Dans un environnement où le consensus mou est souvent la règle, Amir Abdou a choisi une autre voie : celle de la clarté, du courage… et du dérangement.
Ses mots ne sont pas anodins. Ils sont tranchants, assumés, et surtout révélateurs d’un malaise profond dans la gestion du football au Burkina Faso. Quand il affirme que « personne n’est sûr d’être là » ou qu’il ne veut pas de « cadres photos », il envoie un signal fort : le mérite primera sur les statuts, la performance sur les réputations.
Depuis des années, la sélection nationale traîne le poids de certaines habitudes : pressions informelles, choix discutables, influence des réseaux… Le sélectionneur met les pieds dans le plat. Et cela dérange. Mais fallait-il continuer à fermer les yeux ?
Son discours aux journalistes, présidents de clubs et agents est encore plus frontal. En rappelant que « 22 millions de Burkinabè sont sélectionneurs avant chaque match », il pointe une réalité bien connue : tout le monde a son équipe idéale, mais peu assument la responsabilité des résultats. Lui, oui.
Plus encore, Amir Abdou rejette clairement toute forme d’ingérence. Ni relations, ni pressions, ni calculs. Une ligne dure, presque brutale dans sa formulation, mais qui tranche avec certaines pratiques dénoncées en coulisses depuis longtemps. Le message est limpide : la sélection nationale n’est pas un terrain de compromis, encore moins un espace de favoritisme.
Son ambition est également à la hauteur de son discours : installer une ossature solide et hisser le Burkina Faso dans le top 10 africain. Un objectif ambitieux, mais pas irréaliste si — et seulement si — l’environnement suit cette exigence de rigueur.
Reste une question essentielle : le système est-il prêt à accepter cette révolution culturelle ? Car au-delà des mots du sélectionneur, c’est toute une manière de fonctionner qui est interpellée. Transparence, méritocratie, responsabilité… des valeurs souvent prônées, mais rarement appliquées avec autant de fermeté.
En vérité, Amir Abdou ne fait pas que parler aux joueurs. Il parle à tout un écosystème. Et peut-être, pour une fois, il serait utile d’écouter sans chercher à influencer.
Le Burkina Faso a souvent rêvé grand avec ses Étalons. Peut-être que ce rêve commence par une chose simple, mais difficile : accepter la vérité, même quand elle dérange.
Par Yamyélé|Zoodomail.com
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