Le jeudi 16 avril 2026, Simba, commissaire de police, a comparu devant la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Ouaga I pour excès de vitesse et homicide involontaire au préjudice de Dame Noha.
Les faits remontent au mois de mars 2026, aux environs de 2 heures du matin. Alors qu’il revenait d’une rencontre entre amis pour regagner son domicile à Tampouy, le prévenu a percuté mortellement Dame Noha, qui était arrêtée à un feu rouge.
À la barre, Simba a présenté ses condoléances à la famille de la victime. « Je présente mes condoléances à la famille et à son époux. Aux environs de 2 heures du matin, j’ai aperçu le feu vert et j’ai accéléré. À la hauteur de la dame, je ne sais pas ce qui s’est passé. J’ai été surpris. Je suis descendu pour lui porter assistance. Des sapeurs-pompiers sont arrivés, j’ai tenté de la réanimer », a-t-il expliqué.
Une vitesse contestée et des zones d’ombre à la barre
Interrogé par le tribunal sur sa vitesse, il a déclaré rouler entre 60 et 70 km/h. Une version qui a suscité des doutes. « Vous qui êtes chargé de faire respecter la sécurité routière, comment expliquez-vous cette situation ? », lui a lancé le tribunal. Le prévenu a répondu : « Je ne sais pas vraiment ce qui s’est passé ».
Le tribunal a relevé que la victime avait été projetée à environ 34 mètres du point d’impact, alors qu’elle était à l’arrêt au feu rouge, laissant penser à une vitesse plus élevée. Face à ces observations, le prévenu est resté silencieux.
L’avocat de la partie civile a insisté : « Dites-nous ce qui s’est réellement passé. La famille veut comprendre. Le feu était rouge, elle était arrêtée. Des témoins affirment que vous étiez sous l’effet de l’alcool ». Ce que le prévenu a nié. Toutefois, cette mention ne figure pas dans le procès-verbal, comme l’a souligné le procureur.
Pour sa part, l’avocat de la défense a soutenu que la victime se trouvait au milieu de la voie, même si elle était arrêtée. Une argumentation immédiatement contestée par la partie civile : « Même si elle était couchée sur la chaussée, au feu rouge, le prévenu devait s’arrêter ».
À la barre, l’époux de la victime a livré un témoignage chargé d’émotion. « Je suis arrivé sur les lieux et j’ai reconnu la moto de ma femme. On m’a d’abord dit qu’il s’agissait d’un accident. Ce n’est qu’une semaine plus tard, par mon avocat, que j’ai appris que l’auteur était un policier. On m’a aussi dit qu’il roulait en vitesse et sous l’effet de l’alcool », a-t-il déclaré, ajoutant que la famille du prévenu ne lui avait pas présenté de condoléances, ce que ce dernier a contesté.
Dans sa plaidoirie, l’avocat de la victime a souligné les incohérences : « Le prévenu affirme que le feu était vert, alors que tout indique qu’il était rouge. La voie était dégagée. La violence du choc a été telle que la jante arrière de la moto s’est enfoncée jusqu’au moteur. Le casque de la victime s’est détaché et elle est décédée sur place ».
Dans ses réquisitions, le procureur a estimé que l’excès de vitesse était établi et qu’il avait directement conduit à l’accident mortel. Il a requis une peine de 24 mois de prison dont 6 mois ferme, assortie d’une amende ferme de 2 000 000 FCFA.
Un verdict clément et regret
La défense, quant à elle, a plaidé la clémence, soutenant qu’il n’y avait ni excès de vitesse ni état d’ivresse, et mettant en avant le fait que le prévenu s’était arrêté pour porter assistance à la victime.
Dans son dernier mot, Simba a exprimé ses regrets : « C’est vraiment un regret pour moi. Je présente mes sincères condoléances à son mari. C’est involontaire. C’est une souffrance à vie. Je demande votre clémence ».
Dans son verdict, la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Ouaga I a déclaré le prévenu coupable des faits d’homicide involontaire et d’excès de vitesse. Il a été condamné à 12 mois de prison avec sursis et à une amende ferme de 500 000 FCFA.
Par Pamela Sounka | Zoodomail.com
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