Le mardi 7 avril 2026, le couple Yaguibou a comparu devant la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Ouaga I pour des faits de maltraitance d’enfant. À la barre, les deux prévenus ont reconnu partiellement les faits.
Les faits remontent à l’année 2025. Alors enceinte et souffrante, Dame Yaguibou sollicite l’aide de la famille afin qu’une jeune fille vienne l’assister dans les tâches domestiques. C’est ainsi qu’en août 2025, une fillette de 11 ans, nièce de son époux, est envoyée depuis le village à Ouagadougou. Selon les déclarations du couple, la cohabitation devient rapidement difficile. L’enfant serait, selon eux, « voleuse » et « menteuse », causant des désagréments au voisinage. Face à cette situation, Dame Yaguibou reconnaît l’avoir battue à plusieurs reprises. Les blessures constatées sur la fillette ont conduit à son évacuation dans un centre de santé, puis à l’interpellation du couple en mars 2026. Ils ont été placés à la MACO.
À la barre, elle explique :
« Quand elle est arrivée, elle a commencé à sortir et à voler les affaires et l’argent des gens. Je l’ai frappée. Une femme m’a même battue au quartier à cause d’elle. »
Interrogée sur les violences, elle précise :
« Je l’ai frappée deux à trois fois avec le câble de mon chargeur de téléphone, au niveau du dos. Elle a été blessée et on l’a emmenée à l’hôpital, mais nous n’avions pas les moyens pour la soigner. »
Son époux, M. Yaguibou, reconnaît également avoir porté des coups à l’enfant.
« Elle volait et mentait. Je l’ai frappée avec un brin d’arbre pour la corriger », déclare-t-il.
À la question du tribunal sur la gravité des faits, il répond :
« Elle insistait dans ses fautes. Nous voulions la ramener au village, mais avec la situation, les communications téléphoniques étaient difficiles. »
Le couple affirme ne jamais avoir attaché l’enfant et soutient qu’elle était nourrie malgré leurs conditions modestes.
Le procureur a fermement condamné les actes :
« Même si l’enfant est difficile, elle ne mérite pas de telles violences. Si vous ne voulez plus d’elle, il faut la renvoyer à ses parents ou solliciter l’action sociale. Un enfant a besoin d’affection, surtout dans un foyer sans enfants. »
Réquisitions du ministère public
« Le couple Yaguibou est poursuivi pour maltraitance d’enfant. Dame Yaguibou, enceinte à l’époque des faits, avait besoin d’aide pour les tâches domestiques. C’est ainsi qu’une fillette a été envoyée pour les assister.
Selon les prévenus, il s’agit d’une enfant difficile, qui s’adonnerait aux vols et aux mensonges. Dame Yaguibou affirme même avoir été battue par une victime de vol attribué à l’enfant.
Toutefois, à chaque faute reprochée, la fillette était copieusement battue. Les voisins ont déclaré entendre régulièrement des coups et des cris. Les blessures constatées ont conduit à l’interpellation du couple.
L’enfant est âgée de moins de 15 ans. Les deux prévenus ont reconnu avoir porté des coups à plusieurs reprises.
Quand on a la responsabilité d’éduquer un enfant, il faut faire preuve de hauteur d’esprit. En l’espèce, les faits sont entièrement constitués.
Par conséquent, le ministère public requiert à l’encontre de Dame Yaguibou une peine de 12 mois d’emprisonnement avec sursis et une amende de 1,5 million FCFA, dont 250 000 FCFA ferme ; et à l’encontre de M. Yaguibou une peine de 12 mois d’emprisonnement dont 2 mois ferme, ainsi qu’une amende de 1,5 million FCFA, dont 250 000 FCFA ferme.
Le verdict du tribunal
La chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Ouaga I a finalement reconnu le couple coupable des faits de maltraitance d’enfant. Elle les a condamnés chacun à une peine de 12 mois d’emprisonnement avec sursis, ainsi qu’au paiement d’une amende de 1,5 million FCFA, entièrement assortie du sursis.
Avant de lever l’audience, le juge a adressé ces mots au couple :
« Nous avons eu pitié de vous. Que Dieu vous donne des enfants. Ne faites plus ça. »
Par Ibrahim Cissé | Zoodomail.com
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