Aimer ses parents sans les fréquenter : quand la distance devient un acte de survie

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Société

Dans les sociétés africaines, et particulièrement au Burkina Faso, la famille est sacrée et les parents occupent une place intouchable. Pourtant, de plus en plus de témoignages brisent un tabou : aimer ses parents tout en choisissant de s’en éloigner pour préserver sa santé mentale. Voici un témoignage anonyme parvenu à Zoodomail.com.

 

 « Je les aime, profondément, mais je ne les fréquente moins. »
Au Burkina Faso, une telle affirmation choque. Elle est souvent perçue comme une rébellion, une ingratitude, voire une trahison. Ici, la famille est un pilier social, et les parents incarnent l’autorité morale suprême. La distance, elle, est mal comprise, rarement acceptée.

 

Pourtant, aimer ne signifie pas toujours être présent physiquement. Beaucoup grandissent dans le respect strict, l’obéissance et le silence. Mais avec le temps, certaines paroles blessantes, des comparaisons constantes ou des attentes irréalistes laissent des cicatrices invisibles. À chaque visite, le malaise s’installe : on repart vidé, coupable, jamais assez bien.

 

Par devoir et par pression sociale, nombreux sont ceux qui endurent. « Ce sont tes parents », répète-t-on, comme une injonction à tout accepter. Mais à force de taire sa douleur, on finit parfois par se perdre soi-même. C’est alors qu’un choix difficile s’impose : mettre de la distance, non par haine, mais par nécessité.

 

Cette décision n’efface ni l’amour ni la reconnaissance. Aimer à distance, c’est continuer de prier pour ses parents, de les soutenir quand cela est possible, d’être présent dans les moments essentiels. C’est refuser, en revanche, les relations qui étouffent, même lorsqu’elles sont familiales.

 

Dans nos sociétes, le respect est souvent confondu avec le sacrifice total de soi. Pourtant, préserver sa santé mentale n’est pas un manque de respect. C’est un acte de survie, parfois la seule manière de rester debout.

 

Le regard d’un spécialiste

 

 Prendre de la distance avec ses parents ne traduit pas un manque d’amour, mais un mécanisme de protection. Lorsque la relation devient une source de souffrance répétée, poser des limites est indispensable pour préserver l’équilibre émotionnel. La culpabilité est fréquente dans les sociétés africaines où la famille est centrale, mais elle ne doit pas annuler le bien-être personnel. Aimer à distance peut être une forme d’amour mature et responsable. Car toute relation saine commence toujours par le respect de soi.

 

Un sujet sensible, mais nécessaire, qui invite à repenser les liens familiaux à l’aune du bien-être mental et de la dignité individuelle.

Ph.Internet

Zoodomail.com

 

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