il reconnaît comme faute, il répond :
« J’ai somnolé. La fatigue et la charge de travail ont joué. Je reconnais l’homicide involontaire. »
Le tribunal lui reproche de n’avoir pas porté assistance à la victime.
« Même si vous n’étiez pas responsable, vous aviez le devoir de secourir la victime », lui rappelle le président du tribunal.
L’avocat de Kaboré l’interroge :
« Est-ce que cela n’est pas dû au stress, au surmenage ou à un défaut de maîtrise ? »
Kaboré répond :
« Oui, effectivement, cela a contribué au défaut de maîtrise. De mon domicile à mon lieu de travail, en ajoutant les courses en ville, je peux parcourir jusqu’à 50 kilomètres par jour. »
La famille de la victime
Le représentant de la famille de Sow indique n’avoir pas été témoin direct des faits. Informé le matin du décès, il s’est rendu à la morgue avant l’inhumation.
Il précise que la victime n’était ni mariée ni père de famille.
L’assurance a proposé une indemnisation, que la famille a acceptée. La famille de Kaboré s’est également rendue au village pour présenter ses excuses. La famille de la victime a pardonné et ne s’est pas constituée partie civile.
Réquisitions du parquet
Le ministère public relève que Kaboré s’est finalement présenté au commissariat, ce qui ne permet pas de retenir le délit de fuite.
En revanche, il lui reproche la non-assistance à personne en danger, la victime étant décédée faute d'assistance immédiate.
Pour le parquet, les infractions de non-assistance à personne en danger et d’homicide involontaire sont caractérisées.
Il requiert contre Kaboré six mois de prison ferme et une amende ferme de 1 000 000 FCFA.
La défense
L’avocat de la défense plaide la fatigue, le stress et le surmenage du prévenu, rappelant qu’il conduit depuis 14 ans sans accident. Il souligne la démarche de pardon de la famille du prévenu et demande la clémence du tribunal.
Le verdict est attendu le 3 mars 2026.
Image IA
Par Reine Zongo |Zoodomail.com
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