Le mercredi 4 mars 2026, Zoubga, médecin, et Belém, surveillant général dans un établissement scolaire privé, ont comparu devant la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance Ouaga I. Ils sont poursuivis respectivement pour faux et usage de faux en écriture et complicité de faux et usage de faux dans la délivrance de certificats d’inaptitude pour le sport pendant les examens, au préjudice du Dr Séré. À la barre, les deux prévenus ont reconnu les faits.
Selon les éléments du dossier, à l’occasion des examens de fin d’année scolaire 2025-2026, les élèves déclarés inaptes aux épreuves sportives devaient se présenter dans des centres de santé désignés afin d’obtenir l’avis d’un médecin réquisitionné. Dans ce cadre, Belém aurait transmis une liste d’élèves au médecin Zoubga afin d’obtenir des certificats d’inaptitude.
À cette période, Zoubga aidait le Dr Séré en apposant le cachet après la signature de ce dernier sur les fiches des élèves examinés. Profitant de la situation, il aurait signé une quarantaine de fiches, dont certaines vierges, en utilisant l’identité du Dr Séré. Ce dernier a découvert plus tard que son cachet avait été utilisé sur un certificat d’inaptitude sans qu’il n’en soit informé. Or, son cachet officiel comporte son identité ainsi que son numéro de téléphone.
À la barre, Zoubga a expliqué :
« J’étais avec le Dr Séré et un ami m’a appelé parce qu’il avait des élèves qui voulaient des dispenses. Le docteur signait et moi je mettais le cachet. Le deuxième cachet du docteur était avec moi par mégarde. J’ai signé quatre dispenses avec des noms et quatre autres vierges parce qu’il m’a dit qu’il avait d’autres élèves candidats libres. »
Interrogé par le tribunal sur une éventuelle rémunération, il a répondu :
« Je n’ai rien reçu. C’était un service. »
Le tribunal lui a toutefois fait observer que le cachet du Dr Séré est nominatif et comporte son numéro de téléphone. « Êtes-vous habilité à signer ces certificats ? », lui a-t-il été demandé.
« Non, dans la mesure où je suis reparti à l’école pour la cardiologie. Je ne devais pas signer », a-t-il reconnu, avant d’ajouter qu’il regrettait son acte.
Une quarantaine de fiches transmises et de l’argent en jeu
De son côté, Belém a admis avoir transmis une quarantaine de fiches au médecin. « C’était la première fois. J’étais préoccupé par une formation hors de l’établissement et j’ai appelé Zoubga », a-t-il expliqué.
Il a également reconnu avoir reçu 25 000 FCFA dans cette opération.
Le procureur s’est également intéressé à une enveloppe d’argent retrouvée dans les documents. Zoubga a déclaré :
« J’ai vu que Belém avait déposé une enveloppe de 10 000 FCFA. Je lui ai demandé ce que c’était. Il m’a dit que c’était pour mon transport. Je lui ai répondu que 5 000 FCFA suffisaient et j’ai pris 5 000 FCFA pour le trajet. »
Le tribunal s’est ensuite tourné vers le Dr Séré :
« Combien de cachets avez-vous ? »
« Un seul cachet », répond-il.
« Est-il qualifié pour signer les certificats ? »
« Oui, s’il fait partie de l’équipe », précise le médecin.
« A-t-il soutenu sa thèse ? »
« Je pense que oui », ajoute-t-il avant de préciser : « Je n’ai jamais perdu mon cachet. Je suis donc étonné de voir mon cachet utilisé un peu partout. »
Le tribunal lui demande ensuite s’il a des réclamations dans le cas où les prévenus seraient reconnus coupables.
« Je ne réclame rien financièrement. Ce qui me préoccupe, c’est qu’il ait pu signer d’autres documents comme des certificats de décès, des ordonnances d’avortement ou d’autres actes qui pourraient me rattraper plus tard », déclare-t-il.
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Dans ses réquisitions, le procureur a estimé que les faits sont établis. Selon lui, le médecin devait d’abord constater l’inaptitude avant de délivrer le certificat. « Les fiches ont été détournées et des cachets apposés sans vérification. Belém collectait les fiches et les transmettait à Zoubga pour signature », a-t-il soutenu.
Le ministère public a requis 12 mois de prison avec sursis et une amende ferme de 5 millions de FCFA contre chacun des deux prévenus.
Dans sa plaidoirie, l’avocat de Zoubga a plaidé la clémence du tribunal.
« Il a voulu rendre service à un ami et se retrouve aujourd’hui devant la justice. Il a commis une bêtise et en tire une leçon. Il regrette profondément son acte. Je vous demande de considérer son pardon. L’amende de 5 millions est trop lourde », a-t-il déclaré.
Dans leurs derniers mots, les deux prévenus ont présenté leurs excuses.
« Je demande pardon à ma promotion, au Dr Séré, à mes collègues et à la société », a déclaré Zoubga.
« Je demande pardon à tous », a ajouté Belém.
Le tribunal a mis l’affaire en délibéré. Le verdict est attendu le 18 mars 2026.
Par Reine Zongo|Zoodomail.com
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